jeudi 30 avril 2015

L'empreinte d'Orphée

Nuages pâles
Flotte un drap bleu à la dérive
Hier efface les étoiles
Aujourd'hui traîne un voile d'anciens rêves

Un trait de craie s'évapore à l'azur
Déchire en deux le temps tracé
Moitié d'espace et son passé
Percé d'un zinc à toute allure

Palette douce aux tons pastels
Un nouveau ciel apprend sa place
A la lueur de ses nuances
Lançant des flèches de cristal

Star affaiblie de ses désastres
Cœur élimé en tranches rouges
Vers l'horizon où rien ne bouge
Vois tu l'éclat défunt d'un astre

L'esprit encré au fond d'une matrice
Chaque nuit je renais __ clone d'hier
Orphée déchu sans Eurydice
Cherchant l'Amour __ pendu aux portes d'un enfer

Journée ridée __ ma vieille actrice
A l'ébréché de ton sourire
Sous l'éventé de tes soupirs
Viens m'éblouir encor d'un don factice


© Copyright Merle Bleu

mardi 28 avril 2015

Orée d'une nuit de pluie

Il pleut
Il pleut depuis des heures
Chaque goutte qui tombe
Résonne en moi __ à l'intérieur

Il pleut des larmes de mon cœur
Je les retiens
Demain sera meilleur
Oui __ demain ce sera  bien

Il pleut __ il pleut mon cœur
Un passé diluvien
Des jours sans le devient
Sans ampleur et sans charme

Il pleut des larmes
Vers où je vais et d'où je viens
Que je m'éveille ou que je dorme
Le son des gouttes me parvient

Lorsque j'oublie __ tu me reviens
Une chanson __ plume et refrain
Gouttes de pluie __ je me retiens
Malgré le doute de mes nuits

Une eau s'écoule __ elle s'enfuit
Au long des jours  de long ennui
Il pleut des rêves de mots gris
Des songes d'or __ encor __ s'en évaporent


© Copyright Merle Bleu

lundi 27 avril 2015

Force 4

D'où vient le vent
A-t-il fuit la tristesse
Ebroué __ quelques larmes de pluie
Qu'il verse se sauvant

D'où vient le vent
Lorsqu'il sort de la nuit
Nous gifle de caresses
En bourasques de vie

D'où vient ce vent __ dis moi
Porte-t-il à l'oreille
Des nouvelles d'un Toi
Qui me serait pareil

Ce n'est que vent ma foi
Dissipé dans les airs
Il souffle et n'a que faire
De l'amour __ de la joie

Du vent __ un courant d'air
Traversant l'horizon
Dispersant les frissons
En rides sur la mer

Où va le vent dis moi
Est-ce loin des galères
Est-ce qu'il m'emmènera
Là bas __ au delà des frontières


© Copyright Merle Bleu

samedi 25 avril 2015

Aspiration matinale

Trouble du corps
Elle éphémère
Lascive transparence
Entre tes bras parfois je danse
Je m'y endors et je me perds

Là __ sans amour
La solitude en évidence
Les yeux ouverts sur l'habitude
Lorsque se lève un nouveau jour
Je tends les bras vers elle

Pas un murmure ne viendra
Dans les draps __ en silence
S'est endormie d'absence
La belle de mes bois
Entre ces quatre murs

Alors tout doucement
Je me replie sur moi
Cherchant non sans émoi
Des profonds sentiments
Le souffle de chaleur


© Copyright Merle Bleu




Lettres à vos lèvres

Douceur virtuelle d'un baiser
Madame __ ici __ souffrez que je dépose
Juste un baiser c'est peu de chose
Mais c'est assez pour apaiser

Si sur le front vous souhaitez le poser
Prenez le donc __ faites en bon usage
Si d'aventure vous vous sentiez moins sage
Partout ailleurs alors osez

Osez l'amour __ il n'est que de passage
Il est le vent __ le souffle de l'esprit
Il n'a pas d'heure __ il n'a pas d'age
Dans son regard tout est compris

