samedi 28 décembre 2013

Naufragé d'un mystère

Là bas, vers l'océan
J'ai rêvé d'un îlot
Et des bras en rivières
Sous la douceur du temps
Ondulante crinière
Caressant mes yeux clos

J'ai rêvé les oiseaux
Soulevant de leurs plumes
Un instant plus léger
Que les senteurs d'agrumes
Une envolée de maux
Sur des flots soulagés

J'ai rêvé ses mystères
Et les plus beaux trésors
Sur sa peau en cadeau
Comme une feuille d'or
Qu'une lèvre oblitère
D'un baiser en biseau

J'ai rêvé tous ces mots
Et bien d'autres encore
Enrobés de tendresse
Parfumés de nos corps
Et rendus fous d'ivresse
Et d'espoir en sursaut

J'ai rêvé ces mystères
J'ai rêvé tous ces mots
Et puis j'ai crié: terre ! Terre !
Disloquant mon radeau
Et l'îlot de poussière


© Copyright Merle Bleu

vendredi 27 décembre 2013

Inachevé

Je ne suis plus
Seul le temps glisse
Entre ces murs où je demeure
Moi l'homme esquisse
Non, rien n'est plus
Ou bien ailleurs

Seul le temps glisse
Et ce silence où rien n'existe
Juste la ronde derrière la vitre
Le lent tic tac des secondes
Où l'heure insiste
Rythme l'absence

Entre ces murs où je demeure
Moi l'homme otage d'une épure
Dont le visage n'est qu'abstrait
Pli d'un sourire en pointillé
Comme distrait
Presque oublié

Moi l'homme esquisse
La ligne infime à la surface
Toile d'énigme inachevée
D'un dessin triste
Où le temps trace et lisse
Un avenir à main levée

Non, rien n'est plus
Ni la distance et ni l'espace
Rien que l'instant qui me soustrait
Et puis m'efface
Plus un seul trait, plus une face
Je ne suis plus

Ou bien ailleurs
Un homme ébauche


© Copyright Merle Bleu

dimanche 22 décembre 2013

Oracle

Éclairage orangé balancé d'une flamme
Peau sur peau nos espoirs enragés
Aux envies de saccage en griffures du dos
Les blessures en fardeau et nos anges en cage

Pétrissure de glaise... Ah ! nos songes flétris
Ah ! nos lèvres fleuries renaissez en miracles
Là où le ventre racle et nos coques s'échouent
Pour un dernier malaise où vient gémir l'oracle

Message ! Ombre des corps au tracé de nos luttes
Silhouettes en rut où la mort rode encore
Et où la vie s'enivre aux pirouettes du sort
Exulte ! Au clapot des désirs, au rebord des falaises

Au silence d'un jour, à l'abrupt des mots
A ta bouche assoiffée d'une touche d'urgence
Je briserai le temps d'une ronde à rebours  
Et je serai l'aiguille à toutes tes secondes

Mouvance d'un ressac, sur la grève empourprée
Je viendrai déferler, enrobé d'une écume
Parfumé de ta lèvre et tout ce qui boulverse
Verse, embrasse et renverse en frissonnant de fièvre

Je serai l'avenir, les cheveux du soleil
Chuchoté à l'oreille ou murmuré d'un cri
Regard vers l'infini en un sursaut de mâle
Le râle d'un plaisir et mes yeux en aveu


© Copyright Merle Bleu

samedi 21 décembre 2013

Juste un grain

Je suis un grain de sable
Un éclat de silice, si lisse
Pas vraiment méprisable
Un petit grain de sable qui glisse

Si sur ta peau je pique
C'est que la vie me pousse
Et me gifle à l'oblique
Tout contre ta frimousse

A mesure du temps
D'un instant le complice
Je roule sur ta cuisse
Contre ton grain si lisse

Mais il suffit d'un rien
Pour que l'amour se grippe
Juste un grain, l'étincelle d'un jour
Une trace de flip

