mardi 31 mars 2015

Un jour un chemin

Son nom sera l'aurore et la couleur d'un jour
Je l'attends pour demain __ je l'attends dans cent ans
La femme que j'attends pour lui donner la main
La flamme d'embellie au matin d'un toujours

Elle saura me voir et je saurai l'entendre
D'un rayon __ d'un regard __ nous nous serons appris
Elle n'aura pas d'age et n'aura pas de prix
Nous nous serons compris avant de nous surprendre

Elle sera cette intuition __ une évidence
Danse de l'âme __ aube de cœur __ source et fusion
Douce effusion __ cérémonial et transcendance
Un pas de deux à mots feutrés __ un trait d'union

Elle sera donner __ je serai recevoir
Je me ferai réponse aux questions de ses manques
Je viendrai la remplir et boire à ce magique
Des sources de savoir aux griffures des ronces

Elle est partage __ un rêve enfoui dans le futur
Au fond de la pensée où l'esprit ne renonce
Un morceau d'éternel en quête d'ouverture
Que la bouche prononce aux lèvres de rosée

Elle est fleur arrosée d'amour et de désir
Au rebord des allées d'un chemin sans détour
Compagne __ elle viendra des routes du hasard
Devenant tour à tour les monts et la vallée


© Copyright Merle Bleu

dimanche 29 mars 2015

Les lieux de l'invasion

Je suis le lieu de ces razzias
De ces pillages barbaresques
Je suis le reste des lentisques
Que les insectes n'aiment pas

Je suis village abandonné
L'église ouverte aux courants d'air
Un lieu de foi pour les damnés
Dans une abside __ un cœur ouvert

Vitraux de verre
Ego __ ego __ me murmure un écho
Ai-je oublié une prière
Suis-je construit dans un Lego

Je suis ce claquement de vide
D'une culasse que l'on pousse
La dernière secousse
Où meurt un sacrement

Vois tu encore une lumière rouge
Un peu de Moi devant l'autel
Dans une église où rien ne bouge
Chauves souris __ battements d'ailes

Ce que tu crois __ ce que je pense
Quelle importance __ les deux se crucifient
Ce sont les clous que l'on se plante
Lorsque plus rien n'est défini



© Copyright Merle Bleu

samedi 28 mars 2015

Le toi du monde

Est-ce que le monde aurait un toi
Je sens encor les gouttes d'eau
Un peu de pluie sous la paupière
Les yeux fermés sous les secondes

Est-ce que le monde a des rivières
Là où s'enfoncent les bateaux
Sous le fardeau de nos prières
Lorsqu'en silence l'on se noie

Est-ce que le monde n'entend pas
Est-ce qu'il est vieux __ est-ce qu'il est sourd
Lorsque s'écoule un peu d'amour
Sous un nuage encor pluvieux

Est-ce que le monde se soulage
De sa douleur et de ses peines
D'un sang qui bat au long des veines
De ses carnages __ des combats

Est-ce que le monde aurait un toi
Lorsque s'écoule un peu d'amour
Lorsqu'en silence l'on se noie
Est-ce qu'il est vieux __ est-ce qu'il est sourd


© Copyright Merle Bleu

vendredi 27 mars 2015

Masque de soupirs



Reflets de nos passés
Le miroir se fissure
Mosaïque de soi
Dans un regard je vois
Le sillon des blessures
Les bras entrelacés

Chevelure glacée
Aux visages d'hier
Dans des éclats de verre
Combien j'ai renoncé

Je me suis dessiné dans des racines sombres
Elle se sont incrustées aux profondeurs
Au fond des failles __ des zones d'ombre
Cherchant à l'infini à rencontrer le cœur

Au gré de l'onde
La vie en vaguelette
En morceaux se sépare et invente le monde
Se change le regard au chant d'une alouette

Lumière dans le noir
Sais tu où sont les yeux
Ceux qui te rendent espoir
Toi qui n'existe que pour eux

Envie de boire __ envie de voir
Vos noms se disent de cristal
Opium et idéal
Vos bouche(s) ont le secret des sourires d'ivoire


© Copyright Merle Bleu

jeudi 26 mars 2015

Ne cueille pas

Lorsqu'elle pleure
Lorsqu'elle s'ouvre à l'aube
Ne cueille pas la fleur
Laisse sécher sa robe