Si à mes tempes je grisonne
Ma peau encore a ces frissons
Ces envies d'ombres polissonnes
Pour une estampe à l'unisson

J'aime ces mains pleines d'histoire
Belles fugueuses des chemins
Où naît le charme des soupirs
Dont la jeunesse ne sait rien

De la folie j'aime ce grain
Que le désir met sous la peau
Lorsque les doigts jouent ce refrain
En mélodie au long du dos

Madame __ ici __ prenez ma prose
Ces quelques mots faits d'un baiser
Sur votre bouche aux lèvres roses
Laissez les phrases se poser


© Copyright Merle Bleu

vendredi 24 avril 2015

L'encre sous la surface

Encre entre deux eaux
Que cherches tu à la dérive
Aux grains de sable de tes mots
De pensées vagues intuitives

Cheveux d'algues marines
Balancez vous nonchalamment
Traine bercée par le courant
Flamme ondulante des abîmes

Vertes prairies ensevelies
Ouvertes au peuple des méduses
Poulpes du temps __ posidonies
Brassez la mer __ mains silencieuses

Entre vos doigts la vie s'accroche
Interminable intermittence
Au flot des phrases s'effiloche
Les métastases d'existence

Reines d'absence __ âmes sirènes
En fond de gorge __ au clair obscur
Rampent dans l'ombre des blessures
Peines perdues __ dents de murènes

En demi jour __ la tête noire
Souple nageoire __ éclats d'argent
Un banc suspend dans le mouvant
L'espoir serré de sars tambours


© Copyright Merle Bleu

jeudi 23 avril 2015

Un rêve sombre

D'une main endormie il caressait l'eau bleue
En surfant de la paume aux surfaces d'un rêve
Il traçait l'horizon __ ligne abstraite des yeux
D'où viendrait le futur entre espoir et dérive

Regard à l'aventure
Il espérait la grève
Pour que l'aube s'inscrive
En jeu d'ombre et lumière

Il inventait le monde
En pensées __ en images
L'infini d'un voyage
Sur des rives limpides

Il était dans les eaux
Habitait dans les airs
Volant l'âme légère
Etrave ouvrant les flots

L'aile tendue au ciel offerte
Il attendait du vent
Un souffle de l'alter
Sourire à son levant aux étendues désertes

De vague en vague et vaguelettes
Sur la mer il voguait
Lui et d'autres en nombre
Silhouette absorbée __ délavée et muette

Sous les rires des mouettes
Une coque en eau sombre
De cadavres s'encombre
A nos larmes désuètes


© Copyright Merle Bleu

mercredi 22 avril 2015

Aux profondeurs du silence

Les mots se posent
Blancs cristaux de silence
Ils dansent
Sarabande du vide

Surface craquelée
Une pensée se fige
De sons écervelés
Où l'homme glisse ses vertiges

Lèvres humides
Chaudes portes closes
A la crevasse d'un sourire
Un songe s'évapore

Emmitouflée dans le présent
L'âme s'entoure de chaleur
Elle ressent
Ecoute un souffle __ entend le cœur

Rejoint l'amour et la douceur
Veuve émotion __ peine secrète
Plaine absolue
Aux profondes rumeurs

L'Esprit quitte le corps
Vers la lumière entraperçue
D'une étendue calme et sereine
Entre un futur et la mémoire


© Copyright Merle Bleu

lundi 20 avril 2015

L'enfant et la mer



Bout de chou fascinée
Elle observe l'eau bleue
Découvrant de ses yeux
La belle immensité

Je lis en chacun d'eux
Toute l'intensité
D'un regard emporté
D'un rêve merveilleux

Clara mon cœur
Tu découvres la mer
Une part de mystère
Glisse en tes yeux rêveurs

Amour __ petit lutin
Tu découvres en silence
Au bord de ton destin
Un bout de monde immense

Du haut de ton enfance
Une vague à tes pieds
Dis moi à quoi tu penses
Dis moi __ petite fée