Sous le pas de la vie
Je crisse, jocrisse
Asservi d'un trépas
En liberté factice

Petit grain périssable
Il ne restera rien
Que l'indéfinissable
D'un souvenir au loin

Dans ma tête parfois
Comme un grain de folie
Une pensée pour toi
De la mélancolie


© Copyright Merle Bleu

vendredi 20 décembre 2013

End of mind



It's been ages, so long ago
Walking the streets
With no rainbow
Under the tears of purple thoughts

Grey was splashing with bitterness
And I was damp
And wet
And soaked and so much storm yet to await

It's been ages, so long ago
Knocking the doors
Trying to know
Searching the end of corridors

Light was flicking from metal sun
Moving shadows
Making them fight
And strike, round the corners of walls

It's been ages, so long ago
Since I've been caught
Down in the flows
Bloody gutter and muddy thoughts

It's been ages and yet it's now
Nothing has changed
Just tell me how ?
Here comes the end
Like a blue sky
Where I will fly, where I will know

It's been ages and I must go


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Le mur de la raison

Il y a longtemps, tant de grisaille
Au long des rues
La noire entaille
Saignait l'envie, les idées mauves

J'étais guimauve et couleur flasque
J'étais humide et vide
Et sous mon masque
Tellement d'orages en chrysalides

Il y a longtemps, tant de grisaille
A rechercher l'issue
A retrouver la passe
Explorer les impasses sans jamais avoir su

D'un filament scintillait l'astre
Où la pénombre
Venait battre
S'abattre, sombre désastre, pluie de décombres

Il y a longtemps, tant de grisaille
Emporté d'un tumulte
Embrassé de batailles
Caniveaux bruns où rien n'exulte

Il y a longtemps, mais ce présent
N'a pas changé
Pourquoi ? Comment ?
Enfin le soir
Comme un bleu dévoilé
Enfin voler, enfin savoir

Il y a longtemps, il est bien temps que je m'en aille


© Copyright Merle Bleu


jeudi 19 décembre 2013

Haltère et go

Existes tu sincérité ?
Loin des paroles convenues
Ce beau vernis des sociétés
Aux cons venus jouer leur rôle

On peut, bien sur, trouver ça drôle
La comédie du beau paraitre
Les fanfreluches qui vous frôlent
Leur symphonie de vouloir être

On y entend le même rythme
Cymbale ego, cent balle et go
La même danse, la même énigme
Où le nombril vibre en tempo

Et puis tant pis s'il est mensonge
Ce faux sourire qu'on nous adresse
La vie vaut bien sa part de songe
Et l'attention une caresse

La valse tourne et l'étiquette
Pour ces regards tant racolés
"Je" scélérats faisant la quête
D'une amitié prise au collet

Flattons la veuve ou l'orpheline
De l'avenir le consensus
Est recouvert de zibeline
Comme la peau sous les sangsues


© Copyright Merle Bleu

mardi 17 décembre 2013

Chuchotis d'un calme plat

Le soleil glisse et fane
Et meurt, là bas à l'horizon
Couvrant de plomb une mer lisse et plane
Filmée d'argent, onde déserte

Surface inerte et indécise
Ridées de brise, calmée de glace
Sous une lumière imprécise
Elle se prélasse en veines grises

Le jour s'enfuit dans les nuages
Fuyant les nues il se dérobe
Vers ces rivages inconnus
Aux mots amers ou xénophobes

La plage essuie une caresse
Geste douceur presque endormi
D'une eau paresse et vague
Aux odeurs d'algues bercées de nuit

Le ciel allume ses étoiles
Noir scintillant de clapotis
Blancs chuchotis né des écueils
Voilés de brume, ornés d'espoir



© Copyright Merle Bleu

lundi 16 décembre 2013

L'œuvre du crocodile



Perchée toute en hauteur, elle guette
Ombre muette au sommet des rocailles
Vigie sans un vocable, secrète
Dissimulant ses failles

