samedi 28 septembre 2013

Palais de sable

Luttant pour sa survie, nageant vers le rivage
Tourmenté de ses peurs, brassé de ses envies
Cet homme est asservi à ses tristes naufrages
Noyé de ses sanglots, étouffé de ses gris

Espoirs déchiquetés aux fracas de ses côtes
L'humeur et ses éclats dispersent fragmenté
Son esprit délité évidé de couleur
L'éclatant aux rochers des soirées de granit

Disloquée d'une vie écumée des tempêtes
La tête est dans la brume et les pas en dérive
Les pensées se ballottent et pleurent et crèvent
S'éloignant de la rive et ses bras enfumés

Bercé de nostalgie flottant entre deux eaux
Espérant vers le beau mais s'entourant de noir
Il s'oublie que le temps est source de magie
Et soigne d'illusoire un rêve transpercé

La houle est une danse où l'avenir s'enroule
Où l'aube renouvelle aux flots la transparence
Et moule sur le sable au rire des galets
De tous nouveaux palais au charme impérissable


© Copyright Merle Bleu

vendredi 27 septembre 2013

Flammes et fourrure

A l'ondulé des flammes
Dans l'oursonne fourrure
Un homme et une femme
Reluisent de dorures

Et dans leurs yeux scintillent
Un regard en fournaise
Le reflet des pupilles
Et la braise d'un soir

Sur leur peau satinée
En orange mouvant
S'inscrit en balancé
La flammèche et le vent

Suspendu à l'instant
Les minutes se figent
En vertige oscillant
De baisers en volutes

Au vieil âtre crépite
L'étincelle du feu
Où l'enfer est un mythe
Un volcan silencieux

Sensuelle créature
A deux têtes, huit membres
Les gestes en méandres
Déroulent l'aventure

Embrassant de la peau
Des caresses et du rire
Les soupirs en drapeau
Assaillis plaisir

Les amants s'abandonnent
Implorant de leurs vœux
Que l'infini résonne
De l'aveu de leurs cris

Du flambeau éclatant
La lueur se propage
Les couvrant d'un manteau
D'étoiles en voyage


© Copyright Merle Bleu

mercredi 25 septembre 2013

En fusion

Sur un désir la porte claque
Brûlant regard entre deux êtres
Le feu des chairs la flamme plaque
Le cri du corps absolu maître

Corset de soie bruits déchirés
Valsent des fringues sans retenue
Hâles exhibés de la peau nue
La main rend dingue à soupirer

Un court instant les yeux se jaugent
Couve un volcan sous les secondes
A l'intérieur la lave est rouge
La passion brule et  Terre gronde

Lutte d'envie comme une attaque
Armes brandies pour une joute
Plaine des ventres mise à sac
A l'écho rauque d'une voute

Les bouches mangent et puis dévorent
Et manque l'air accéléré
D'essoufflement les sens implorent
Un long plaisir vociféré

Le temps explose en mille étoiles
Où l'Univers est sidéré
La voie lactée paupières closes
Viens recueillir les dieux soudés


© Copyright Merle Bleu

mardi 24 septembre 2013

Amour cyclique

Au chemin du hasard
Au gré d'une attirance
De l'émotion d'un soir
L'être entame une danse

Lentement se fusionnent
Les pensées d'avenir
Et les envies bouillonnent
Des festins à venir

Les amants se rapprochent
Oubliant ce qu'ils sont
Chacun vide ses poches
D'un morceau de passion

D'un regard, d'un silence
Où deux manques s'accrochent
Se découvre l'immense
Que Cupidon décoche

Vérité, illusion
Les fantasmes s'envolent
Jouant à l'unisson
Ce vieux refrain frivole

Vient l'instant où les rêves
Viennent heurter la raison
Où les nuages crèvent
Comme un soir de mousson

Et l'amour se sépare
De ce songe adhésif
En arrachant l'espoir
Et le rendant plaintif

Vient le temps des tourments
Des vilaines ratures
Remplaçant les serments
Ravivant les blessures

Mais le temps patiemment
Vient soigner la douleur
Redonnant aux amants
Une part de leur cœur