© Copyright Merle Bleu

samedi 18 avril 2015

La sirène des regrets

Au matin blême de regrets
J'ai fait un tour sur le vieux port
Les yeux perdus sur un reflet
D'une chaloupe et son corps mort

Moi j'étais seul sur cet îlot
Du désespoir de Robinson
Cette prison des idées noires
Sombres méduses sans radeau

J'étais la proie des calamars
Cœur aspiré de leurs ventouses
J'avais le blues __ une sirène
Chantonnait ivre à mon départ

Où ma migraine avais tu tête
Crâne serti d'un cauchemar
Un corps de femme sans nuisette
Offrait son rire en traquenard

Sous la jetée un long murmure
Se propageait entre les roches
S'insinuait dans les fissures
Mouillant les crabes dans leur cache

Gris dans le ciel un pâle reste
Un palimpseste de l'esprit
Inscrit au braille des étoiles
Disparaissait derrière un voile

Ombre et clapot contre la peau
Au petit jour s'enfuyait l'heure
L'Aube amoureuse de vapeur
D'une caresse couvrait l'eau

J'ai vu s'étendre la lumière
Nouvelle vie __ nouvelle histoire
La trainée d'or frôlant la mer
Sous le soleil ose un regard


© Copyright Merle Bleu

Double tour

Le cœur fondu au coffre fort
J'ai mis de l'or __ des mots précieux
Fermé la porte sur mes yeux
Où lentement l'homme s'endort

Plus de sanglots dans l'étang mort
De battements dans les secondes
Rien qu'un silence sur la lande
Un peu de vide au creux du corps

A deux cent lieues plus une ronde
Pas de quadrille ou pas de danse
Pas une brune ou une blonde
Au doux regard moi je renonce

Si elle existe dans ce monde
Elle sera cambrioleuse
Acétylène dévoreuse
Flamme allumeuse sans acide

Un peu de vide au creux du corps
J'ai mis de l'or __ des mots précieux
Le cœur fondu au coffre fort
Fermé la porte sur mes yeux


© Copyright Merle Bleu

Dans le courant des solitudes

Lorsqu'en nous glisse un sentiment
Infiltration __ goutte d'eau douce
Sans permission __ assentiment
Au fond de nous coule une source

Cette onde claire est un mystère
Elle est amour à l'état pur
Forme en nos cœurs une sculpture
De formes vagues __ éphémères

Lorsque nos flots doivent se taire
Ils sondent en nous __ en nos fissures
Ils s'y engouffrent délétères
Et nous inondent d'idées noires

Il faut ployer ou se noyer
Etre l'oiseau dans le courant
Se laissant libre de flotter
Etre héron ou cormoran

Accepter larmes et dérives
Etre troublé __ être emporté
Sentir en nous se qui se grave
De douloureuse éternité

Loin d'une plage et loin des rives
Se mettre en vol et s'isoler
Pour que la plume au ciel écrive
Quelques mots bleus ensoleillés


© Copyright Merle Bleu

jeudi 16 avril 2015

Méditation

A la limite du silence
Là où commence le désert
D'un no man's land où l'on se perd
Il est un guide __ une conscience

Les yeux fermés __ l'esprit ouvert
A l'intérieur est un espace
Une lueur __ une lumière
Une unité __ une âme en place

En cet instant où tout existe
Dans la pénombre lumineuse
Un essentiel en nous subsiste
Loin des lumières tapageuses

Présent __ ici et maintenant
Tu es en nous __ éclat de vie
Autour de nous et en dedans
D'une seconde à l'infini

Si je t'atteins __ si je te suis
En moi s'entrouvre un Univers
Sans les saisons __ sans les hivers
Un monde en paix __ loin des soucis

C'est dans ce lieu de lâcher prise
Où je prends sens et je m'allège
Temple de Soi __ terre promise
Toi qui m'apaise et me soulage


© Copyright Merle Bleu

Six O'clock

A l'heure où les oiseaux s'ébrouent
Le jour s'étire lentement
Chasse la nuit et se dénoue
D'une lumière au firmament