Silencieuse, elle observe
Regard fixé sur l'horizon
La lente marche des saisons
Les vagues déferlant sur la grève

Sous les étés sable brulant
Sous les eaux diluviennes
Toujours, quoi qu'il advienne
Elle veille en s'écroulant

Offerte aux courants d'air
Exposée aux ondées
En grelotant ses pierres
Sur le sol inondé

Voilée, dissimulée
Elle est rêve et mystère
Murailles éboulées
Recouvertes de lierre

Forteresse ou masure
Aux blessures d'argile
Elle implore à l'azur
Le temps, ce crocodile


© Copyright Merle Bleu

dimanche 15 décembre 2013

Requiem au sapin blanc

Flux des reproches
Et proche en broche
Désirs exclus, reclus
Corps se décroche

Bataille, bataille
reflux d'entrailles
Refus d'entaille
Blessure épouvantail

Torts, retors
Tours et détours
Puis mise à mort
A contrejour

Cœurs anicroches
Armes dessus
Et coups de pioche
A des remords entraperçus

L'âme des fêtes défaite
Et faux semblants
Larme distraite
Discrète au sapin blanc


© Copyright Merle Bleu

samedi 14 décembre 2013

Dans les bras d'une femme

Dans les bras d'une femme
Duvet de notes en arpèges
Tendresse d'une gamme
Et mots de couleur beige

Dans les bras d'une femme
Au tempo d'une danse
Plus légère qu'un gramme
Venir poser la chance

Dans les bras d'une femme
Douceur, calme d'un piège
Napalm d'une came
La peur se désagrège

Dans les bras d'une femme
La peau en privilège
Un corps sans mélodrame
Fait d'une envie le siège

Dans les bras d'une femme
La rêverie s'épanche
D'un désir monogame
Un rythme qui déhanche

Dans les bras d'une femme
Et dans ses yeux peut-être
Voir sourire une flamme
Et puis la vie renaître

Dans les bras d'une femme
Tout au creux du bien être
Ouvrir une fenêtre
Et déposer son âme


© Copyright Merle Bleu

jeudi 12 décembre 2013

Rose de névrose

Vrille des sens, réminiscence
Cri d'une enfance où les yeux brillent
Et se referment sur cette grille
Sur la détresse d'un gamin

Alarme, monte une larme
Rosée de l'œil, mots difficiles
Débord de l'âme au bord d'un seuil
Roule, roule l'esprit, perle d'un cil

Pourpre du cœur, sang sangloté
Au fond des yeux l'instant se fige
Ronde en pétales rouges foncés
Sombre voltige et lent vertige

Sur le clavier file la goutte
Et la tristesse des idées
Mouille un caillou et puis ressasse
Brasse caillasse  sous le pied

Un ange passe et son silence
La nuit resserre son étreinte
Moment étrange où nait la crainte
Et cette angoisse où l'on s'étrangle

Gorge nouée les doigts se poissent
Sous les secondes engluées
Et la musique d'une ronde
Résonne au loin sur les graviers


© Copyright Merle Bleu

lundi 9 décembre 2013

Rire jaune

Marchant rêveur
Mois de décembre
Un temps douceur
Au matin bleu

Sur mon chemin soudain
Une inconnue dans le sous bois
Instant menu
Homme aux abois

Elle était grâce
Instant fébrile
Belle élégance
Parfum subtil

Son col hypnose
Robe à volants de couleur jaune
Instant pupille
Où l'œil se pose

Le regard brille d'un éclair
Tout s'accélère
Instant mystère
Tout crépité de mes papilles

Le corps écarte les fourrés
Un temps d'effort
La main se tend
Le doigt caresse

Et vient cueillir une déesse
Dame Girolle s'est livrée
Enchanteresse et chanterelle
Un temps frivole

