samedi 31 octobre 2015

Regard circulaire

Il était dans ses yeux tout l'amour de la terre
Les ruisseaux et les dieux
Tous les lieux merveilleux aux reflets d'un gris clair
Habitaient le profond d'un éclair de velours

Il était le reflet d'une source __ d'un ciel
Ce ruisseau d'éternel inscrit là __ tout au fond
Un courant d'affection spirituel et charnel
Ecoulé d'émotions au feuillage des cils

Au miroir de l'iris une unique planète
Au lever de pupille __ au coucher des paupières
Un soleil __ un éclat __ nuageux nage __ glisse
Suit le rêve à l'azur d'une étrange comète

Une lune et son voile incrustent la rétine
Aux confins de l'esprit les étoiles se gravent
En vies s'écrivent __ se dessinent
La plume trouble à la main tremble

Blanc de globe éperdu __ la dérive sans fuite
Aux visions enlacées aux destins traversés
L'espérance bercée est un songe pluriel
Eclipse du regard __ une suite d'ellipses


© Copyright Merle Bleu

mercredi 28 octobre 2015

Lune d'automne

Par tes chemins, Nature, au bras du temps la nuit respire une terre vivante, ventre fécond, arrosé par la pluie. Romarin, myrte, lentisque et immortelle, l'éther revêt robe d'arômes. Sous la chaussure un caillou roule, le bruit s'écoule, brève course, alerte et rebondit disparaissant dans le silence.

Cri remplissant l'obscurité, une hulotte accueille un monde à nouveau stable. Son aile vole et frôle les frissons du vent, sombre sur le ciel, occultant la Grande Ourse l'instant d'un clignement. Au firmament s'étend le scintillant profond de l'Univers. Miroir au sol un monde de lucioles abonde de lumières.

L'été mouillé a laissé place à la fraîcheur, odeurs de feuilles, humus, douceur humide. La mer est proche et calme, bercée au fond du golfe entre les roches et les langues de sable. Elle s'endort au mouvement de houle sous un plafond serein d'automne, loin de la foule et du tumulte.

Là haut, juste au dessus, une montagne veille, hirsute de forêts, sauvage de broussailles et de sentes secrètes, immobile silhouette de crêtes éclairée d'un halo, d'une aura grandissante. Offrande elle apparaît, éclat d'argent, disque d'ivoire, la lune naît ce soir encore. Ombres et décors se couvrent de fantômes et de formes furtives sous la lueur de lampe pâle.

C'est l'heure où le paisible règne sur le présent d'un songe opale, où la pensée s'allonge et lentement ferme les yeux sur les possibles.


© Copyright Merle Bleu

lundi 26 octobre 2015

Rêve et rictus

Elle a des rêves
Des rêves à deux dont nul ne veut
Pâle effacée
Elle regarde passer le train de ses pensées

Qui la voudrait à l'enlacer sans jamais se lasser
Pas un garçon ne peut la voir
Elle a cassé tous les miroirs
Et lézardé son cœur blessé

Elle a des rêves sans y croire
Et tout au fond de ses idées
Elle a construit sa tour d'ivoire
Un monde en gris __ sans la couleur et désolé

Elle a des rêves sans histoire
Qu'elle triture à en pleurer
Gestes d'amour __ corps esseulé
Tremblant de froid quand vient le soir

Elle a des rêves __ plus qu'assez
Elle rumine __ elle ressasse
Lèvres serrées __ spasme espacé
Où sont les fleurs de son sourire


© Copyright Merle Bleu

dimanche 25 octobre 2015

Liberté en sous-bois

Femme sous bois, parfum de mûre, les feuilles de tes mains me couvrent d'orangé. Je suis l'homme étranger qui dans tes bras murmure la chanson d'un pays où les reflets sont d'or. A chaque pas vers toi s'entrouvrent des clairières, sourires verts de mousse dont tes refrains m'habillent. Les oiseaux me babillent les couleurs d'autrefois où poussait l'innocence. Je foule ton humus, m'imprègne de ta terre, m'enivre de senteurs. Au creux de ta moiteur je me fais arbre et bois, les doigts tendus touchant le ciel criant plaisir et joies perdues.

De chaque sens j'explore la grandeur, je te contiens, tu me contiens là où le tout devient naissance. Enchevêtré de toi je suis caresse de ramure, l'histoire ancienne des blessures que le nous soigne. Au bruissement de l'air je m'abandonne, m'allonge au sol et te respire, trouve l'instant de tes soupirs que le vent me délivre. A chaque page de ton livre, j'entends le souffle de ta marche, je te dessine à mes côtés, je te sens là, présence inimitable.