Et la vie reprendra
En refaisant germer
Une envie d'autres bras
Le sentiment d'aimer


© Copyright Merle Bleu

dimanche 22 septembre 2013

Filtre rose

Je me suis endormi dans les bras d'une fée
De sorts enveloppé je me suis endormi
Comme on meurt d'amour se laissant emporter
Je me suis échappé de ce monde d'ennui

En tendresse blotti j'ai cédé au voyage
Un sourire au visage en tendresse blotti
A l'ivresse du cœur m'enivrant des images
Vers un autre rivage mon navire est parti

Je me suis enfoncé dans un divin trépas
Tout au long de son corps je me suis enfoncé
Me grisant de sa peau, m'habillant de ses bras,
Du frivole des draps me laissant caresser

Je me suis envolé sans un battement d'aile
De l'instant si léger je me suis envolé
Oubliant les combats refusant le réel
M'élevant dans le ciel son aura j'ai frôlé

Et j'ai baisé ses lèvres de ma bouche étoilée
J'ai dévoré sa flamme et j'ai baisé ses lèvres
Et la faim m'a saisi de ses seins dévoilés
De sa saveur salée et ses fesses de Sèvres

Je suis venu poser tout au creux de ses reins
Tout au fond d'un écrin je suis venu poser
Cet absolu d'un homme échappant au destin
Passager clandestin de ses rêves rosés


© Copyright Merle bleu

vendredi 20 septembre 2013

Rides et éphémère

Sculptées par les années
Ses rides sont un livre
Dont on tourne les pages
Si tendrement fanées

Son sourire discret
A la douceur de l'age
Et ses mots en secret
Ont le désir de vivre

Et le temps d'une absence
Balance la pensée
Sa paupière se plisse
S'égarant au delà

A ses rêves passés
Les souvenirs esquissent
Une encre délavée
Où son homme n'est plus

Mais sa peine s'exclut
Au rire d'un enfant
La mémoire est gravée
De ses gestes de mère

Et la malice est là
Conservée de l'enfance
Son regard innocence
Scintillant d'un éclat

Et son amour se tend
En son âme vermeil
Ignorant les printemps
Où elle a tant souffert

Vieille femme au présent
Oubliant son hiver
Profitant des soleils
Pour un jour ou cent ans


© Copyright Merle Bleu

jeudi 19 septembre 2013

Dérive et dérivé


Aux destins solitaires
La vie nait océan
Où la côte austère est néant
Et le mystère survie

La marée des envies
Vers le large dérive
Muette silhouette amarrée 
D'une rive et des mouettes

Contre vents et tempêtes
A l'espoir ballotté
Une peur du soir est vautrée
Dans des chants à tue tête

Et le marin s'entête
Aux rires entrecoupés
D'une dernière fête en bordée
Aux refrains à maudire

Le navire est oblique
Et l'esprit lui chavire
A la pensée des flots penchés
Épanchant son désir

Et la houle se creuse
Où la vague se perd
Où l'écume d'hier s'enroule
En clameur amoureuse

Et l'homme désespère
Où manque la lumière
La flamme chaude vacillante
Et le rhum le hante

Et son âme lointaine
Accroche à son futur
Une sculpture où femme est sienne
Et la roche sa terre


© Copyright Merle Bleu

lundi 16 septembre 2013

Syrial killers

Regarde dans le ciel ce vol de grues cendrées
En V comme un symbole en victoire inversée
Elles filent vers le sud fuyant l'horreur humaine
La haine déversée, sur des femmes, des mômes

L'homme a gazé l'enfance et ses espoirs de rêve
Et dans le ciel d'Alep les oiseaux sont de fer
La Syrie c'est l'enfer où tous les diables chantent
Où sous un coin de tente y a des gamins qui pleurent

Et le monde s'absente en détournant les yeux
En disant que leurs dieux serait hostile au notre
Imitant cet apôtre au prénom de Judas
Ne faisant aucun cas de cet acte odieux

L'humanité doit-elle redoutant l'extrémisme
Justifier tout les crimes et s'en faire le ferment
De l'ignoble tourment ne naitra que la haine
Et notre lâcheté en cueillera les fruits