Ne cueille pas la fleur
Elle est fragile
En robe de couleurs
Aux nuances subtiles

Si de bouton
Elle ouvre enfin son cœur
Ne cueille pas la fleur
Orné des plus beaux tons

Ne cueille pas la fleur
Oh non je t'en supplie
Car elle est de douceur
Lorsqu'elle se déplie

Laisse lui le répit
Les minutes et les heures
Ne cueille pas la fleur
Elle est signe de vie

Si tu cède(s) à l'envie
N'écoutant que ton cœur
Tu la perdras __ tant pis
Il faudra qu'elle meure


© Copyright Merle Bleu

Dance of life - Danse à vie

Dance __ dance by me
Rest your head down my shoulder
I know for sure I am older
But take a dance and rest by me

Be safe and take a little chance
Its just a rest
A time to dance
Just rest on me and take the best

I can listen with interest
Give you the help and confidence
'til you go East or West
Searching a clue __ your evidence

Give me a smile and a few stars
A piece of heart in shiny glance
Just take a rest and drop your wars
No need for fear nor for a fence

When you must go there's no offense
Just pull the door and keep the key
It's just a rest __ yes __ just a dance
Just say good bye __ and be happy

______

Danse __ danse avec moi
Repose toi __ là __ dans mes bras
Je suis plus vieux __ je sais tout ça
Mais danse encor __ danse avec moi

Repose toi __ prends cette chance
De ce repos
De cette danse
Juste une offrande __ instant cadeau

Si je t'apprends __ si je t'écoute
Accepte l'aide et la confiance
Jusqu'à poursuivre enfin ta route
Vers autre part __ une autre danse

Donne un sourire et des étoiles
Un bout d'amour dans un regard
Loin des conflits et des bagarres
Tombe la peur __ tombe le voile

Quand tu voudras te retirer
Dans le silence et sans un pleur
Ferme mon cœur __ garde la clé
D'un au revoir vers le bonheur


© Copyright Merle Bleu

mercredi 25 mars 2015

Couleur avenir

Aimez moi disait le vent
Sur les trottoirs __ sur les pavés
Aimez moi dans les ruelles abandonnées
J'y suis perdu bien trop souvent

Au courant d'air de l'émouvant
J'entends claquer quelques persiennes
L'écho des astres éprouvants
Sur le devant des façades anciennes

Aimez moi d'un mouvement
De vos sourires impossibles
A ma poussière insaisissable
Murmurez moi les mots d'avant

Il s'essoufflait aux devantures
Loin des chaleurs __ des intérieurs
Sa vie c'était cette aventure
En douce brise loin du cœur

Et puis __ un jour vint une feuille
Elle était là __ verte __ immobile
Que faisait elle dans la ville
Là où le vide se recueille

Le vent retint son souffle
Atmosphère et chlorophylle
Il inspire et s'essouffle
De la couleur il suit le fil

Mais comment la saisir
Lui qui respire l'invisible
Comme les mains perdent le sable
S'il éternue __ elle va partir

Déjà __ elle remue
Lui va s'évanouir
Il est troublé __ il est ému
Il sait déjà __ demain __ le vert va revenir


© Copyright Merle Bleu

mardi 24 mars 2015

Emprise de lune

Un texte à la demande de Jean-François Neck avec mes amitiés renouvelées

Solène __ Ostie païenne
Secrète source d'influence
Ascendance pelvienne
Ma divine indécence

Toi __ Ma planète maîtresse
Obscène cercle dissolu
Ma tentation d'incandescence
Ma ligne droite d'absolu

D'une attirance tu m'élèves
Disque aimanté __ je suis ton axe
Tige d'un arbre emmailloté
Dans une sève de latex

A l'apogée de tes désirs
Je suis ce flux et ce reflux
De mes marées intér-i-eures
D'un mouvement sous-entendu

Lune d'ivoire
Lorsque tu veilles
Je disparais dans un soleil

Eclipse noire


© Copyright Merle Bleu

L'ultime combat

Lorsqu'on s'échine à reconstruire
Les pans tombés de nos murailles
On se prépare des batailles
Des nuits entières à se détruire

