dimanche 2 juin 2013

Tord chair



Le vent a semé en son cœur
Commune graine d'herbe rare.
Une semence d'intérieur
A la puissance du curare.

A sa douceur elle a levé
Et sa croissance était l'ivresse,
Tendresse verte à préserver
Comme au printemps renaît la liesse.

La pousse tendre se fit tige,
Volonté d'être qui s'affirme,
Nouvelle hauteur des vertiges,
Sans son fauteuil marchait l'infirme.

Et puis la tige devint liane,
Envahissante et chaleureuse,
A leur rayons puisant la manne
De leur envies aventureuses.

D'enfantillages en mensonges
Telle une plante qu'on raboute
L'enture noire est faite aux songes
La sève en pleurs perle de gouttes.

A la liane, greffe est le doute
Et il s'enroule à ses viscères,
Sous la poussée son âme éclate
Livrant des joutes aux chimères.

L'incertain puise au fond des failles
D'anciens sévices écarlates,
Crispation rêche des entrailles,
Racine au cri paranoïaque.

Gommer la vie et son essence,
L'usant motif se ressasse,
Priver de sens cet l'émotif
En éteignant la moindre envie.

L'homme perdure à son napalm,
Cherche la voie qui le rassure,
Un amour sûr et l'endroit calme
Où se referment les blessures.



© Copyright Merle Bleu

4 commentaires:

  1. Bonjour Pierre,

    Un émouvant poème, des mots qui accouchent leur souffrance et leur vérité...
    Un beau partage, merci.
    Bonne fin de journée, bise,

    Liz

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    1. Merci Liz pour cette visite et ce gentil commentaire.

      Bises,

      Pierre

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  2. Oui émouvant ce poème - Mais il donne envie d'en savoir davantage.
    Pas une curiosité malsaine, non juste une appréhension pour la muse qui l'inspire.
    Je lui souhaite tant de bonheur.

    Evelyne

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