Providentiel usage est la démocratie
On nous donne du miel et les actes moisissent
Et la ligne est franchie stupide chiffon rouge
Pas un bouffon ne bouge qui l'agitait jadis

Fermons, fermons les yeux sur ces combats intérieurs
Ces enfants, leurs nausées et le souffle qui manque
Et leurs yeux révulsés et leurs corps convulsés
Les voici côte à côte, vous voyez...Ils dormaient

Exécrable ballet de mots opportunistes
Politiques cyniques profitant de l'aubaine
Pour inscrire des scores en se trompant de cible
Préparant leurs campagnes au mépris de ces morts

Et sans aucun remord on retourne sa veste
Prétendant un beau geste on adoube un tyran
Qu'il détruise les armes et on oublie le reste
Il n'est pas si méchant, vous voyez, il accepte !


© Copyright Merle Bleu

Boulot loto

Matin boulot c'est la galère,
Le taf pour toi c'est que du gris,
Pour un salaire de misère
T'as tous tes rêves qui s'enfuient.

Un coup d'Malox pour tes aigreurs,
Un coup d'Prozac pour ta déprime,
Tu sais s'mois ci bye bye la prime
Et pour l'boulot vas voir ailleurs.

Quoi ? Ta fin d'mois c'est la misère ?
Ben oui tu vois c'est çà la crise
Des dividendes pour les croisières
Pendant qu'toi tu traines tes valises.

Matin boulot c'est la galère,
Le taf pour toi c'est que du gris,
Pour un salaire de misère
T'as tous tes rêves qui s'enfuient.

Si tu peux pas nourrir tes gosses
Vas faire un tour chez les restos,
Pour les congés faudra qu'tu brosses
Le CAC 40 n'est plus au beau.

S'il t'reste des sous, joue au loto,
Tu deviendras p'têtre milliardaire,
Ce s'ra ton tour pour la croisière
Et t'oublieras tous tes potos.

Matin boulot c'est la galère,
Le taf pour toi c'est que du gris,
Pour un salaire de misère
T'as tous tes rêves qui s'enfuient.


© Copyright Merle Bleu

samedi 14 septembre 2013

Classée en fuite


Je m'en vais dans la nuit
Sans un morceau de cœur
Je m'en vais t'en fais pas
Je ne suis pas la peur

J'emporte mes pourquoi
Ces vides sans réponses
Des images de toi
Et moi pris dans les ronces

Je m'en vais de ce pas
Marchant vers la lumière
Des larmes aux paupières
Que tu ne verras pas

Je garderai en moi
Celui qui a veillé
La douceur des émois
D'un corps déshabillé

Aux chemins illusoires
Je suis venu glaner
Du rire et de l'ivoire
A la blancheur fanée

Le temps écrit l'histoire
Et toi tu l'as tracée
Trop pâle pour y croire
Sur un papier froissé

D'un seul encart violent
Ta rature est cruelle
Moi je te voyais belle
Sans un rire insolent

Une étincelle foire
Sur un pétard mouillé
A l'artifice noir
Au cynisme rouillé

J'emporte tes mensonges
Et je les sème aux vents
En essorant l'éponge
Imbibée de serments

Sur cette sombre entaille
Je grefferai l'envie
Car mon âme est de taille
Et moi je suis en vie

Regarde l'ombre au loin
C'est toi
Et tu t'enfuies


© Copyright Merle Bleu

vendredi 13 septembre 2013

Bord à bord

Donne moi ces soirées veloutées
Ces doux étés entre tes bras
Pas chaloupés peau contre peau
Coques de bois, fibres frottées

Envolons nous, trouvons les ailes
Frêles oiseaux brisant les cages
Rasant le ciel au fond des yeux
Cœur affolé sous un corsage

Touchons l'envie du bout des doigts
Ce sourd désir tout frissonnant
Trouble d'émoi, temps suspendu
De nos corps nus tremblant de vie

Emmène moi, entre tes voiles
Corps en bordée, lisse contre lisse
Long frôlement au bas du ventre
Où la malice nous entraine.