Blêmes pensées et veillées d'armes
N'attendez plus qu'un chiffon bouge
La larme en peine épongeant l'âme
Cœur transpercé d'un tison rouge

L'homme grandit dans ses voyages
Si ce qu'il traine devient lourd
Il pose au sol quelques bagages
D'un poids léger reste l'amour

Il s'est perdu l'enfant trop sage
En oubliant le vrai chemin
Celui où il se prend la main
Où il invente son passage

Debout __ brisant les barricades
Le verrez vous s'élevant dans les airs
Dans le passé donnant quelques ruades
Juste pour rire __ et tout laisser derrière


© Copyright Merle Bleu

lundi 23 mars 2015

Spirale

La terre tourne __ elle se tient
A la bouteille elle se tient
Elle sait bien __ elle est si vieille
Vieille du temps et des chagrins

La terre tourne __ elle sait bien
C'est que pour elle tout est vain
Pas besoin d'un devin __ elle sait bien
Hier encore elle était belle entre ses mains

La terre tourne __ ou bien sa tête
Est-ce que c'est mal __ est-ce que c'est bien
Personne ici ne la retient
Dehors des gosses font la fête

La terre tourne et tout est vain
Un rien l'écœur(e) même l'ivresse
Parce que son cœur est en détresse
Plus personne n'y vient

La terre tourne dans sa tête
Son cœur lui fait un mal de chien
Pir(e) que des bosses
Un creux __ un rien

La terre tourne __ est-ce que c'est bien
Y a si longtemps qu'elle vit seule
A la bouteille elle se retient
De rouge sang ou blanc linceul

A la porte l'on sonne __ ell(e) n'entend rien


© Copyright Merle Bleu

Lâcher prise

Que me disait l'enfant
Il parlait à ma place
"Console la fillette"
Me disait-il
Enjeu réfléchi dans la glace

Elle est moi petite voix
Belle innocence
Montre du doigt le sens
Sois conscience et nous entoure

Fillette je t'ai vue
Toi tu me reconnais
Tu es __ moi je te sais
De ces reflets __ ces entrevues

Sur nos chemins
Quel est le sens
Rien __ juste l'instant
Ce n'est pas science
Mais un instinct

Certains parlent destin
D'autre attirance
Je crois que nos enfances
Se prennent par la main

Où iront elles __ vers quel savoir
Celà reste mystère
Vole l'hirondelle au soir
Une brindille à terre


© Copyright Merle Bleu

dimanche 22 mars 2015

Un pied sous terre

Un texte à la demande de Jean-François Neck avec toutes mes amitiés

Gaïa __ déesse dénudée
De désir inondée
Un soleil te réchauffe
Au sortir de l'ondée
Se dressent tes reliefs
Vallons évaporés

Sous le soc en sillon
En parfums tu t'exaltes
Et t'entrouvres sans hâte
Exhumant un frisson

Au creux de ta prison
La semence s' égraine
Et les heures s'enchaînent
Moissonnant ta toison

Tu es ventre d'un monde
L'horizon d'une vie
Une source d'envie
S' écoulant d'une bonde

Quand tu jouis sous la pluie
Mystère __ une terre labourée
Dorée de clapotis
Petits cris d'une blonde
Ayant perdu l'esprit

Que tu sois vallonnée
Quand bien même un peu ronde
Toi la femme gironde
Sous un ciel étoilé
Tu es terre féconde
Aux yeux bleus dévoilés
Au fond de ta vallée
Je m'enfouis __ et me fous des secondes


© Copyright Merle Bleu

Electro-télégramme

Stop __ mon cœur est en rupture Si tu le veux __ si tu le choppes S' il en culbute ou qu'il achoppe Stop __ il s' enfuira __ s'il n'est pas sûr Stop __ si tu le bloques Au fer __ au rouge des blessures Sans être celle qui rassure Stop __ il se dérobe sois en sûr Stop __ si tu l'approches Si tu le griffes __ le provoques Si tu l'entoures d'équivoque Stop __ ne cherches pas __ s'il se décroche Stop __ être trop loin __ Etre trop proche Le trouver moche dans son coin Le laisser seul à ses chagrins Stop __ il sait le coût de ces reproches Stop __ Mais si tu sais en prendre soin Si tu le serres contre le tien Si dans tes bras tu le retiens Stop __ il cessera de se débattre
© Copyright Merle Bleu

samedi 21 mars 2015

Au coeur de la tentation



Temple secret __ Ô fleur du mâle
De robe mauve tu m'attires
Etrangeté d'un élixir
Baume exhalé de tes pétales

