jeudi 30 mai 2013

Braderie




Dire ! Mais dire quoi ?
A qui ?
Retour en solitude,
Morceau de soi perdu.

Rechute en hébétude,
Comme un écho à l'abandon,
Cri de tendresse en négatif
A la noirceur en demi tons.

Échec en couverture !
Castration d'un possible !
Images rayées, ratures,
Biffé, baffé, plus de futur.

La vie s'éloigne comme un train,
Pas de billet à l'avenir,
Juste un présent qui se composte
Et quelques restes d'un Cognac.

Images floues de nos postures
Et le micmac de nos mimiques,
Bien des questions sur l'imposture
Et du chagrin comme un chat gris.

Don de caresses chez Emmaüs,
Et tout l'amour que j'ai en stock,
Et la douceur sans équivoque,
Prenez ! Prenez, elle est d'époque !



© Copyright Merle Bleu

mercredi 29 mai 2013

Non sens



Papier crayon contre violence
Et la pensée comme une alliée,
Gribouiller noir, combler l'absence
Et méditer, trouver un sens.

On voudrait croire
Et préserver la flamme
Garder l'espoir comme un guide
Mais c'est le froid celui qui gagne.

Qu'est-ce que mentir ?
Serait-ce un jeu,
Une inconscience sans enjeu,
Ou bien du "je" la fioriture ?
Où est le toi s'il est sans "je" ?
Juste un morceau de songe ?

Dis moi, vers où tu fuis,
Quel est ton sens sans repère,
Où est la chance si tu te perds
Ou si tu suis ton ennemi ?

La peur en toi fait sa tanière
Et toi tu en bordes le lit,
Tu es geôlière de tes délits
Et prisonnière.

Je veux t'aider,
Tu vis coupable ou menacée,
Tu te retranches du vivable,
Et moi je ne suis pas ce jeu,
Chacun de nous est "je".

Le vide avide ronge
Nait la douleur de toi sans "je",
De "je" sans toi.

Demain ce seul sera ma route,
Moi claudiquant, toi incomplète
Et nos émois seront de doute.

Peut-être étais tu le bonheur
Celui qui se brûle en fétu.
Aujourd'hui, toi tu t'es tue,
Et moi je marche sans ailleurs.



© Copyright Merle Bleu

mardi 28 mai 2013

Mauvais augure



Il tourne haut, fixant des yeux, 
Guettant le rayon d'insouciance
Ou les amants riants, joyeux.
Il tourne, étrange circonstance.

Il plane, d'ombre au bleu azur,
Repérant la moindre clarté,
Frissonnant d'un sombre murmure,
Aux apparitions de gaieté.

Il est menace en fil d'épée
Et se profile sans la grâce,
Éclair dans le ciel de l'été,
Éclat mortel au froid de glace.

Il a les serres d'un rapace,
Le coup de bec dur, décisif,
Le désespoir luit à sa trace,
Couleur noire, plume de suif.

Visant sa proie il fond au cœur,
Laisse en la bouche le goût acre,
Brisant la vie en simulacre,
Son nom maudit est le malheur.



© Copyright Merle Bleu 

vendredi 24 mai 2013

Ode au ludique




Jouer

Joue contre joue, air intimiste,
Comme si demain n'existait pas.
Jouer à pique un cœur d'artiste,
Mélodie calme au creux des bras.

Jouer

Comme le clown seul sur la piste
Lorsque la foule n'applaudit pas.
Jonglant sa vie, disant "j'existe"
Tournant le dos à ses "faut pas".

Jouer

Comme se jouerait le tragique:
En profondeur et à mi voix.
Vivre en accords asymétriques
Lâchant du lest à nos "je crois".

Jouer

Tel un aveugle dans la brume,
Palpant l'image à son écho,
Corne braillant son amertume
Où tous les maux sont sans égaux.

Jouer

Une musique de flûtiste
Éclats de quartz livrés aux cieux
Quand l'absolu sonne et insiste,
Un joyau brille au bord des yeux.

Jouer

Jusqu'au banco de nos toujours
Redonnant vie à nos rivages
Et de la rage à nos envies
Jouer, mais juste et sans détour.

Jouer

Encore et par amour.



© Copyright Merle Bleu

jeudi 23 mai 2013

Moyen age



La porte trop ancienne
Résiste sans s'ouvrir,
Renfermant de la haine
Ou l'envie d'en finir.

C'est une émotion close,
A deux pas de conscience,
Colère en overdose?
Sentiment d'impuissance?

La tension est palpable:
Neurones en sévices,
La vie telle un long câble,
Flottant au précipice.