Et puis le rêve aux nues s'envole
A cet instant de mon printemps:

C'était un couple de jonquilles


© Copyright Merle Bleu

samedi 7 décembre 2013

Sonne Nelson

Blanc ou noir, ton cœur est sous la peau
Enroulé le drapeau au soir de ton espoir
Sur tes dents blanches et ta peau noire

Notre glas sonne
Nelson ou Mandela
Notre glas sonne
Tu n'es plus là

A l'unisson de nos couleurs
Pour le fin fond de ta prison
Pour toute peur qu'on emprisonne

Notre glas sonne
Nelson ou Mandela
Notre glas sonne
Tu n'es plus là

Pour que la crainte on abandonne
Et que l'on donne cette étreinte
Pour qu'enfin l'autre nous pardonne

Notre glas sonne
Nelson ou Mandela
Notre glas sonne
Tu n'es plus là

Hier une aura s'est éteinte
Une âme sainte au blanc du drap
Un homme noir privé de teinte

Notre glas sonne
Nelson ou Mandela
Notre glas sonne
Tu n'es plus là

Et le monde est vêtu de noir


© Copyright Merle Bleu

vendredi 6 décembre 2013

Rêve d'un jour

L'aurore glisse et chasse et pourchasse la nuit
Évapore le gris en découvrant l'esquisse
D'un parterre étoilé où fume et perle en goutte
Dissoute de rosée la chaleur de la terre 

Dans un ciel en déroute arrosé de lumière
Dérivant l'orangé sur un fond blanc bleuté:
Les nuages lascifs, crinières de chimères
Où l'esprit vient flotter et s'absorber pensif

La colère d'un oiseau disperse dans un cri
Les silences d'hier, les rêves en morceaux
Parsème les débris sous quelques coups de bec
En vulgaire pain sec aux miettes écarlates

Et le soleil éclate affleurant l'horizon
Brisant de ses rayons le ciel et ses pastels
Déversant la couleur sur la mer endormie
Embellissant son lit d'une teinte turquoise

Comme une fleur se cueille, oubliant les chardons
Le bonheur se recueille effaçant les ardoises
Délicieux abandon, doux baiser de l'instant
Sur ce songe exaltant issu d'une nuit sombre

Au plus profond de l'ombre une lueur s'infiltre
Dissipe la torpeur et propage un soupir
Un bruissement d'élytre, une envolée de plumes
Une journée s'exhume en or et blond sourire


© Copyright Merle Bleu

mardi 3 décembre 2013

L'arbre sans amour

Dans leurs yeux j'ai noyé
Le futur de mes rêves
J'ai froid de ces regards
Moi l'arbre sans la sève
Dont l'écorce est rayée
D'une flèche au hasard

La douleur se referme
Sur un cœur boursoufflé
Qu'avec toujours on grave
Au fond d'un épiderme
Quand l'amour essoufflé
A des parfums suaves

A l'heure où je m'effeuille
D'un rayon jaunissant
Né d'un soleil trop pâle
Résonne en moi ce deuil
D'une saison banale
Et ses accords blessants

Moi le bois vulnérable
Je ressens la morsure
De cet hiver de trop
Où les vieilles blessures
Les désirs altérables
Gémissent sous la peau

Et je craque en dedans
Sous le temps qui me glace
A m'éclater les veines
Espérant un printemps
Où les amants s'enlacent
Et me disent qu'ils s'aiment


© Copyright Merle Bleu

samedi 30 novembre 2013

Vertige sous la pluie



Le pas est lent sur le chemin
Le souffle est court, la pente est dure
Granit rose et quartz blanc
Fuient incertains sous la chaussure

Dame nature essuie les gouttes
L'averse file sur les cistes
Dessine au sol quelques coulures
Larmes de Christ et pleurs d'argile

Terre dissoute et traces molles
La troupe avance et ses empreintes
Et sa parole au loin s'efface
Ou se déplace au gré du vent