Promesse douce __ entrée suave
Mystérieuse et attirante
Comme un secret en toi je plante
Les différences dont je rêve

Tendre bourgeon tu te découvres
En bout de lèvre hétéroclite
Entrée de bouche comme une œuvre
Capitonneuse et élégante

En toi se fonde un univers
En songe je m'échappe
Des frimas de l'hiver
Je me libère et tu m'attrapes

Havre et motif
Trouble sueur
Pousseras tu ce cri plaintif
Qui se dédouble au fond du cœur

Idées guidées
Ivres des sens
Que somptueuse est l'indécence
Née du désir de l'Orchidée


© Copyright Merle Bleu

Valse réservée

Une valse au printemps
C'est la vie qui voltige
Virevolte vertige
Tourne tourne l'instant

Dans les bras de l'absence
Tourne tourne un instant
De l'ivresse des sens
D'un amour à plein temps

Tourne tourne le temps
D'une tendre présence
Mêmes pas même sens
Virevolte l'instant

Dans les bras du vertige
S'abandonne à la valse
Une femme au refuge
Tourbillonne la danse

Une flamme une chance
C'est la vie qui voltige
S'abandonne à la valse
Sur un air de vertige


© Copyright Merle Bleu

vendredi 20 mars 2015

Léger voyage

Léger __ léger
Le vent m'emporte
Poussière infime __ négligée
Atome inerte

L'hiver a les griffes serrées
Automne est morte
Atone et verte
La gorge lacérée

Léger __ léger
Etrange est ce danger
Le vent m'emporte
De porte en porte

Etranglée mon aorte
A portée de vertige
Ici mon sang se fige
Et plus rien ne m'importe

Léger __ désagrégé
Ailleurs je me dépose
D'un voyage abrégé
A mes paupières closes


© Copyright Merle Bleu

Air de printemps

Du renouveau __ c'est le printemps
Temps de redoux __ le vert est tendre
Le ciel est beau à s'y étendre
Rien qu'un instant

Se réveiller __ ne plus attendre
Naissent les fleurs en dénudé
Sous des couleurs à minauder
D'une douceur à se méprendre

Frôlement nus __ senteurs anciennes
Les oiseaux chantent sa venue
En pépiements __ sauts saugrenus
A l'ouverture des persiennes

Marche du temps __ quoi qu'il advienne
Au bleu azur un soleil danse
La même valse diluvienne
Sous les rayons de l'insouciance

Verte innocence des prémices
Cette frileuse veut surprendre
Pour de nos sens __ la belle Miss
D'herbe coupée l'odeur apprendre

Brûle en nos âmes dévorante
Une impatience à butiner
Flamme entêtante et obstinée
A ces fragrances succulentes

Du dévêtu __ renait la faim
De la beauté __ les passagères
Robes légères et parfums
Remplissent l'air et s'évaporent


© Copyright Merle Bleu

Instant palpitant

Ô mon tambour __ ma grosse caisse
Mon cœur meurtri de roulements
Vibreras tu d'une tendresse
En percussions et battements

Deviendras tu chef d'un orchestre
De mélodie sentimentale
D'un premier pas ouvrant le bal
De mille lustres pour un astre

Seras tu chute ou bien désastre
Une syncope qui s'emballe
Le clash à vide des cymbales
Couvrant l'écho d'un bruit sinistre

Ô mon tambour __ Ô mon ministre
Sais tu parfois tu es si lourd
A exister __ à vouloir être
Le métronome de l'amour

Toi ménestrel et troubadour
De courts circuits et étincelles
Repousseront __ elles tes ailes
De plume tendre et de velours

Sous la magie d'une baguette
Rythmeras tu un nouveau jour
Sous les feuillages d'amourette
Ô toi mon cœur __ Ô mon tambour


© Copyright Merle Bleu

jeudi 19 mars 2015

Le trouble du couchant

Le soir __ lorsque tombe la nuit
Peuplée d'esprits et de chimères grises
D'un seul rayon l'orange amère
Sur l'horizon vient lâcher prise