Voûte de Toi, je suis dans ton feuillage, aux lignes des nervures, liseré de lumière au bord de tes contours. J'habite en toi, en tous les paysages où tu n'es que beauté, oiseau bleuté je vole, étend ma plume à ta nature, trouve un soleil au creux des reins vers un écrin d'atterrissage.

Déclaration de Je

Hors du temps __ des freins __ du quotidien
Là où le sens trouve sa place
Je reste et je t'attends
Rien ne me prend __ rien ne m'efface

Je suis ce lieu de ton espace
Où tu t'endors __ où tu te poses
Rien ne se doit __ rien ne s'impose
De profondeur ou de surface

Je suis ce nid fait de douceur
Où frêle oiselle tu frémis
Les yeux ouverts ou à demi
Ton coeur confiant contre mon coeur

Je suis savanne de lionne
Une étendue de terre rouge
Nu sous le signe du désir
Qu'entre les griffes tu me donnes

Je suis cet arbre et son feuillage
De sève et bois sous une écorce
La faiblesse et la force
Dans le murmure de ton souffle

En ce lieu sûr de la conscience
Où je suis couple et temple __ union sacrée
Que ce soit près ou à distance
N'oublie jamais __ Je suis


© Copyright Merle Bleu

samedi 24 octobre 2015

Au fil de soi

Fatalité __ Destiné __ Hasard
Que laissez vous de liberté
Ai-je le choix dans vos regards
Suis-je un acteur ou un jouet

Peut-être suis-je grain de sable
Pensant nager __ pris au courant
Désagrégé de pesanteur
Rebondissant sur les possibles

Suis-je privé d'aspérités
Si je me plaque ou bien m'accroche
Est-ce de force ou volonté
Petit morceau de roche délité

Autour de moi __ l'eau __ la rivière
Le féminin de mes pensées
Un tendre instant entre l'hier et le futur
Où la déesse vient danser

Si en ses bras une vague me pose
Que j'en épouse aussi la forme
Verbe et sujet d'un même terme
Hasard et choix les deux composent

Juste accepter d'un lâcher prise
Cette évidence __ elle s'impose
Nulle raison n'est plus de mise
J'aime d'amour __ en vers et prose


© Copyright Merle Bleu

Sur un nuage

Faire l'amour sur un nuage
Mousse des nues
Caresse douce et cotonneuse
Contre la peau être massage

Flotter entre ciel et vapeur
Horizon sans limite
Le corps sous la pluie de l'esprit
Sublime douche tropicale

Perché entre désir et idéal
Du masculin au féminin
S'enrouler de l'instant __ d'étoffe de satin
Sensuelle et rouge

Sentir __ du sexe au cœur
Essor __ une onde bouge
Lumière chaude envahissante
Source et fusion __ lente effusion

Monter encore __ voler jusqu'à l'union
Percevoir le Divin
Etre le vent et le soleil
Tout et moitié d'une merveille

Un Univers au creux des reins
Toucher l'azur et les étoiles
Dans un élan de quintessence
Lever le voile __ être le souffle de l'extase


© Copyright Merle Bleu

mercredi 21 octobre 2015

Battements d'ailes

Instant fragile
Ballet nuptial sur une fleur offerte
S'ouvrent __ se ferment les couleurs
Boire le suc __ risquer sa perte

Pour s'enivrer à l'éphémère
Battre des ailes les faux yeux
Espérer que les dieux détournent le regard
Que nul danger n'habite aux cieux

Plonger d'amour dans le nectar
En acceptant pour se nourrir
De faire confiance à son histoire
Vivre ou mourir __ oser la chance

Est-ce le vent qui vous emporte
Voiles poudrées __ multicolores
Le monde change et vous battez
Vers des contrées libres encore

Papillons bleus blancs et autres
Emotions folles de mon corps
Pulsions otages de mon ventre
Fermez vos ailes __ moi je dors


© Copyright Merle Bleu

mardi 20 octobre 2015

Equilibriste

Contre ta joue
Je suis enjoué __ en joie
C'est doux
Ce nous si plein d'émoi

Ca fait des mois et des années
Je crois
Que Toi et Moi se nouent
C'est fou tu vois