C'est l'heure où sourient les amants
Dans un regard ils se retrouvent
Pour se vêtir élégamment
D'une fourrure loup et louve

Dans la douceur __ entre les draps
Les corps s'enroulent de ciel bleu
Cherchent la peau __ ouvrent les bras
A l'arc en ciel du langoureux

Dans la lueur d'aube naissante
Leurs mains se disent des couleurs
Au long des courbes et des pentes
Suivant le chant venu du coeur

Paumes tendresse de l'aurore
Ils se dissipent de soupirs
De petits cris en petits rires
Au petit jour __ ils s'aiment encore


© Copyright Merle Bleu

mercredi 15 avril 2015

Parfum de femme

Douce griffure à la narine
En promenade des sous bois
Le long des haies
Bois de senteur

A la poursuite d'une odeur
L'Esprit s'envole
Entre la ronce et la douceur
Retrouve un goût sur les papilles

Selon le lieu
Selon l'humeur
Peau contre peau
Se déshabille
D'une fragrance s'enveloppe

Oeillée du cœur __ amour cyclope
Sais tu enfin ce qui t'envoute
De ce parfum en clé de voute
Vapeur au toit de cathédrale

Flotte dans l'air un idéal
La couleur sombre d'un fruit rouge
Où l'homme exulte dans un souffle
Ce que la femme en lui exalte


© Copyright Merle Bleu

mardi 14 avril 2015

Les cheveux de l'ange

En perle merveilleuse avant que tu te lèves
J'ai déposé un rêve en rosée sur tes yeux
Qu'une journée joyeuse à l'aube te soulève
J'ai déposé un rêve __ une histoire enjôleuse

J'ai déposé un vœu au coin des lèvres closes
D'une bouche charmeuse offerte à ton esprit
Au coin des lèvres closes au sortir de la nuit
Doucement j'ai posé le don de toute chose

Au soyeux des cheveux la fleur au creux des mains
J'ai offert au matin une idée du bonheur
Au soyeux des cheveux au chevet de ton corps
J'ai caressé encore d'un geste de mon cœur

Eveillé de bonne heure j'ai veillé ton visage
Lui cueillant un soleil en un bouquet naissant
Chassant de mes soupirs le moindre des nuages
Au ciel éblouissant d'un astre évanescent

Au ciel éblouissant je t'ai parlé mon ange
Je t'ai parlé mon ange et te réconfortais
Tes ailes me portaient s'envolant vers l'espoir
D'un espoir renaissant un rêve m'emportait


© Copyright Merle Bleu

lundi 13 avril 2015

Pandémie de sourires

Sourire __ Oiseau du cœur
Envolée rose
Partout où tu te poses
Tu germes de douceur

Sourire __ aux lèvres du bonheur
Tes dents propagent le semis
Contagieuses envies
Des rêves de blancheur

Sourire __ embellie d'une image
Ta ligne vole et papillonne
Fleurit au cercle des visages
En polissonnes opalines

Sourire __ encore
Jusqu'à plus d'heure
Ta source de chaleur
Est étincelle allumée d'or

Sourire __ sourire
Sois soleil et envahis
Les bouches bées et ébahies
Qui s'élargissent de plaisir


© Copyright Merle Bleu

Divagation aux sources

Ailleurs __ un appel au voyage
L'envie de voir et découvrir
D'autres lieux __ d'autres images
D'autres rivages se nourrir

Voler __ voler à perte d'horizon
Là où s'ouvre le rêve
La porte des prisons
Puis se poser __ léger __ sur une terre neuve

Au loin des pensées veuves
Sans rien avoir à perdre
Ne partager d'épreuve
Que celle que l'on encadre

Ouvrir les yeux __ aimer l'instant
Se fondre un temps au paysage
Trouver en soi ce qui est sage
Que l'on sait là __ depuis longtemps

Etre l'enfant pour se bercer
D'une douceur au gré du vent
Se fondre en lui __ tout comme avant
Avant que tout ait commencé