Au fil de l'eau __ pas de surprise
Pas un souffle __ à peine un bruit
Le clapotis ourlé de frises
D'une lumière qui s'enfuit

Dans la demie obscurité
Les pas s'enfoncent dans le sable
Moment d'instable éternité
Où se reflètent nos possibles

Un goût salé __ de la peau douce
Un vœu enfin réalisé
En bord de vague où nait la mousse
De fines bulles irisées

Sans les couleurs __ ombre écrasée
L'esprit s'enroule dans un rêve
Foulant le sable de la grève
Le corps pesant vient s'apaiser

Au ventre noir de la pénombre
Au chien et loup en silhouette
Un cri d'oiseau vient nous surprendre
Au flou regard des vaguelettes


© Copyright Merle Bleu

mercredi 18 mars 2015

Faux air de faussaire

Que savons nous de l'autre
Qu'en saurons nous jamais
Que cette face qu'il nous montre
Le devinant sous quelques traits

Qu'apprenons nous de nous
A cette seule référence
Ce reflet peu ou prou
D'une difforme différence

Nous savons le rejet
Ce que l'autre refuse
En lisant sous nos traits
Sa lumière diffuse

Nous croyons le désir
Ce que l'autre voudrait
Nous faisant réfléchir
Au miroir de l'attrait

Que saurons nous de l'autre
Qu'apprendrons nous de nous
A l'étrange fenêtre
Dont les vitres sont floues

Au regard de nos yeux
D'une boule à facette
Ce que l'autre complète
Et qui fausse nos vœux


© Copyright Merle Bleu

Injuste sommeil

Un homme seul sur un grimoire
Je crois savoir ma destiné
Cherchant le soir à dessiner
Quelques fragments de l'illusoire

Les nuits __ les jours pour y graver
Sur page blanche __ à l'encre noire
Un bout de rêve à emblaver
Le sillon faible de l'espoir

Au long des mots de solitude
Je marcherai d'un pas rythmé
Me balançant __ par habitude
Sur un plaisir à fantasmer

Je verserai des larmes de ciné
En m'écriant __ l'esprit outré
Sur la Syrie ou la Crimée
Là où l'armée va s'empêtrer

Mine au crayon __ papier mâché
J'aurai des cernes pour visage
Chaines d'amour tout rabâché
Aux maillons ternes et trop sages

Au creux des mains du souvenir
J'aurai ce vide pour message
De quelques femmes de passage
Enveloppées de mes soupirs

A trop vouloir aimer __ donner
Je n'aurai plus à vous offrir
Qu'un cœur usé sans dulcinée
Carbonisé de ses désirs

D'un dernier mot __ sur une phrase
Je dormirai du long sommeil
D'une berceuse sans soleil
Pour rayonner sur une emphase


© Copyright Merle Bleu

mardi 17 mars 2015

L'Arche de nos peurs

Derrière les persiennes de nos cils
Lorsqu'on regarde en silence le monde
Le temps s'efface __ et c'est bien plus facile
Au centre d'une terre ronde __ être timide

Faire de l'autre toutes les excuses
Pour ne pas dire ou pour ne pas agir
C'est conserver ses émotions recluses
Rester enfant __ refuser de grandir

Être soi même est dur __ est difficile
Être imparfait __ ne pas être sublime
Accepter __ de l'ego __ la tache indélébile
La plaie que l'on maquille __ que l'on grime

De soi __ de l'autre __ où sont nos vraies limites
Est-ce de gentillesse ou bien faiblesse
Ces mots que l'on évite sans un geste
Réprimant la colère ou la tendresse

Dans les mots tus __ notre dernier refuge
Sommes nous libre __ où  vivons nous reclus
A nos envies sommes nous les transfuges
Censeur ou juge en ne choisissant plus

La vie défile et nous ouvrons les yeux
Sur cet étrange où l'absence est l'acteur
Qu'avons nous fait __ Où sont passés nos vœux
Tous nos souhaits __ nos battements de cœur

Combien de temps à ignorer nos peurs
Quelle énergie à toujours nous enfuir
A refuser de voir que le bonheur
Est l'arche __ qu'il nous faut le construire