Ce long chemin cherchant ta voix
Impasses sans le pair
Les rues pavées sans ton pavois où l'on se perd
Nus sous la pluie de nos impairs

Ces nuits où l'on louvoie
Sans un regard
Au gris de chien et loup
Aigri __ hagard

Les journées sans entrain où les oreilles sifflent
Où la raison déraille en ne sachant que faire
Tu es venue sans crier gare
Femme du Nord portant la Paix d'un Paradis

A l'angevinne l'ange vole
Ce que le temps monopolise
Comme une abeille polénise
Le parapluie d'un tournesol

Savant mélange
Tes yeux pendules
Inventent mon horloge
Et je m'y loge au fil des mots en funambule


© Copyright Merle Bleu

lundi 19 octobre 2015

Au ventre de l'iris

Fleurit l'iris
Un éclat dans tes yeux
Flamme d'esprit
Immense précipice où l'âme s'abandonne

Somptueuse offrande d'un calice
Se donne heureuse
La floraison de l'être __ fenêtre
Source abondante et merveilleuse

A ce rond coloré
En papillon se pose
Le pastel de mes ailes
Formant pétales d'une rose

Breuvage de saveur
Voluptueuse est l'odeur
Alliance de nos corps
Au couplet de tendresse

Déesse souple des envies
Inassouvie corolle d'amoureuse
Sur le chemin aux herbes folles
Sois le multiple des méandres

Mon tout se mêle à l'indicible
Au ventre du désir
L'instant se fait capture
Possible de chaleur et suc

Femme dirige mon vertige
Vers ton parfum j'aime à me tendre
Lorsque tu t'ouvres __ me recueilles
Que je t'effeuille __ en gestes doux


© Copyright Merle Bleu

dimanche 18 octobre 2015

Saveur matinale

La tasse fume un café noir
Eveil à deux __ tendre silence
Voyage __ une senteur Arabica
Trace à l'instant son arabesque

La nuit lève le masque
Le rêve vole et s'évapore
D'un refet d'or dans le regard
Dans l'émergence d'un sourire

Arômes __ les portes s'ouvrent
Les mille nuits __ au fond des yeux __ dansent la soie
Palais d'Orient
Le mystérieux d'un Toi et Moi

Moment paisible où le coeur dit
Scande le rythme des secondes
Etire l'être à l'infini
Sur un rebord d'éphéméride

D'un nouveau jour l'aube se love
Longue saveur __ lumière des papilles
En fond de gorge s'éparpille
Cette chaleur auprès de l'Autre


© Copyright Merle Bleu

vendredi 16 octobre 2015

Infiltrée

Un rocher amoureux
Immobile gris clair
Observait la rivière et ses reflets jaspés
Chatoyante chanteuse à ses flancs inondés

Elle était l'eau qui coule
Eternelle enveloppe
A sa peau chair de poule
Caresse fraiche et transparente

Une pierre et la source
Au silence assoiffés
Des envies courbes __ sinueuses
Partageant leurs surfaces

Une frange d'écume __ une frise de bulles
Pétillait d'un contact
Dans un geste de tact __ frissonnant préambule
L'eau glissait douce et plume

Minéral aux nuances platine
Aux inclusions bleues et quartz
Il tremblait de tendresse et patine
Sous les baisers de sable __ d'alluvions

A ses rêves d'union
L'eau souriait __ éclatante et mutine
Infiltrant les fissures
Jusqu'au coeur vermillon

Dans le centre en fusion
Nouveau cycle d'essence
Une larme de sels __ blanche et muette
Offrit à l'eau __ un jour __ naissance et connaissance


© Copyright Merle Bleu

jeudi 15 octobre 2015

Evaporée

Parfum __ mémoire d'une femme
Dans mes narines ce murmure
Chuchotement de l'âme
L'esprit s'envole en ses sous-bois

Froissement dans les draps
J'habite ce palais d'odeur
Ma maison est sa peau
Tout près __ serré contre mon cœur

Ses bras sont un feuillage de verdure
Elle est ma terre et mon humus
Herbe et mousse
Efflorescence d'un mystère

En moi l'essence glisse
Saveur aromatique
Mystique émoi d'une présence vaporeuse
Charmeuse offrande symbolique

Capture d'un des sens
Le nez s'enivre à l'infini
Distillerie de molécules
Forme une voûte ornée d'un péristyle

Splendide est l'édifice
Cathédrale d'absolue
Où l'être vogue dissolu
Offrant le rêve en sacrifice