Recommencer en le suivant
Puisant du cœur tous les messages
Venus du beau __ de l'émouvant
En goutte d'eau sur le visage

De chaque jour faire une perle
Où se dépose la rosée
Savoir oser
Etre la vague qui déferle

Trouver l'amour et s'emporter
Loin des chemins artificiels
Au bout du monde __ au bout du ciel
Devenir ange __ hors de portée


© Copyright Merle Bleu

dimanche 12 avril 2015

Les profondeurs du lack

Quand les pensées ne parlent plus
Miroir __ les yeux se taisent
D'un clignement entraperçu
Un flou regard file à l'anglaise

Je ne veux plus de ces malaises
Dans un sourire hier a fui
Ses mots d'amour j'entends la nuit
L'eau __ dans les remous de la falaise

Malgré les cygnes en surface
La plume est lisse d'une eau blanche
Au fond de vase une âme penche
A coup de palme se déplace

Irais-je encor valser dimanche
Là où se dansent les canards
Bougeant du pied __ le coeur étanche
Entre les bras d'un traquenard

Au poulailler __ pas de renard
Des mouvements __ sans coups de dents
Juste du vent __ de l'illusoire
De la chaleur sans sentiments

Au déchiré de nos espoirs
Le temps __ passé en balançoire
Vient nous bercer de son horloge
Jusqu'à vouloir tourner la page

Mais au sortir de nos nuages
Existent encor quelques soleils
Si quelque part un ange veille
Tout ça __ n'est qu'un mauvais passage


© Copyright Merle Bleu

samedi 11 avril 2015

Levant des ruines

Mon cœur tassé entends le souffle
Profonde plainte des fantômes
Frisson des joues __ des veines creuses
Le son des âmes malheureuses

Sur le sweet home de nos ruines
Qui entendra ce qui s'essouffle
Dans un silence sans limite
Pensée courbée de peine souple

La plaine vaste dévastée
De ce que l'aube lui a pris
Crie de poussière et vétusté
Restes des rêves incrustés

Sous le soleil d'un sort écrit
J'entends ce non qui s'évapore
Le dos voûté sans corps à corps

Je suis l'amour simple d'esprit
Sous la caresse de l'aurore


© Copyright Merle Bleu

Eclats de mosaïque



Aux nouveaux jours l'herbe est coupée
Champs déguisés __ artère verte
Le temps s'écoule sous mes pieds
Par tant de choses recouvertes

C'est le printemps de mes automnes
Vivre l'instant __ la jouer cool
Malgré les rimes monotones
Où les gorges roucoulent

Ce qui nous manque et nous fait mal
Les mots d'espoirs __ les romans fleuve
Ces belles peines capitales
En veuves noires nous émeuvent

Clichés de pluie sur les pavés
L'image au loin se voile
Morceau d'histoire délavée
Temple de toile et ciel ivoire

Le pas pressé à perdre l'âme
Bruit d'une rame et valse jaune
Ticket perdu __ pauvre sésame
Regard fuyant d'un air atone

Reflet d'argent __ les toits de zincs
Pour la parade d'une nymphe
Brillent d'amour et de triomphe
Sous l'étincelle d'une étoile


© Copyright Merle Bleu

vendredi 10 avril 2015

L'arbre du coeur

Toi qui a peur et toi qui doute
Je sais en moi plus qu'une force
Je suis cet arbre sur ta route
Sève du bien sous une écorce

Sous mon ombrelle un jour de pluie
Tu marcheras d'un idéal
Un rêve inscrit au bleu du ciel
La main tendue vers l'infini

Souffle du corps et de l'Esprit
Ressource toi sous mon feuillage
Trouve la paix à son abri
Cueille les fruits de mes images

De ton amour en apanage
Le monde vibre de rumeurs
D'une douceur sois paysage
Où vient planer l'ombre du cœur

Tu marcheras __ je sais
Là où se lève l'horizon
De ces années où languissaient
Tous les faux pas de la raison