Les corps s'inclinent, plient sous l'effort
Forcent l'allure. En flic et flac
L'ondée les gifle et mouille et plaque
L'eau éclatée d'éclaboussures

Le Monte Gozzi est tout proche
Rouge des roches sous le ciel gris
Et les nuages s'effilochent
Semant de pluie un froid de glace

Est-ce une envie, une menace ?
Comme un appel, la vie, le vide
Venue des plaines ouvre ses ailes
Et nous enlace de vertiges


© Copyright Merle Bleu

jeudi 28 novembre 2013

Délit d'embellie

Douceur née d'un fantasme, il l'aperçoit parfois
Apaisante embellie, vacillant ectoplasme
Ondulant le désir, déroulant de la soie
Vaporeuse folie que l'on ne peut saisir

Fragrance imaginaire, émanation fugace
Une odeur, un parfum a sublimé son air
Et défini l'espace, abolissant le temps
Éternisant l'instant avant qu'il ne s'efface

Vision en flottement, caressant vent léger
L'envolée d'une image absorbe la pensée
Et le souffle se pose au baiser d'un mirage
Et la lèvre apprivoise un dernier frôlement

L'apparition se trouble, éperdument s'échappe
Et reste un sentiment, d'un vide, d'une absence
Qui comblerait les sens, brûlerait la raison
Enflammant cette étape où l'on se quitte ou double

Assoiffé d'idéal, parfois l'esprit s'absente
Et s'imagine en rêve une source d'envie
Une vie qu'il s'invente, une poésie brève
Un reflet qui fascine et puis d'un coup se voile

De ces lambeaux d'étoile il lui reste l'amour
Et ce songe en velours serré contre le cœur
Qu'il lui faudra garder en attendant ce jour
Où au fond de ses draps glissera le bonheur


© Copyright Merle Bleu



dimanche 24 novembre 2013

Impensable

Il pleuvait des éclats qui desséchaient la peau
Il soufflait un vent chaud au remord des banquises
Et le ciel était bleu comme papillons morts
Tout au bord d'une esquisse avec la larme aux yeux

Ils regardaient les cieux et pleuraient les nuages
Ces vapeurs d'un autre age, moutonnements soucieux
N'étaient plus du voyage et s'installait la peur
Et le questionnement: après la faim, la fin ?

Tout venait du début, de leurs buts et leur soif
De cette avidité où s'étaient englouties
Les ruisseaux de leur monde et les chansons de Piaf
Leurs rêves inaboutis, leur absence de ronde

Ils ont lâché la main, celle que l'amour pardonne
Noircissant de carbone, dupliquant leurs demains
Raturant leurs espoirs sans la chance en retour
Éradiquant leur sang dans le ventre des bonnes

Chevaliers d'industrie sous nos regards amorphes
Conquérants du dollar ou d'un euro mythique
Forgeant le squelettique où trébuchent les strophes
Hiroshima catastrophe aux lendemains hagards

Plus un seul hall de gare aux confins du désert
Juste un chant de misère et quelques pauvres cons
Au linceul du sol, tout au raz de la terre
Leur dernière prison où rien de désaltère

Une terre sans rien qui ne reste d'Humain
Juste les os peut-être
Plus une goutte
Ni être
Et tous ces grains
Sans même un chat
Ni vie de chien
Si haïssable

Des routes
Du sable
Rien


© Copyright Merle Bleu

jeudi 21 novembre 2013

L'armée rouge

Au creux de l'oreiller il l'écoutait marcher
Bruit de bottes pulsé s'imprimant en cadence
Piétinant l'innocence et rythmant la pensée
Éclaboussant de poisse ses souvenirs d'enfance

Une armée s'approchait et c'était cette angoisse
Qu'un gamin sans défense entendait progresser
Obsédante avancée diffusant sa menace
Hachurant ses idées et martelant ses tempes

Avant le lendemain ils seraient sur ses traces
Ils étaient là tout près et n'auraient qu'à le prendre
Serait-ce pour le pendre ou bien le fusiller ?
Ou bien pour l'enrôler sans pouvoir se défendre ?