© Copyright Merle Bleu

samedi 14 mars 2015

L'invisible n'est pas

Je ne t'aimerai pas
Pour ne pas être la demande
Ni l'homme qui quémande
Non __ Je ne t'aimerai pas

Je n'aurai pas
Les mots que  l'émotion commande
Les maux d'un coeur en sarabande
Non __ Je ne les aurai pas

Je ne serai pas
Cet amoureux __ transi et ridicule
Mi clown __ mi funambule
Non __ je ne le serai pas

Je ne ferai pas
Ni un geste __ ni un pas
Ni un vœu __ ni un souhait
Non __ pas un geste ne ferai

Je ne dirai pas
Ce que je suis __ ce que je pense
Combien me coûtent ton absence
Non __ je ne le dirai pas

Si je l'écris ne le crois pas
Rature le d'un trait
Et si tout ça n'est pas
Alors peut-être je vivrai


© Copyright Merle Bleu












vendredi 13 mars 2015

Gant de velours

Les yeux fermés __ je te ressens
Tes mains __ ton corps
Je te ressens __ encore
Je te suis désarmé

Sous une armée de doigts
Me sens tu m'affoler
Je ne sens plus que toi
Toi qui viens me frôler

De bas jusques en haut
Mon sexe a frissonné
Viens tu l'arraisonner
Au lever du drapeau

De bas jusques en haut
Je te suis désarmé
Me sens tu m'affoler
Au roulé de la peau

Sous une armée de doigts
Au rythme cadencé
Je ne sens plus que toi
Toi qui viens me frôler

Mon cœur comme un tambour
Le sens tu s'affoler
Le mat dans le velours
Ta main me fait danser


© Copyright Merle Bleu

L'ampleur des pleurs

Au fond de toi __ pleure un enfant blessé
Ecoute le __ il a besoin de dire
Dire sa peur __ et être caressé
Au fond de toi __ écoute ses désirs

Cet enfant qui a peur __ oui __ souviens toi
Ce tremblement de voix __ ce cri du cœur
C'est le chagrin __ le manque de douceur
Une émotion où les sanglots se noient

Ecoute le __ au pied de ce tilleul
Il craint le noir __ a peur de l'inconnu
L'as tu compris __ l'auras tu reconnu
Au fond de toi __ c'est lui cet enfant seul

Cet enfant seul __ il pleure et il s'isole
Tout a changé __ si loin de son repaire
Il a perdu le chemin de l'école
Se sent exclu de tout ce qu'il espère

Ecoute le __ je sais __ j'entends __ il crie
Il exprime son doute et sa détresse
Explique lui ce qu'il n'a pas compris
Dis lui pourquoi il n'a plus sa maîtresse

Dis lui pourquoi il ne dort pas chez lui
Dis lui __ dis lui qu'il n'a rien fait de mal
Il est malade un monsieur lui a dit
Il paraît que c'est grave et pas banal

Dis lui __ dis lui pourquoi on le sépare
Dis lui le temps qui passe et les années
Dis lui les fausses joies __ les faux départs
Ne lui dis pas qu'il est abandonné

Ecoute le __ il dira la terreur
Du côté droit __ du côté cœur aussi
Au bout d'un long sommeil __ d'un corps meurtri
Des chairs tranchées __ de la douleur

Si tu l'entends __ lui parles __ le rassures
Tu entendras peut-être d'autres pleurs
Mais ne crois pas que triste est sa nature
S'il pleure encor ce sera de bonheur


© Copyright Merle Bleu

jeudi 12 mars 2015

Premiers secours

Parfois __ le web __ prend les accents d'un mauvais film
Un sans Oscar __ de série B
Où les acteurs cancanent sans la palme
Prennent pseudo comme des stars désinhibées

Ils sont de haine et lâcheté
Celle à coller hors de nos murs
Ah __ c'est qu'ils se prennent belle allure
Mais pour médire et crachoter

On peut penser que l'écriture
Serait porteuse de bon sens
Qu'elle en éloigne l'immature
La petitesse et médisance

D'où leur viendra cette noirceur
De triste dame et pauvre sire
Que si pervers est leur plaisir
Jusqu'à s'en prendre à un des leurs