Repose toi encore un peu
Sur ton visage je me penche
Sous la sagesse de mes branches
La feuille effleurant tes cheveux


© Copyright Merle Bleu

jeudi 9 avril 2015

Le chant du corsaire

Le jour se lève
Pâles pastels
Course des ombres somnambules
Rêve au pinceau sur ciel opale

Sous les rayons
Mon cœur en boite
Dans le silence s'abandonne
Dissipant l'air et ses murmures

Recevras tu si je te donne
D'un vers opaque entre deux rives
Les mots de l'âme à la dérive
Sans les sanglots

Où est ma terre
L'abri perdu sur un îlot
Où l'aube espère une lumière
Une caresse de mystère

Mes yeux dispersent l'horizon
Mes vœux s'envolent
Frissons d'oiseau muet
A la recherche de chaleur

Tais toi mon cœur
Vieux perroquet
Tout contre toi mon âme boite
D'un souvenir sous les palmiers


© Copyright Merle Bleu

mercredi 8 avril 2015

Mieux que l'or

Quand disparaissent nos regards
Le temps s'écoule et ses reflets
Les vœux perdus __ les idées noires
Le cœur s'essouffle d'un soufflet

J'ai vu s'éteindre mes images
Mes yeux d'amour et de tendresse
Dont le miroir n'a plus l'usage
Seul __ il s'évade et se redresse

Tant pis __ si l'ombre me déchire
Si le bateau quitte le quai
Qu'un flot de peine me chavire
Qu'un vague à l'âme me soustrait

La porte claque vide au vent
Venue d'espoirs __ de courants d'air
Seul __ à remplir d'un évident
Je suis nuage et la poussière

Un flash en blanc __ l'éclair est griffe
En un instant l'émoi se fige
Chagrin en gris de photographe
Où l'écran glace le vertige

Verbe fugace __ un mot s'efface
Je sais le fleuve __ il me remplit
Malgré les rides de surface
Je sais un monde sous la pluie

Je garde en moi cette lumière
Cette parcelle de ma foi
Dont je suis sûr __ elle est en moi
Sous la brisure des paupières

Lorsque le rêve s'évapore
L'homme est ouvert sur son esprit
Reste de lui mieux que de l'or
Tout ce qu'il pousse dans un cri


© Copyright Merle Bleu

mardi 7 avril 2015

Un lien en or

Lorsque la vie nous abandonne
Qu'au fond d'un lit le temps se perd
Que nous vivons dans un désert
Sans rien attendre de personne

Nous avançons malgré les grains
Tout ce qui pique nos figures
Fait de colère et de chagrin
De nos chemins à l'aventure

La main tendue __ d'autres nous croisent
D'autres destins __ d'autres fêlures
Autant de traits sur des ardoises
D'ombres cachées entre les murs

Ceux qui n'ont rien nous donnent tant
Ils ont compris la vraie nature
Ce qu'entre nous est le présent
D'où naît l'espoir __ le mot futur

Dans la tendresse un lien se tresse
Qu'il soit d'Amour ou d'Amitié
Il est cet astre qui se dresse
Nous illumine tout entier

Parfois le soir __ fermant les yeux
Il nous relie __ il nous entoure
Il brille d'or et merveilleux
Dans un velours où je m'endors


© Copyright Merle Bleu

lundi 6 avril 2015

L'offrande du sommeil

Les yeux fermés sur le présent
Je me suis endormi dans les bras de l'Amour
Etais-je adulte __ étais-je enfant
Je l'ai sentie __ présence occulte tout autour

Ses bras m'ont emporté au dessus des nuages
Je m'envolais __ offert aux ailes de l'instant
J'étais un ange et rien n'avait plus d'age
En traversant __ tout doucement __ le mur du temps

J'étais léger __ en me laissant m'abandonner
L'esprit blotti dans la confiance
Je flottais libre __ heureux et pardonné
Trouvant bonheur et résilience