Scrutant l'obscurité l'enfant voudrait savoir
Où donc est cette troupe qui vient pour le chercher
Il a peur de ce noir, il n'ose plus bouger
Ses jours sont en danger, c'est sur, c'est sans espoir

Le pas se fait rapide, ils sont soudain pressés
Allongent la foulée et s'approchent plus vite
L'enfant est oppressé et tout se précipite
Il soulève la tête et ses cheveux dressés

Pensant la voir rouler il découvre en silence
Suspendu à l'instant, que le bruit à cessé
Où se sont-ils enfuis, se sont ils écroulés
Ont-ils tous disparu, ces soldats de la nuit ?

S'allongeant de nouveau, ils les entend encore
Lointain décor comme s'ils étaient passés
Marcheurs irréguliers sans y mettre le cœur
Tout au long d'une artère où le sang vient pulser


© Copyright Merle Bleu

dimanche 17 novembre 2013

Croissant de brume

En Pierrot d'infortune
Il s'était argenté
D'un seul morceau de lune
Et l'avait accroché
Au sommet de son ciel

Dans ses journées de brume il y trouvait refuge
Une partielle trêve à l'abri de ses peurs

Il chantonnait ses rêves
Lui qu'on disait distrait
Il n'était qu'une absence
Leurre ou symbole abstrait
D'une ronde insouciance

Il en pris la pâleur en acquit la distance
De ce monde en retrait il devint le transfuge

Il y fit sa prison
Recherchant la lumière
Papillon loin des siens
Se brûlant aux tisons
Des songes en poussière

Une nuit de nuage et sans age ou repère
Entouré de livide il se vit et le vide

Comprit qu'il n'était rien
Privé de la chaleur
Éclairant le chemin
D'une main que l'on tend
Aux battements du cœur

Il saisit une plume arrosée de ses pleurs
Inscrivit de sa main son histoire et sa lune

Et son amour croissant
Au long du parchemin
Et le lança au loin
Au loin
Pour dissiper la brume


© Copyright Merle Bleu

jeudi 14 novembre 2013

Reflet et au delà

Derrière le miroir
Il y a tant de choses
Que l'on ne peut pas voir
Au delà des reflets
Vibratos illusoires

Derrière le miroir
Au delà de l'image
Là où commence l'âme
Et où fini l'outrage
De l'imparfait d'un être

Derrière le miroir
Et au delà du temps
Il y a nous enfants
Et tout ce qu'on a pu croire
Qui nous a fait renaitre

Derrière le miroir
Il y avait nous deux
Et nos rêves vitrail
Pour la vie, pour un soir
Où la chance chancelle
Où la chandelle danse

Derrière le miroir
Au delà de nos yeux
A deux pas de conscience
Tout au bord de nos failles
Il y a cet espoir
D'un destin lumineux

Derrière le miroir
Comme un aveugle rit
En éclatant le vers
En mille verroteries
Il y a le revers
Et ce vide intérieur

Ces colliers de prières
Que l'on adresse aux dieux
Comme un miroir du je

Avec rien derrière


© Copyright Merle Bleu

mercredi 13 novembre 2013

Utopique topic

Pour un drapeau brandi
Pour un lopin de terre
Pour un orgueil délétère
Combien d'êtres humains ?

Faut-il vraiment la guerre
Et des tirs de fusils
Faut-il de la misère
Pour se donner la main ?

Est-ce que l'on est grandi
D'un hymne militaire
Au pas des volontaires
Y a-t-il un lendemain ?

Que sont donc ces frontières
Ces chants et ces prières
Qui nous font ennemis
Sur le même chemin ?

Est-ce que nos différences
Ne portent pas l'espoir
N'est-ce pas une chance
D'avoir plus d'une voix ?