Découvrons nous de gestes tendres
Sans rien prétendre à nos demains
Mais juste étendre nos deux mains
Et nous étreindre sans serments

Soyons amants mais sans rien prendre
Essayons nous à tout donner
Sans les toujours rêvons encore
Et de trésors habillons nous


© Copyright Merle Bleu

jeudi 12 septembre 2013

Accords encore

Dans ma tête j'ai un puzzle
Plein de morceaux
Mais rien s'emboite
Juste un peu seul comme un sot
Mon présent boite

J'ai dans mon cœur quelques éclats
Mais dans mes yeux
Plus rien ne brille
Fracas de voix
Je pars en vrille

Au creux du ventre j'ai la trouille
Et je m'oxyde
A ne rien faire
Teinté de rouille
L'âme morbide

Dans mon futur j'ai comme un rêve
Main dans la main
Délire heureux
Nus sur la grève
Et l'air à deux

Je marche encore vers demain
Les bras tendus
Le regard myope
Les yeux perdus
Je m'enveloppe en corps
Encore
De tes accords


© Copyright Merle Bleu

mardi 10 septembre 2013

Message de mes songes

Où vont finir tous ces messages
Nés de douleurs murmurées
De nos orées en marécages
A la noirceur de nos écrits

Où vont mourir ces derniers cris
Mouettes de cœur, morceaux de ventre
Oiseaux piaillant dans les esprits
Vols incompris d'espoir en miettes

Que reste-il de nos appels
De ce silence hurlant pour nous
Homme à genou privé de geste
Sous un ciel nu sans aucun sens

Tous ces millions de "je suis seul"
Tissent linceul où l'on essuie
Toute la pluie des illusions
Des lendemains mouillés de doute

Jours d'habitude où l'être crève
L'abcès d'ennui ronge et dégoute
Chancre des nuits cancer des rêves
Sèment des larmes en excès

Cherchons l'accès l'issue des songes
Cette éclaircie où la voix porte
Pour qu'elle emporte un peu de vie
Ces quelques mots vers ton rivage


© Copyright Merle Bleu

lundi 9 septembre 2013

Gris septembre

Septembre vient
Comme un rappel
De ce qui a pris fin

Du jour en moins
Et ton absence
Et la chaleur qui manque

Et ce refrain
Craquant pseudo
Et nos serments et nos credo

Automne déraison
Saison de mes questions
Et des regrets qui tonnent

Et de mon cœur qui cogne
Dans sa prison
Bruit monotone

Le temps s'enfuit
Mon ventre serre
A mes nuits de saccage

Mes yeux coulent la pluie
De mes pensées nuages
Et je tremble de froid
Et je mange la terre


© Copyright Merle Bleu

dimanche 8 septembre 2013

Du haut des pyramides

Du haut de sa planète l'Entité regardait les hommes, le travail de certains, l'avidité des autres, l'allure de cette fourmilière lui semblait insensée. Ils étaient tous sur cette même terre, mais avaient au sol tracé des lignes imaginaires qu'ils appelaient nations.

La puissance de chacune était une obsession qui pouvait entrainer un désastre. On aurait pu croire qu'au sein d'une nation les hommes soient solidaires. Pas du tout, là encore le maitre mot était compétition. Assurément l'homme aimait les pyramides, les plus élancées étant un gage de réussite.
Et c'est à leur sommet, en trophée, que se trouvaient les richesses. Leur importance était telle que leurs détenteurs étaient bien incapables de les utiliser, même en se livrant à d'exorbitants caprices.

La structure était si bien pensée, le conditionnement si fort, qu'une poignée d'homme suffisait à diriger le monde et que personne ne semblait s'en étonner. Il faut dire que le système était gradué, à chaque échelon, chacun était assuré d'être plus haut que d'autres. Il y avait bien tout au bas de l'échelle des gens qui n'avaient rien, mais ils espéraient tellement avoir un peu, ils regardaient tellement l'étage juste au dessus qu'ils étaient bien incapable de distinguer un quelconque sommet.

Moins visibles étaient d'autres structures, leurs tentacules ignoraient les frontières. Elles faisaient, défaisaient les pyramides au hasard des ressources. Organisaient des guerres, détruisaient les nations. Pour elles tout était à vendre, chaque chose avait un marché.