L'enfant ce funambule
Voudrait baisser les bras,
Oscillant il bascule,
Titubant de pourquoi.

Ses parents ne sont plus
Cette source d'amour,
Ils sont anges déchus
Angoissant le velours.

Les questions, les réponses,
Ce gosse ne les voit pas,
Juste un réseau de ronces,
S'accrochant à ses pas.

Le vide évide et sape:
Glisser comme on renonce?
A l'ouverture de trappe,
Tu voles ou tu t'enfonces.

Céder à ce vertige,
Chuter où tout s'arrête,
Ce gamin de dix piges
Sent tournoyer sa tête.

Entre son Roi bourreau,
Et sa Fée effaçable,
Il ne fait plus bon vivre
En son château de sable.



© Copyright Merle Bleu

mardi 21 mai 2013

Amore



Froufrous en nylon noir
Caresse sur ta peau
Courbure de ton dos
 Ivresse de l'ivoire.

Corolles de tes seins
Un souffle doux les fripe
 Envolée de satin
Tes deux mains qui s'agrippent.

Cambrure de nos reins
Attirance subite
Chaleur dans un l'écrin
Habitat troglodyte.

"Encores" et "enfins"
La flambée de délices
Nos corps criant la faim
La fringale nous hisse.

Éperdus et en nage
Nous montons à l'assaut
Brisant toutes les cages
Attisant les sursauts.

Crispation de nos sens
Moment tant attendu
Nos cris en indécence
O mort, sois bienvenue.



© Copyright Merle Bleu

lundi 20 mai 2013

Unicité





Les larmes de ton cœur vont bientôt se sécher,
Ces cris d'amour en pleurs versés près du tilleul,
Ces torrents de tristesse en ondes déversées.

Enfant, prends donc ma main, tu vois, tu n'es plus seul.

Ce goût de trop salé qui brille sur tes joues
Ces pourquoi qui résonnent en écho dans ta tête
Cet air bien trop sérieux à l'age où d'autre jouent.

Enfant, prends donc ma main et déclarons la fête.

La vie t'aura volé des années d'insouciance,
Incrustés dans ta peau les sons du mot douleur
Et le profond du vide où se blotti l'absence.

Enfant, prends donc ma main et oublions la peur.

Tu as connu aussi ce qu'on nomme violence
Cette source d'horreur qui dévore le monde
Et jette la terreur aux portes de l'enfance.

Enfant, prends donc ma main et dansons une ronde.

Du désir tu as bu la parfaite innocence
Recherchant le plaisir au tendre goût de pomme
Mais aujourd'hui encor tu es privé de sens.

Enfant, prends donc ma main, nos deux cœurs, un seul homme.




dimanche 19 mai 2013

Futurose



Le jour se lève en aube rose,
Cinq minutes seront la dose,
Brève lecture à nos mots roses
Et puis l'attente où je maudis.

Est-ce que la vie sera nos proses ?
Ce temps compté fait de sclérose,
Ce temps perdu sans touche pause,
Cet inaudible en prosodie.

M'en voudras tu, Amour, si j'ose
Dire que mon coeur se névrose
A ne pouvoir battre symbiose
Au rythme du temps qui nous fuit.

Je sais, mes vers se font moroses,
C'est de la faute à pas grand chose,
A ces silences en nécroses,
A ces distances de nos vies.

Alors je m'enroule en narcose,
Sommeil évidé de psychose,
Corps endormi, paupières closes,
Recours ultime en paradis.

En ces instants renaît l'osmose,
Le rêve en douce apothéose.
Entre tes bras je les dépose
Ces lendemains qui nous sourient.



© Copyright Merle Bleu

Like a Virgin




Superficielle destination
D'un monde d'avoir, d'un monde d'illusion,
Frustration sans exception.

Objectif double ration,
Facteur de considération,
Vouloir sans la raison.

Ravage de la rage
Violence du pillage,
L'humain saccage sa cage.

Objets d'obsession,
Sujets en négation,
Animal en perdition.

Des destins se fracassent
Au rabais à la masse
Fossoyeurs de carcasse.

Amertume d'un monde
Où personne à la ronde
Ne se tient par la main.


© Copyright Merle Bleu

vendredi 17 mai 2013

Convoi nocturne





La lune est ronde pâle
Et les nuages paquebots
Glissent sans une vague
Ourlés d'un blanc sillage.

Figures de coton noir
Effilochant leur peau
Ils filent dans le soir
Destination ailleurs.

Flottant leurs idées noires
En volutes vapeurs,
Pluvieux cortèges pressant le pas
Acheminant leurs larmes.