Il n'y a pas de gloire
Aux combats d'un autre age
A toutes ces victoires
Qui ont le goût du sang

Elles sont le désespoir
De ces femmes en noir
Au cadavre blafard
Qu'elles bercent en pleurant

La troupe est l'instrument
Du pouvoir en musique
Et la chose publique
Ne l'est jamais longtemps

Ce qui serait courage
Ce serait de bâtir
Ce monde d'invincibles
Où l'arme est tolérance
Et le partage est cible

Mais le veut on vraiment ?


© Copyright Merle Bleu

dimanche 10 novembre 2013

Jour de pluie

Le ciel de velours sombre arrose de tristesse
Et couvre de ses pleurs le versant des collines
Sous des gouttes rouillées dégoulinant de spleen
La roche se lamente oxydée de détresse

Le soleil est parti dévastant de nuages
L'azur et tous ses ors, les labourant de gris
Déversant sur la terre en pluie d'insectes morts
Les ondées du déluge en larmes d'un autre age

Les teintes aux douleurs pâles ont des reflets mouillés
Et grelottent de froid sous la lumière éteinte
Sous les éclats du temps la boue revient souiller
Les rêves d'une étreinte aux couleurs du printemps

Frileuse de l'instant la flore vient s'abreuver
Nue de la tête aux pieds et ployant sous le vent
Les chaleurs de l'été l'assoiffaient de rosée
Et la privaient du sang de l'averse orageuse

Déboulant de la pente, affluant aux galets
Murmurant aux torrents, l'eau refait son chemin
Facétieuse absente inondant les palais
Chantonnant son refrain et s'écoulant des gorges

Un avenir se forge aux sources de la peine
Et toutes nos rivières y tracent un destin
Certaines sont des leurres aux méandres obscènes
Ou festins de diamants aux rires en bandoulières


© Copyright Merle Bleu

vendredi 8 novembre 2013

Souffle alizé

Poser du bout, du bout des lèvres
Comme un mot doux, un doux baiser
Sentir le chaud, chaud d'une fièvre
Tout envahir d'un alizé

Rose et vanille brillant sourire
Voir l'océan au fond des yeux
Venir tanguer, tanguer navire
Peaux sous la vague en camaïeux

Explorer jusqu'au bout d'un monde
Pour une terre, terre promise
S'enrouler sur la mappemonde
Nu sous la bris(e) d'une Marquise

Monter au vent, boire au désir
D'une caresse, caresse d'eau
Au soir tombant de nos soupirs
Là tout au long, au long du dos

Sentir le souffle sur l'échine
Comme frissonne une grand voile
Sur la mer rouge ou noire de chine
Lire un reflet, reflet d'étoile


© Copyright Merle Bleu

jeudi 7 novembre 2013

Sous le vent

Il est des mots qu'on sème
Comme des graines sous le vent
Des mots qui germent soulevant
Des mots qui panse
Des mots qui s'aiment

Il est des pensées qui s'élèvent
Comme l'esprit vers les nuages
Pensées qui s'expriment en rêve
Pensées d'amour
Pensées messages

Il est des amours bien peu sages
Comme des herbes de mi folles
Amours qui vibrent de bémols
Amour dénote
Amour désole

Il est des notes que l'on touche
Comme les mots d'une pensée
Notes qui disent de l'amour
Notes qui vibrent
Notes qui pansent

Notes messages folles s'égrainent
Germent et s'élèvent soulevant
Comme des mots, comme des graines
D'une rengaine sous le vent


© Copyright Merle Bleu

mercredi 6 novembre 2013

Valse à trois temps

Hier s'efface à petits pas
Ses couleurs se délavent
De ses images graves
De ses moments sépia

Des anciennes bourrasques
Il me reste le vent
Quelques portes qui claquent
Sous les frasques du temps

S'étire le présent
Glacial et sinueux
Comme un froid de nous deux
Qui me claque en dedans