L'homme au sein de sa pyramide disposait parfois d'un droit d'expression. On ne lui demandait pas de l'utiliser intelligemment, juste de choisir un Nom. Le Nom savait bien lui ce qu'il avait à faire, il connaissait les gens du sommet.

Parmi les nations, certaines étaient investies d'un pouvoir supérieur. Elle savaient où étaient le bien et où était le mal. Le fait que le mal soit souvent proche des ressources n'était que pur hasard.
Au sein des plus miséreux, on trouvait aussi beaucoup d'ignorance. C'était le terrain idéal pour inculquer la foi. La foi ? Quelle foi ? Peu importe, celle qui permettrait de partir à l'assaut des pyramides, celle qui donne l'ivresse des sommets.
L'Entité était songeuse.

Elle savait qu'au milieu de cette humanité il existait d'autres valeurs que celles à vendre. L'amour, la fraternité, l'humanisme. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'est pourquoi tous ces hommes cherchaient au sommet ce qu'ils n'avaient qu'à partager.


© Copyright Merle Bleu

Feuille de route

De toutes les prisons conserve bien ce rêve
Cet oiseau grelotant nu de fragilité
L'espoir à préserver ballotant la raison
Ce cri de liberté au pouvoir inconnu

Écarte les barreaux de la cage invisible
Fracasse cette glace aux pleurs en Securit
Libère les envies où pousse l'herbe verte
Découvre enfin la mousse et fait place à la vie

Tu n'as d'autre limite à tes secrets désirs
Que les craintes d'hier et ta peur des demains
Respire au devenir en crayonnant les plaintes
Et entame la route et son lot d'incertain

Tu le sais bien qu'un jour il y aura la fin
Là où l'âme est le doute et le futur n'est rien
Commence cette marche et écris ton histoire
Glanée à l'aventure aux sources des fous rires

N'oublie pas de cueillir le fleuri du moment
Le trouble d'un regard, le plaisir d'un sourire
Pour qu'à ton dernier soir tu puise aux souvenirs
L'ardeur de l'étincelle où l'infini vacille

Tout au long de ta quête essaime un peu d'amour
Il se pourrait qu'il germe améliorant le monde
Agrandissant la ronde embellissant la fête
Élargissant la chaîne aux entraves humaines

Alors fermant les yeux retrouvant un parfum
Tu pourras t'enrouler à ce plus beau des termes
Immaculé linceul à la blancheur des vœux
A l'émotion sans fin où la femme est frisson


© Copyright Merle Bleu

samedi 7 septembre 2013

Amante à l'eau

Allongée sur le sable
Abandonnée au vague
Tu te laisses bercer
Aux caresses des flots

Te voici transportée
Au roulis du désir
Offerte aux voluptés
Ouverte à tes plaisirs

Le courant te soulève
Et te prend le ressac
Assiégeant les recoins
De ton corps mis à sac

Tes pensées en eaux troubles
Sont des fleurs à ton ventre
Où vient gémir l'envie
Qu'un antre veut remplir

Le clapot te pénètre
En forçant tes soupirs
Et cet émoi de femme
Qui hurle sous ta peau

Et tu jouis sous l'amant
Lui labourant le dos
En orgasme arrosé
Du fruit de tes fantasmes


© Copyright Merle Bleu

Méditerranée




Tu es cet éternel de vagues alanguies
Miroir à nos ciels bleus s'étirant au soleil
Muette d'une histoire où les aubes rougissent
Au printemps qui se glisse en nappes émeraudes

Tu es l'eau qui taraude et ressasse son cri
Quand le vent te tabasse et menace ta vie
Bouillonnant aux rochers, refusant les entraves
D'une rage étouffée où la bave s'étale

Tu es cette caresse épousant nos étés
Le calme des soirées, le soir au long des plages
Le lac sans nuages aux reflets argentés
Où la brise soupire espérant un orage

Tu es cet horizon dont dépend l'avenir
La liquide geôlière aux calmes navigables
La fin connue d'un monde où demain veut surgir
Secouant le passable et renaissant d'hier