Le clair soudain se noie,
Le sombre le submerge,
Un brusque instant d'effroi
Absorbe la lumière.

Mais le souffle s'entête
Et déchire le voile,
Majesté de cet astre
Où l'ivoire reflète.


© Copyright Merle Bleu

jeudi 16 mai 2013

Les damnés



Ce sont âmes blessées à l'esprit asservi,
Des bêtes apeurées renonçant au destin,
Existance en attente à l'ego affaibli,
Des êtres minorés sans envies et sans teint.

Ces esprits sont plaintifs, aux "je veux" incertains,
Personnages fautifs attirant les sévices,
Eclopés d'une vie leur ligotant les mains,
Condamnés à perpette au nom du sacrifice.

Ce sont fantômes gris dont la vie est mouroir,
Non vivants invertis s'abreuvant au goût âpre,
Il rodent en sursis en s'habillant de noir,
S'abritant des lumières et se drapant de sombre.

A l'approche du soir, leurs sourires sont tristes,
Leur yeux ont le reflet des années de souffrance,
Leur présent est cerclé de rites masochistes,
Et leur chemin n'est plus qu'une trop longue errance.

Pourtant parfois l'un d'eux est touché par la grâce,
Et comme par magie ses plaies sont cicatrices,
Le vouloir, d'un revers efface bien des traces
Et la douleur n'est plus qu'une vilaine actrice.

Quand vous les rencontrez au détour d'une route,
Tendez leur donc la main car ils se sentent seuls,
Ils sont vos sœurs, vos frères et périssent de doute,
Lire dans vos yeux l'amour, c'est bien là ce qu'ils veulent.


© Copyright Merle Bleu

mercredi 15 mai 2013

Guère de mots




Ah si mes mots étaient rapières

Ils trancheraient au lieu d'absoudre,
Les paltoquets mordant la terre,
Et j'aurais hâte d'en découdre,
Fendant leurs codes et leurs barrières.

Ah si mes lettres étaient de feu

Je brulerais leurs oriflammes,
Il ne resterait plus de gueux,
Cramés, disparus les infâmes
Que le pouvoir rend adipeux.

Ah si mes vers étaient des balles

Elles siffleraient à leurs oreilles
Ils trembleraient de leur teint pâle,
Les mains crispées sur leur oseille,
Le ricochet serait fatal.

Ah si mes vers étaient canons

Ils frapperaient à l'arbitraire,
Ce qui est vil, ce qui est con,
Et les faux culs ils feraient taire,
Voleurs, gredins, coquins, larrons.

Oui, mais mes vers ne sont que verre

Et si leurs mots parfois scintillent,
Ils sont fragiles et désespèrent,
De voir nos vies de pacotilles,
Nourrir des bouches de pervers.


© Copyright Merle Bleu

mardi 14 mai 2013

Perspective



Ce soir les démons se sont tus
Leurs fourches ne sont plus caudines
Leurs flammes brulées en fétus
Soufflent figées sans paraffine.

Privé de leur piques je sombre
En délicieuse somnolence
Sous le feuillage d'un bel ombre
Où je me berce en leur absence.

En inconscience je me plonge,
Comme le mont dans les nuages,
Nuées cotonneuses des songes,
Le temps tourne et tourne les pages.

Sur une branche pose un ange,
Comme le rêve me tient chaud !
Et son sourire est bien étrange,
Est-ce une femme, est-ce un oiseau ?

C'est une plume d'eau et cendre
Où la douceur fond en mélo,
A ses rémiges je veux tendre,
Sans me répandre en trémolos.

A son esprit je veux m'unir
Vibrante estime en diapason
Forger la ligne en devenir
Passer la vie à l'horizon.


 © Copyright Merle Bleu



lundi 13 mai 2013

Confettis



Ce soir les mots n'ont pas de goût.
A les avoir trop mâchouillés,
Il sont mots fades et dégout,
Ravalés âpres et mouillés.

Je fuis ces mots dégoulinants,
Trempés de pleurs trop salés,
Des mots coulés de peu d'ampleur
Aux sons croisés négligemment.

Ce soir pour l'heure ils sont mots dits
Et ces maudits sont ma douleur,
Mots musiciens jouent interdits
La mélodie d'un air ancien.

Jolis détours connus par cœur,
Si sans souci la rue, la cour,
Du lit des jours j'ai la rancœur,
Oblitérant, j'oublie toujours.

Je cours, j'accours et je m'essouffle,
Dernier recours sera mon cri,
Le pâle écrit de mon amour
Où le velours se refait râle.

Je crie, je gueule et je vous saoule,
Car dans la foule je suis seul
Jetant les mots en festival
Au carnaval des esquimaux.