J'étais bercé dans le lit de l'enfance
Là __ dans mes bras __ s'endormait une femme
Je ressentais la chaleur de sa flamme
Tout en glissant dans l'inconscience

Je m'emboîtais dans sa présence
En étant pièce de puzzle
D'une tendresse sans distance
Venue en murmurant

"tu n'es pas seul"

Là __ sur mon cœur elle s'est couchée
Enveloppée de mon sourire
Sur son futur je suis penché
Je la regarde __ elle doit dormir


© Copyright Merle Bleu

dimanche 5 avril 2015

Boule de gomme

De mon enfance l'innocence
J'ai recherché les mots sucrés
Des mots écrits comme à la craie
Ancrés sacrés __ tendres secrets

Papiers mâchés à l'encre noire
Je me souviens __ petit bonhomme
Des malabars et des chewing gums
Rose éclaté à la figure

Où s'est perdu l'ancien Mistral
Dans notre bouche un goût acide
Ostie des jours de carnaval
Qui nous faisaient un œil humide

Ah doux réglisse __ vieille saveur
J'entends le bruit des Car en sac
Tournent spirales de noirceur
De moins en moins __ lointain tic tac

Coco Boer en poudre ocre
Trésor en or __ boite de fer
Rien que ton nom était mystère
Que nos grimaces venaient vaincre

Douce couleur de caramel
Caramba ___ je mords encore un Carembar
Eclat de miel dans un regard
Dans ma mémoire où tout s'emmêle

J'étais Batman __ roi des Batnas
Crémeux Kréma __ fraicheur Ho'mint
Le souvenir est sans limite
Rire en cascade des nanas

Mot de tendresse __ roudoudou
Ton coquillage était palais
Tout lisse et doux contre la langue
Sous la salive un lent message

Sur le cheval __ fou de mes rêves
J'ai ce galop ne cessant pas
De ces dimanches qui s'achèvent
Au son des fraises Tagada


© Copyright Merle Bleu

samedi 4 avril 2015

Miss terre

D'abord il n'y eut que la terre
Elle attendait celui à qui s'offrir
Passa un chevalier en guerre
Etincelant dans son armure

La terre y vit un beau futur
Qu'il était fier et élégant
Elle offrit perles et culture
Il fut luxure et négligeant

C'était un homme de combat
Il piétina __ la laissa morte
Un bout de rêve assassina
De sa violence et sa voix forte

Ensuite vint le paysan
Son pas suivait chaque saison
Il était lent et apaisant
C'était compter sans la moisson

Lorsque du blé poussa de l'or
Le pas de l'homme devint fou
Il l'exploita sans un remord
La laboura de bout en bout

Lorsque son  ventre fut stérile
Et sa surface craquelée
L'homme parti __ il était ville
Et la traita d'écervelée

Alors qu'elle était un désert
Il s'arrêta la contempler
Imaginant d'anciens prés verts
Là où la terre avait des plaies

Il en fût triste à déborder
Et dans ses yeux vinrent des pleurs
Tout son cœur fit une embardée
Et s'écoula tout en douceur

C'était un homme honnête et simple
Il irrigua la terre en fleur
En fit un temple ce poète
Où chaque jour est un mystère


© Copyright Merle Bleu

vendredi 3 avril 2015

Un homme à taire

Qui donc es tu  __ homme immature
Crois tu encore à l'idéal
Peux tu sourire à l'imposture
Alors que l'on t'a fait du mal

Dis moi pourquoi tu as des rêves
N'as tu pas peur de ces réveils
De ces matins la mine grave
Où la nuit pleut sur les soleils

Ne me dis pas que tu espères
Un nouveau monde de tes mots
A t'exclamer "nous sommes frères"
Crois tu vraiment qu'il fera beau

Toi l'écrivain véléitaire
Ne vois tu rien de la misère
Ne vois tu pas que tout est vain
Même les cris __ sur cette terre

Baisseras tu enfin les bras
Perdant la vue __ perdant courage
Comme un aveugle sous l'orage
Sous chaque goutte d'embarras