© Copyright Merle Bleu

Matin d'oiseau

Un oiseau chante quelque part
Perce le noir __ cri de cristal
Un oiseau chante d'idéal
La nuit passée __ le petit jour

Notes velours et porcelaine blanche
La vie s'étire
Le son sautille sur les branches
Ruisselle en pluie de feuille en feuille

Un oiseau chante et se recueille
Le coeur au chaud entre les plumes
Un oiseau chante __ il aime
L'âme perchée frôle l'estive

Un oiseau chante __ un oiseau rêve
Le nid douillet __ le duveteux
La mélodie des jours heureux
Que la vie sème note à note

L'oiseau du bec strille et pianote
Dolce vita __ amore mia
Croches d'amour __ rondes de joie
Soupirs au vent __ air au levant

L'oiseau s'arrête et puis respire
Puise dans l'aube un dernier souffle
Sens sous son aile un devenir
Vers son destin siffle __ et puis s'envole


© Copyright Merle Bleu

mercredi 14 octobre 2015

Fleur de fantasme

A fleur de toi __ je suis
T'explore __ me découvre
Immense est notre monde
Il ouvre __ il amplifie

Nous sommes deux
Pour cette ronde à l'infini
La valse de l'esprit
Aux sources de nos ventres

Nous sommes deux
Dont chacun se remplit
Envie et abondance
L'énergie croit et nous dépasse

Unisson de nos traces
Je suis le verbe et puis l'écoute
Nous sommes deux je crois
De la même eau formant deux gouttes

Il y a toi __ il y a moi
Et puis ce Nous sur notre route
Croyance et foi
Repoussant les limites

En moi tu es la pousse __ un germe d'essentiel
Nous sommes deux tu vois
Dans un sous bois sur lit de mousse
Rêvant du ciel et ses chimères


© Copyright Merle Bleu

mardi 13 octobre 2015

Eclat de joie

Trop plein de l'âme
En moi la pluie de ton "je t'aime"
Coule un sanglot de sensations
Perce le mur de l'abandon

A marée haute déferlante
Je te reçois et tu t'écoules
Comme l'eau libre
Je te contiens au creux des mains __ indépendante

Ô mon Amour __ Ô magicienne
Tu es l'azur des émotions
Tu me bouscules __ me renverses
Averse de rayons

Soleil __ en toi je m'émerveille
Source et fusion
De mes contrées imaginaires
Le rêve a inventé ton nom

Eclaboussure de dentelles
Ton sel est trace de sourire
Vague de toi sur mon rivage
Mon corps en plages allanguies

Sable de joie
Ton eau m'infiltre et se dépose
Comble les grains de plénitude
Dans un éclat les yeux se noient

Rire en cascades
Au petit jour je te sais là
Mûre et muscade
Ô mon amour __ mon embuscade


© Copyright Merle Bleu

lundi 12 octobre 2015

L'envol des anges

Derrière un voile de pudeur
Un éclat de bonheur
Tes yeux
La beauté entrevue

Révélateur __ l'image croit
Soi devient forme positive
Lumière rouge
La foi du coeur

Deux attributs __ la même phrase
Phase et emphase
Dansent les lettres pour nous deux
Le verbe avoir sans aucun but

Être __ former le tout d'un Univers
Deux gouttes d'eau __ la mer
Ensemble __ en acceptant ce qui diffère
Atômes __ l'âme s'assemble

Essence __ une même douceur
Trace subtile et vaporeuse
Evanescente
Où nos soupirs prennent naissance

Plénitude attentive
C'est ce language allant vers toi
Où je m'engage et me rapproche
L'esprit ouvert sur l'amplitude

Nous écrirons de plume et corps
Le parchemin de nos espoirs
Une gravure de couleurs
L'or de nos mains __ Enluminure


© Copyright Merle Bleu

samedi 10 octobre 2015

Préface en silence

Ouvrir les yeux __ découvrir un sourire
Répondre avec le cœur d'un mouvement de lèvre
Se demander un temps si l'on est dans un rêve
Sur la page d'un livre où s'étire l'instant

S'éveiller d'un regard à la joie d'un visage
Y lire la tendresse __ un message de vivre
Tout au fond de pupille apercevoir une âme
Gravée dans le cristal d'un éclat de pampille

S'étonner d'être là __ à voir et découvrir
A suspendre son souffle au parfum d'une vie
Nu __ au rebord de l'envie __ perché sur un soupir
Être silence sans mot faint