© Copyright Merle Bleu

samedi 11 mai 2013

Courant vital

Le passé simple sans possessif,
Lueur blême et sans régal,
Caresse sang, crissant récif,
La marée blesse et c'est létal.

Poussée des leurres en massif
Fausses couleurs et clap étale
Douleurs en flaques, c'est progressif,
La vie s'étire et se fait pâle.

Triste jardin artificiel
Où la vie sombre prisonnière
En bruns remous sacrificiels,
Bouche béante où mendie l'air.

Mais c'est non loin qu'est la rivière,
Tumultueuse à nos désirs,
Onde fougueuse et libertaire,
A son aval en devenirs.

Des rochers lisses où l'on s'agrippe,
Les flots nous prennent, nous emportent
Et ces secousses sont nos flips
Et nos envies présumées mortes.

De toi je rêve et d'embouchures,
De la froidure mise en trêve,
Parfums frivoles et doux murmures,
Et vers ta grève je m'envole.


© Copyright Merle Bleu

Solo party


You're gone
It hurts to know
You're gone,
Playing solo

My everyday is full of fears
Nothing to will___nothing to fight
Pours my cofee so full of tears
Drowned my pleasure___drowned my delight

The world is grey
Faded colors
My sun's away
Stolen flowers

Clouds of despair through horizon
Hoping you're soon on the way back
My heart is rain for no reason
And I miss you so fool of lack.

You're gone
Raises sorrow
You're gone
Why is it so ?

The tide of love is gone so low
And flow of cries is useless
In darkness sky I hear the crows
Laughing away in bitterness

You're gone
Cab was yellow
You're gone
Off tomorrow

______
Tu es partie
Et çà fait mal
Tu es partie
Seule à ton bal

Mon quotidien est fait de peurs
Plus de combat et plus d'envies
Coule un café au gout de pleurs
Noyées les joies___les facéties

Le monde est gris
Couleurs fanées
Soleil terni
Fleurs envolées

Nuées détresse à l'horizon
La longue attente à ton retour
Mon cœur est pluie et sans raison
A cette absence en creux tambour

Tu es partie
Monte tristesse
Tu es partie
A quelle adresse ?

Marée d'amour se fait trop basse
Le flot des larmes n'y peut rien
Et l'amertume que l'on brasse
Les corbeaux noirs s'en foutent bien

Tu es partie
A pied___en train,
Tu es partie
Se noie demain

___


© Copyright Merle Bleu

mercredi 8 mai 2013

Le rêve



Je suis le rêve abandonné,
Images chéries ligotées,
De vos esprits je suis damné,
Pourtant je n'ai jamais fauté.

Même en le noir je vous éclaire
D'une lumière aux tons rosés,
Aux devenirs de couleurs claires,
J'accroche en goutte une rosée.

Je suis l'artisan de vos songes,
Le magicien des lendemains,
Le fabricant de pieux mensonges
Frayant aux désirs leurs chemins.

Pourquoi vouloir y renoncer,
La raison est déraisonnable,
Aux avenirs trop bien tracés,
Le ressenti se fait passable.

Je vous veux des feux d'artifices
Explosant le sang à vos tempes,
Un florilège en doux délices
A faire rougir les estampes.

Je sème à la fleur l'érotisme
En vos lits tristes délaissés.
De vos envies je fais un isthme
En d'adultères traversées.

Je vous emmène vers ailleurs,
En des endroits inaccessibles,
Là où s'envolent tous les cœurs,
Et où enfin tout est possible.


© Copyright Merle Bleu

mardi 7 mai 2013

Eclat intérieur



Je voudrais à tes pieds
Déposer l'éternelle jeunesse,
Promesse d'éternité
Pour calmer ta détresse.

Hélas je ne suis pas un dieu
Et n'ai pas ce pouvoir,
Mais regarde au fond de mes yeux
C'est là que renait l'espoir.

Tu verras un joyaux précieux
Ignorant de la marche du temps,
Compagnon de nos routes à deux
Dont la flamme éclaire en dedans.

Femme, ne vois tu pas ce brillant du regard?
On prétend que l'amour est aveugle
Mais il peut scintiller dans le noir
Et ses yeux savent bien ce qu'ils veulent.

Rien ne saura enrayer la mouvance des choses,
Se fane un peu plus chaque jour l'apparence,
Mais le coeur cultive du sentiment les roses
Et, là seul, est la fleur d'importance.

lundi 6 mai 2013

Croquer la pomme




S'étouffe le soupir d'une feuille d'automne,
Déplacée par le vent en limite de glace,
Et le temps loin s'enfuit que le souffle déplace,
Déroulant le tout blanc à l'enfant qui s'étonne.