Oublieras tu les amourettes
Les mots d'amour et d'illusoire
Ton innocence et tes espoirs

"Je n'y peux rien __ je suis poète"


© Copyright Merle Bleu

Cri étouffé du coeur

Toi qui t'opposes à tout savoir
Qui veux détruire les idées
Rayer les vies d'un crayon noir
Sans jamais rien élucider

Toi qui brandit le nom de dieu
Parant d'obscur une lumière
Toi qui ne sais de tes prières
Que la violence et l'od-i-eu

Toi qui t'impose par la force
Armant ton bras de la terreur
Pointant de l'autre les erreurs
En commettant le crime atroce

Toi qui cultives dans l'outrance
Les mots de haine au fond du cœur
Distribuant ombres et souffrances
Pour entourer l'autre de peur

Es-tu sagesse __ es-tu folie
Tu es l'incarnation du mal
La monstrueuse anomalie
Ayant la mort pour idéal

Vous qui appauvrissez le monde
Lui préférez le bénéfice
Vous nourrissez la bête immonde
Et nous livrez au sacrifice

Humanité __ Peuple de terre
Ouvre les yeux __ affranchis toi
Préfères tu l'obscurité
Es-tu aveugle n'aimant pas

Nous avons tous encor le choix
Comprendre __ apprendre à nos esprits
D'unir nos voix d'un même cri
Pour que l'Amour soit au pouvoir


© Copyright Merle Bleu

jeudi 2 avril 2015

Coup de coeur

Emportés par l'amour __ prisonniers de nos peurs
Fracas et brouhaha enferment dans leurs bras
La douceur inaudible au milieu des rumeurs
L'oreille entend fureur __ un cœur lui se débat

Il bat perdant la voie __ furieux de ses humeurs
Erratique combat __ ses coups sont un message
Ce n'est pas sage un cœur __ ça rime de douleur
Ou rougit de couleur à l'envers d'une image

Ca n'est pas libre un cœur si de peur il surnage
Qu'il flotte dans le vague évitant les récifs
Déformé et pensif d'un courant qui le bague
L'encercle et le chahute agitant le naufrage

Ce n'est pas large un cœur quand l'immense le noie
Coquille d'une noix __ il tangue d'un sillage
D'un battement de cil __ imbécile sans age
Habile au babillage __ errant au B A BA

C'est inondable un cœur à s'ouvrir sous la pluie
Ca vie sans parapluie __ se mouille sous les pleurs
Ca aime avec ampleur __ pardonne d'un soleil
S'émerveille et rayonne aux sources de chaleur

Ca rêve d'un envol __ d'un souffle dans les airs
Ca roule et batifole effleurant l'herbe verte
Par la fenêtre ouverte aux rires et parfums
Caressant de la main aux quatre coins du trèfle


© Copyright Merle Bleu

mercredi 1 avril 2015

Source et chaos

On ne s'abreuve pas à l'onde languissante
Le goût s'en évapore au fil des trahisons
Se nourrit de buissons aux épines blessantes
La surface émouvante y cache une prison

Debout sur son rocher il regardait la mer
Cette folle enragée bouillonnante d'écume
Il contemplait la haine et les flots d'amertume
Se sentant étranger à toutes ces colères

Se calmeront un jour les combats de naguère
Le sans coagulé aux blessures d'absence
La floraison nouvelle ouverte sur le sens
S'emplissant du frisson des parfums de la terre

Tout était un mystère __ à lui __ ce passager
Messager suspendu entre hier et demain
Avec des mots d'amour en guise de repère
Il égrenait son cœur __ jalonnant son chemin

Le vide entre les mains il attendait son heure
L'Univers à remplir aux sources de l'esprit
Celle de la sagesse aux charmes intérieurs
Le silence des cris __ la paix __ la fin des guerres

La vie est un torrent __ une vague puissante
Où parmi les remous __ la brûlure du sel
Se nourrit le destin de nos formes naissantes
Dans le fracas du temps jailli de l'étincelle


© Copyright Merle Bleu