Puis s'étirer enfin aux sensations félines
Griffer l'oreille d'un murmure
D'une phrase câline
Ronronner dans le cou la caresse du jour

De la patte en velours __ offrir
Entre charme et douceur
Le toucher de l'Amour
D'un matin __ où le parme s'effeuille


© Copyright Merle Bleu

vendredi 9 octobre 2015

Bouillon de culture

Dans la mare __ aux canards ils se passe des choses
Des fous rires et des couacs
Quelques plumes qui boitent
Sous les yeux du renard dédoublés de psychose

Dans la mare y a des oies
Dont le cul penche __ se déhanche
Cahin-caha __ pour du gras __ pour un foie
Dans des eaux pas très blanche

Dans la mare et au bord
Y a d'étranges volailles
Sans la poule __ au couteau __ découpant des œufs d'or
Cocoricos d'ego inventant l'éventail

Dans la mare et autour
Admirant leur image
Des crocos __ des vautours
Déchiquetant le temps sans en faire l'usage

Dans la mare au soleil
Y a aussi du bonheur
Quelques poussins du cœur
De fragiles merveilles

Et le chant des oiseaux
Là haut
Dans les arbres sauvages


© Copyright Merle Bleu

mercredi 7 octobre 2015

Témoin muet

                                Pris sur  le web



Lambeau de terre et de rochers
Joyau de verts de rouille et d'ocre
Broche accrochée en pleine mer
Liseré blanc sur fond de bleus

Ô Capu Rossu couleur sang
Lorsque le vent te hante et te tourmente
Es-tu montagne ou précipice
D'une plainte à l'à pic du Palu des remords

Presqu'ile issue des profondeurs
J'entends en toi __ bonds de mon coeur
Les soubresauts __ coups de granit
Lorsque la vague vient s'échoir

Etrange doigt d'un promontoire
Vaine griffure de l'histoire
Rouge écorchure
Déchirement de l'eau marine

Dans la torpeur __ aux mois d'été
Tu restes là figée __ vigie du large aux yeux épouvantés
Vêtu d'orange et de grandeur
En majesté __ sans un nuage

Sous le dernier des rayons d'or
L'azur fait taire un long murmure
D'une nature à l'aile qui s'endort
Dans le silence __ à ta hauteur

De là j'admire la splendeur
D'une surface immense et lisse
La paix __ la panacée du coeur
Glissant vers les étoiles d'un réglisse


© Copyright Merle Bleu

lundi 5 octobre 2015

Trajectoire

Deux gouttes d'eau
Pures formules transparentes
Coulaient un jour sur une pente
Sous les reflets de la lumière

Où iraient-elles ces deux gouttes
Sous quelle latitude
Traceraient-elles d'habitude
Cette coulure de leurs doutes

Deux gouttes d'eau __ la même pente
Que cherchent elles d'aventure
Vers où les mène leur descente
Sur quel chemin __ quelle rivière

Deux gouttes d'eau venues d'hier
Etincellantes de lueurs
Deux gouttes d'eau venues du coeur
Perle ou diamant __ bulles brillantes

Roulant du temps la longue trace
Où iraient elles pour s'unir
Gouteraient elles côte à côte
A la surface de leur charme

Deux gouttes d'eau vers le hasard
S'attirent elles
Se feront-elles trajectoire
Vers un relief où l'autre se décline

Deux gouttes d'eau ou d'opaline
Formaient leur courbe sinueuse
Ornemantée d'une arabesque
Deux gouttes d'eau presque aimantées

Elles goûtaient l'éternité
Au tremblement de leur désir
A l'attirance fusionnelle
Devenir mer ou océan

Deux gouttes d'eau dans leur élan
Deux voyageuses
Venues des zones nuageuses
Cherchant soleil vers le levant

Deux gouttes d'eau __ rien de géant
Embrassaient l'air et la poussière
D'un arc en ciel en s'irisant
A l'unisson de l'Univers



© Copyright Merle Bleu

dimanche 4 octobre 2015

Averse intérieure

Pleurer__ quelle importance
Laisser couler __ laisser partir
Hier s'efface de nos pleurs
D'un lendemain l'amour arrose

Rien n'est tout gris ni rose
La vie est aussi ce mystère
Si aujourd'hui nous porte en terre
L'envie toujours en nous repousse

Ce qui en nous cherche à souffrir
Passé coupable à expier
Ce sont nos monstres de papier
Que notre enfance a vu s'écrire