Aux rayons du soleil cette blancheur s'efface,
Se réchauffent les cœurs à la peau qui frissonne,
De l'hiver la face ne laisse plus de trace,
Et se chauffent les draps où la main amie donne.

Un matin de ses fleurs, le printemps nous étonne,
Et réveille en nos corps une montée de sève,
Des pulls les boutons, la hâte se déboutonne,
Quand les amants, lutins, se fondent en tenue d'Eve.

La lune se nourrit de la nuit qui s'achève,
Etoiles dans les yeux le coquin se consomme,
Et la vie se poursuit à l'aube qui se lève,
Les dieux ont bien compris qu'il faut croquer la pomme.




© Copyright Merle Bleu

dimanche 5 mai 2013

Touché


Le doux des lèvres sur ma peau,
Cette chaleur qui se propage
Comme un frisson de dominos
Tout crépitant de ton message.

En la subtile transparence
Tes doigts écrivent une histoire,
Une désirable évidence
Sans la censure à l'encensoir.

Ruban de trouble au fond de soie,
Tes mains déroulent la tendresse
Et de l'amour tu te fais toit,
Une vestale, une prêtresse.

Le feu me fait un peu follet
A ce désir que tu attises,
Comme la flamme sous le lait
A la montée faite maîtrise.

Son de ta voix, le long murmure
S'écoule en moi sourd et profond,
Fendue en deux ma grise armure
Vague de fond, vague d'émoi.



© Copyright Merle Bleu

samedi 4 mai 2013

Coulure des yeux


C'était un homme en blouse bleue
Epouvantail au tableau noir
Individu petit de taille
Le désespoir de nos "je veux".

C'était un homme vêtu de noir
Qui en nos failles hurlait furieux
De lui, en nous pensait-il voir
Ce que sa vie avait d'odieux ?

C'était un homme en verte rage
Un coin d'enfance encore pluvieux
Au moindre doute tonnait l'orage
Et le courroux claquait, nerveux

C'était un homme qui voyait rouge
Et nous frappaient ses coups de sang
Il eut fallut que rien ne bouge
Que nos fous rires soient absents

C'était un homme couleur violence
Et sa pâleur était nos cris
Et nos alarmes et nos urgences
Nos vies carences sur fond de larmes

Était-ce un homme ? Était-ce un père ?
C'est un vieux
Et cette absence d'heureux père
Parfois s'écrit au fond des yeux



© Copyright Merle Bleu

mercredi 1 mai 2013

Croque au sel



Nos yeux se croisent sombres en brun
Et de nos soifs nait le sel,
Croquer ta peau est mon dessin,
Lier ton corps à l'essentiel.

Mes mains survolent ton esquisse,
Mes baisers se font aquarelle
Et sur tes lignes je me glisse
En libido couleur pastel.

Brille un sensuel Caran d'Ache,
Huile en couleur sur ta peau.
A coups de hanches, à coups de gouache
Ton corps s'écrit en pics assauts.

Comme brassé par une eau forte
Le blanc déchire enfin la toile
Et d'un dernier coup de pinceau
Nos yeux se voilent et puis sont clos.



© Copyright Merle Bleu

Faux mobile au mot phobie


Le bien le mal, je n'en sais rien,
Qui sont ces gens que tu détestes ?
L'amour gay, l'amour lesbien
C'est de l'amour ! Pourquoi ces gestes ?

Ces "vraies" valeurs que tu défends
Sont elles réelles ou si fragiles
Que tu ne permets pas au temps
De mesurer les impossibles

Si de ton vrai tu es si sur
Aies donc confiance en la raison
Et si tu n'es qu'une imposture
Alors dépose ton blason

La vie n'est pas intolérance
Nous sommes maitres de nos choix
Pourquoi les autres seraient outrance
Et ta volonté le bon droit ?

Le don d'amour n'est pas menace
Mais l'ignorance est un fléau
Restons à l'abri de l'impasse
En regardant d'un peu plus haut

A des options minoritaires
Doit on imposer un veto
Au nom d'une peur imaginaire
Envers la goutte dans un verre d'eau

La cruauté, la souffrance
Ne sont ni gaies ni hétéros
Et les douleurs de l'enfance
Me semblent ici avoir bon dos

Certains amours que l'on tolère
Restent à certains des maladies
Une atmosphère délétère
Une contagieuse incurie

Auriez vous peur d'être bi
En vos plaisirs en solitaire ?
Pensez-vous donc ayant deux pères
Que tous les Je soient interdits ?



© Copyright Merle Bleu