Tu es le cimetière où les âmes damnées
Sur des milliers d'années ensemençaient la terre
A l'ombre d'une église aux rites crucifères
Tes rives sont de verre et tes rêves fanés

Tu es ce souvenir d'Ulysse et ses chimères
Ce passé qui se tisse aux femmes Pénélope
Où l'infini s'étire et file une pelote
Où l'Amour et le temps à l'azuré s'unissent

Tu es le nuancier où tous les bleus se fondent
Marine à tes abysses, turquoise à ta surface
Quand se voile la face au souffle d'une brise
Tu renais d'un éclat et le calme te lisse

Tu connais les écueils des froides profondeurs
Les tourments de l'hiver où nait en mauvais œil
La maigreur des hommes et la noirceur du temps
Qu'en larmes tu recueilles et berce de printemps

Tu es cette enveloppe, essentielle à la terre
Nourricière et gardienne aux colères salopes
Une amante, une mère entourante et précieuse
Ô Méditerranée, pilleuse d'éphémère


© Copyright Merle Bleu

vendredi 6 septembre 2013

Bonus malus

Regarde ce chemin
Cette voie
C'est la vie qui t'appelle
Et ses peurs
Et ses joies
Et son goût du hasard

Ne pense plus hier
Et trace tes demains
Dans le sang
Dans la terre
D'une douleur humaine
Où l'espoir est partage

Expulse là terreur
En embrassant l'envie
En puisant dans les rires
La rançon de tes pleurs
En captant le bonheur
De l'instant, d'aujourd'hui

Recherche au plus profond
Où s'oubliait ton cœur
Et suis le, il est Roi !
Juste cause endormie
Des rêves, des désirs
Etouffés de raison

Redécouvre le risque
Accepte les échecs
Tu seras chevalier
Dépourvu de reproches
Au tournoi des passions
Où la femme est si belle


© Copyright Merle Bleu

jeudi 5 septembre 2013

Gorge chaude

Tu es couchée
Corps dénudé, satin des draps
Et le reflet sur ta peau mate
Subtile invite à mon approche

Air électrique
Tes yeux fébriles dans le noir
Sont mon désir en battement
Sexe tendu le cœur en rythme

Puis ta main glisse à ma longueur
Délicatesse du toucher
Col déroulé, le rouge affleure
Et la caresse se fait lisse

Lent mouvement de va et vient
Et ta douceur au membre chaud
Cambrure au dos, tension des reins
Et nos deux mains, trouble rencontre

Peau jalonnée de tes baisers
Survient l'offrande de ta bouche
Chaleur mouillée, regard en plus
La lèvre ouverte en gourmandise

Mes mains se crispent à tes cheveux
En virtuose tu m'attises
Long concerto sans vocalises
Où je m'essouffle et où tu joues

A ton appel je m'abandonne
Mi sucre d'orge mi explosif
Donnant ma vie à cette gorge
En crescendo définitif


© Copyright Merle Bleu

mardi 3 septembre 2013

Ressource d'un rêve


C'est un rêve en cristal
Comme une eau limpide
Murmurant son chemin
S'éloignant de la source

Un torrent
Scintillant aux étoiles
Confident de la nuit
Et son rayon de lune

Bruit de l'eau
S'écoulant à l'envie
Déroulant ses secrets
Pétillant mille éclats

Caressant les galets
Tous les sens en émoi
Sensuelle promesse
A l'aube d'une vie


© Copyright Merle Bleu

De fil en aiguille


Attirance

Capture du regard
Deux êtres se rapprochent
Voyageant dans l'immense
En rêves mélangés

Sourire

Comme ouvrir une porte
Ou bien tendre une main
Pour ouvrir une danse
A l'instant séduction

Désir

Cette envie de sentir
La chaleur de la peau
Et la douceur d'un ventre
Au long cri animal

Toucher

Sensation rayonnante
Ouverture des corps
Frôlement insensés
Invasion d'indécence

Aimer

D'une caresse tendre
A vouloir tout donner
Et prendre tout entier
Et des mains et des hanches

Jouir

Pour toucher les étoiles
En de lents soubresauts
Et renaître à nouveau
Plus vivant, plus léger


© Copyright Merle Bleu