Que peuvent être leurs échecs
Qu'ils en déversent l'amertume
Puant de l'âme __ œuvrant du bec
En diarrhéique qui défèque __ souillant la plume

Que leur verbiage a vent mauvais
Du malfaisant j'irriterai les fesses
Et le navet du nom du sang des figurants
S'ils ne se taisent __ se répendra sur mes compresses


© Copyright Merle Bleu

mercredi 11 mars 2015

Les draps de la danse

Dans les feux fusillés
Les yeux accrochent un regard
Désir écarquillé
Larges pupilles noires

Les pas ensemble glissent
Une attirance __ geste de grâce
Où les envies se réunissent
Trouvent complice __ tremblent d'audace

Une attente __ un appel
Au creux de l'aine __ un cri __ ce "nous"
Battement d'aile d'hirondelle
Contre la jambe en frisson doux

Courbe des reins __ la main se place
Entoure un dos dans son écrin
La hanche penche et se déplace
L'esprit s'éprend d'un va et vient

Entre les draps de la musique
La mélodie des corps s'enroule
Cherchent l'accord __ l'instant magique
Où l'on se prend __ et puis s'écroule


© Copyright Merle Bleu

mardi 10 mars 2015

Le fruit du coeur

Ferme les yeux __ mon âme __ et sois sereine
Oublie un peu __ ce rien __ qui décourage
Et si la peine coule au long des veines
Invente lui de plume les images

Emmène la vers un autre voyage
Sur les flots bleus __ au tombant des marines
La caressant d'une vague opaline
Au chuchotant des bulles d'un sillage

Allonge la aux plages si câlines
Que la houle s'y verse __ se délasse
Se roule beige au sable des lagunes
Berçant __ des algues molles la tignasse

Offre lui __ d'une brise __ d'un murmure
La légère tendresse et le frisson
De l'horizon __ sois le vent de promesses
La bouffée d'air emplissant la voilure

Emporte la __ ma triste passagère
Souffle plus fort sur les ailes du temps
Vers son levant __ déroule l'aurifère
Qu'elle ressorte au jour en souriant

Sur la paupière __ offre lui un baiser
Comme venu de lèvres amoureuses
Sur cette peau de transparence rose
Fruit de douceur pour un cœur apaiser


© Copyright Merle Bleu

samedi 7 mars 2015

Nihil et vynil

Il est des gens auxquels on tient
La vie un jour nous en éloigne
Déchire un lien dans le silence
On s'y accroche __ on le retient

Mais tout cela ne sert à rien
Pas plus l'alarme ou le reproche
Il nous faut bien rendre les armes
Couper la larme __ rompre l'attache

Si la distance est une broche
Où l'âme saigne la douleur
Le temps nous soigne et nous assèche
De la rengaine de ses heures

Que reste-il alors en nous
De ces instants __ de ces empreintes
De ces images demies floues
Plus vaporeuses que l'absinthe

Quelques sourires en grimaces
Au fond du cœur la nostalgie
Dont notre esprit à la magie
De ce qui fuit et puis s'efface

L'histoire en nous laisse ses traces
Et sur nos joues quelques sillons
Microsillon __ s'il te plaît __  joue
Un air ancien où l'on s'enlace


© Copyright Merle Bleu

jeudi 5 mars 2015

Autodafé d'un rêve

Pour m'envoler vers d'autres cieux
J'ai sciemment scié la branche aux rêves
Jeté au feu le bois précieux
Tari la source de la sève

Les yeux piquaient __ gris de fumée
De tous les vœux montant au ciel
Brûlait l'espoir non parfumé
Sa destinée sacrificielle

La plume libre de voler
Que restait-il de l'essentiel
Mes émotions à contrôler
Un abandon en potentiel

J'ai pris les cendres de tendresse
Mis leur chaleur contre mon cœur
Reçu l'offrande à mon adresse
De leur présence de douceur

Enfin __ j'ai déployé mes ailes
Mis dans mes mots la liberté
Sous un costume d'infidèle
Poussera-t-elle d'amitié

Un jour je sais un avenir
Où l'aube en forme de clairière
Eveillera dans sa lumière
Les mots d'amour et les soupirs


© Copyright Merle Bleu

Chair et tendre

C'était un jour d'anniversaire
Un soixante neuf moins dix bougies
J'étais tout seul et sans lumière
Une idée folle en moi surgit