Pleurer __ aimer jusqu'à délayer l'encre
Noyer en soi les noms du manque
En effacer toute mémoire
Y déposer deux ou trois gouttes de couleur

Ne plus attendre __ ne plus croire
Ne pas chercher à tout savoir
De la rivière en devenir
Se contenter d'être la source

S'écouler seul à l'inconnu
En accepter la peur
Quitte à mourir encore
Jusqu'à l'ultime résurgence


© Copyright Merle Bleu

vendredi 2 octobre 2015

Impression de pluie

En nappe blanche elle déferle
Fripée d'argent
Tissu de vent serti de perles
Voile étiré sous les nuages

D'un long voyage elle est venue
Se déposer sur cette terre
Coton des nues
Effilochée de gaze

Frileuse à ce rideau
La colline se cache
Sensuelle forme sous la douche
Offrant ses pentes __ ses coteaux

Là sous la pluie  __ où l'eau pianote et coule
Entre herbe sèche et vieille mousse
La vie s'infiltre et dégouline
Trace un chemin vers les ravines

Chaque sillon __ chaque fissure
S'emplit des larmes d'abondance
Boit __ se ressource à ce murmure
Dont chaque goutte est une note

Le monde grise sous l'averse
Corps dépouillé de ses couleurs
Pâle émeraude en bord de mer
Dos crépitant l'éclat diamant de chaque impact

Clapotis frêle __ impressionniste
Scellé aux veines des rivières
Le sol et l'eau ont fait un pacte
Une vision aux teintes buissonnières



© Copyright Merle Bleu

Entre ici et ailleurs

Je vais mourir un jour
J'aurais voulu la nuit
Dans tes bras pour toujours

Je vais mourir d'ennui
J'aurais voulu d'amour
Au creux de tes fous rires

Au moment de partir __ ils feront un discours
Je resterai muet
Apocryphe hypocrite arborant un bleuet

Tout au bas de ma vie
Je signerai sans croire
A la larme factice __ aux regrets éternels

Je cueillerai l'instant __ sans couronnes sans fleur
Tout en priant qu'ailleurs
Aux Elysées vers ta couleur __ blanc comme un lys
L'esprit s'épanouisse à la largeur d'un long sourire


© Copyright Merle Bleu

Nus comme un vers

Dis moi je t'aime
Mon cœur se bat __ mon cœur explose
Apothéose
Dis moi je t'aime de tes rimes

Puis si tu l'oses
Fais le __ je t'aime
Tu le sais bien __ toutes ces choses
Que nos silences nous réclament

Sois le plus beau de mes poèmes
Une caresse où me décime
D'une allégresse ou bien d'un crime
Tes mots __ dans la beauté __ nus comme un vers

Si dans tes bras __ tige et soupir
Corole ouverte de désir
S'épanouit la fleur offerte
Je ferai corps à ce qui bouge

Femme allongée venue d'un songe
Je t'aimerai dans l'herbe verte
Verge au verger
Saveur offerte d'un fruit rouge

Navire et toile loin des digues
Au toit de nuit de la nature
Je m'unirai __ ciel à l'étoile
Sexe et voilure au même rythme sur la vague


© Copyright Merle Bleu

Juste ridicule

Existons nous si peu que personne n'entend
Ce cri muré __ là __ tout au fond
L'abandon de la magie des choses
L'agonie de l'enfance

Elle meurt cette illusion __ sans fin
La fontaine innocence où naïves s'abreuvent nos racines
La terre s'assèche __ espace désert et craquelé
La soif a eu raison du rêve

Le temps humain s'écoule sec
Sans préserver __ sans moissonner
Le grain d'amour et d'idéal
Il est fauché et piétiné l'épi de songe

Enfant __ souviens toi de ce mot __ justice
Fais qu'il soit guide et le chemin
Ne l'oublie pas car il est tien
Le trait d'union entre tes frères

Frère __ frère __ serais tu sourd
Mon cœur est lourd __ tu n'entends pas
Tu te réduis et t'amenuises
Ne sachant plus  ce qu'est l'Amour

Tu t'en éloignes
Et je l'entends le bruit des armes
Les corps couchés dans les sous bois
La femme en pleurs __ le goût des larmes

Petits pouvoirs __ petits calculs
Ce sont les actes de nous grands
Gestes discrets __ abus flagrants
Pour nous grandir __ saurons nous voir ce ridicule


© Copyright Merle Bleu