Faire l'amour __ mais sous escort
Rythme pas trot réglementaire
Me débaucher dans l'adultère
Prendre d'assaut la place forte

Elle accueillit sans un vestiaire
En soutien gorge et bikini
D'un demi tour propriétaire
En avançant jusqu'à son lit

Présentations rudimentaires
Rien de subtil ou romanesque
Elle était nue et pour la chair
Me dit  "mon cher ôte tes frusques"

Un autre en moi ne pouvait taire
Qu'il s'amusait de l'aventure
Du dérisoire des postures
De l'incidence tarifaire

Elle essaya __ elle eut beau faire
Je sentais tout de cette horloge
Où les prémices l'on abrège
Au bénéfice d'une affaire

Sous ses tisons je fus de fer
L'âme d'enclume sous la plume
Elle ne sut me satisfaire
Malgré ses us et ses coutumes

Je fis des gestes de tendresse
Pris tout son être en compassion
Car ni son con __ ni ses prouesses
N'avaient de grâce sans passion


© Copyright Merle Bleu


mercredi 4 mars 2015

Aveu au vent de l'émouvant

A travers l'autre __ être radieux
En s'élevant __ cueillir au ciel
Une éclosion de merveilleux
De fond __ de forme et d'idéal

Accrocher tous les impossibles
A l'illusoire de ses songes
Bien malgré soi faire une cible
De ses visions __ de ses mirages

Pour la tendresse d'un partage
Tisser la tresse d'égoïsme
Vêtir la liane dans l'ombrage
Du bel habit de l'altruisme

Dans les méandres du sensible
Sont les rejets __ les abandons
Le souvenir des trahisons
Où se faufile le coupable

Je n'ai pas vu la tyrannie
De l'émotion et de mes manques
Au fond de Soi __ tu sais
Se planquent les démons __ les faux amis

Nous sommes d'âme et d'inconscience
Sans un sujet et sa parole
L'Amour décrypte les silences
En fait le Je __ de ses symboles

Désir envahissant
Ô vouloir haïssable
Grain de sable crécelle au cri crissant
Rayant le cœur indisponible

J'ai compris le pénible
Une vague d'erreur s'est noyée dans mes yeux
Flou inscrit __ de gris imperceptible
Au brun luisant de mes aveux

Vœux __ souhaits __ désirs __ attentes
Peuple d'ombres invasives
A vos chaînes nos draps ont des formes absentes
Surgit la plainte dans le vent __ vide ___ lente __  et émotive



© Copyright Merle Bleu

lundi 2 mars 2015

Dépassement de soie

Papillon bleu de nos désirs
Mille fois tu te brûles
Infatigable funambule
Entre le rêve et le plaisir

Entre ton être et la lumière
Cette barrière de douleur
Vole à tes ailes la couleur
En aquarelle de poussière

Papillon bleu regarde au loin
Vers l'au delà de la souffrance
Ne vois tu pas de ton enfance
Les mêmes sources de chagrin

Pauvre chenille en chrysalide
Dans de la soie vers la lueur
En déchirant __ s'ouvrit le vide
Sur les entrailles de la peur

Papillon bleu de tes ardeurs
Envole toi sans les blessures
Cherche la trace de ton cœur
A l'identique dans l'azur


© Copyright Merle Bleu

dimanche 1 mars 2015

Appel d'air

Plume __ plume sois légère
Au gré du temps __ au gré du vent
Voyage au souffle du levant
Vole frivole dans les airs

Plume __ plume soulevée
Oublie l'entrave __ oublie l'enclume
Pour chantonner et fredonner
Sans la voix grave où l'on s'embrume

Plume __ plume ne suis pas
Le long chemin de l'amertume
Sans les nuances l'on se noie
Au fond d'un verre sans écume

Plume __ plume de couleur
Ecriras tu ces mots de joie
Plume __ plume ô écris moi
Les mots volant vers le bonheur

Plume __ plume tourbillonne
Tourne __ tourne de douceur
Ne sois ni triste ni brouillonne
Danse les mots __ danse le cœur

Plume __ plume sois caresse
Du poids soulage et réconforte
Ouvre une port(e) __ porte tendresse
D'une allégresse enfin voltige


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