Dans nos cœurs enneigés
Notre trace se perd
Sous des masques de glace
Où la vie s'est piégée

Sous un souffle embué
Quelques songes s'envolent
Fugitifs et symboles
Blanchissant les nuées

Demain c'est le lointain
Vaporeux illusoire
Et son regard vitreux
Comme un miroir sans tain

Mais au fond de mes yeux
Vient valser l'hirondelle
Tournoyant vers le bleu
L'espoir fait de dentelle


© Copyright Merle Bleu

dimanche 3 novembre 2013

Les yeux fermés

Écoute ce murmure empreint de couleur rose
Effleurant sur ta bouche un songe diaphané
Écoute ce soupir où se penche ma prose
Et tout ce qui te touche à me faire damner

Il survole léger tes rêves exaltés
Fait crépiter la peau et bruler le désir
Là où taisent les mots et s'égare le souffle
Majestueux plaisir surgissant de nos braises

Écoute chuchoter cette montée d'étoiles
La brève voix lactée où s'ouvre un Univers
Où le son de ces vers est une mélopée
La blanche nébuleuse où Vénus ôte un voile

Et ressens sur tes lèvres la douceur de mon âme
Cet intime appuyé à l'unisson des tiennes
La flamme d'un début, nue vacillante et ivre
Feu de chaleur païenne, incandescent sublime

Soleil, bleu des éclairs, dispersant les abîmes
L'esprit vient de s'unir à ses envies charnelles
À l'instant vient frôler d'atomes l'Éternel
Le cristallin du temps où le charme s'exprime


© Copyright Merle Bleu

Univers féminin

Tu es cette éternelle rose
Fait du plus tendre des pétales
Le doux velours où je me pose
Tout enivré d'un idéal

Femme écarlate ou scandaleuse
De la douleur tu délivras
Qu'il soit de mère ou bien loveuse
Le fruit d'amour entre tes bras

Tu es les lèvres sur la peau
Où le crapaud se rêve prince
Là où mon cœur parfois se pince
Quand il est pris comme un oiseau

Tu es ce parfum de toujours
Celui qui me revient sans fin
Comme un refrain de tous les jours
D'un lit d'amour ou d'un couffin

Tu es la source à mes rivières
Et cette mer où se déverse
De mes désirs, de mes prières
De mes averses un peu d'amer

Tu es ce miroir infini
Cette matrice où naît l'image
Où vient se refléter la vie
Et les prémices d'un voyage

Tu es début et tu es fin
Là d'où l'on vient, là où l'on veut
Sans toi tu sais, l'Homme n'est rien
Qu'un feu éteint sous ses cheveux

Tu es ce parfum de toujours
Celui qui me revient sans fin
Comme un refrain de tous les jours
D'un nid d'amour ou d'un cou fin


© Copyright Merle bleu

vendredi 1 novembre 2013

Cap occulté

Comme un avion privé de cap
Ou je m'enfonce ou je redresse
Comme un gros zinc part en piqué
Y faut qu'm'éjecte catapulté

Les yeux rivés au fond du noir
J'sais plus vers où j'dois piloter
Tu sais j'ai mal de notre histoire
Mais j'vais passant, pas sangloter

Comme un poisson sans ses nageoires
Où vais-j' sans ailes et sans espoir
Comme un bateau sans gouvernail
Au creux d'la vague à dériver

Mayday mayday, bip et balise
Sous mes valises fuit la détresse
Là où ma vue se noie de stress
Là où mes joies sombrent et s'enlisent

Alors je ris vide et benêt
Comme un pantin, un funambule
Et je m'agite et gesticule
Comme une pair' de ridicules

J'm'envoie en l'air, je m'éjacule
A coup de rimes incendiaires
Mais dans mon coeur il pleut des gouttes
Et ça m'dégoutte, oui, ça m'dégoutte

Les yeux rivés au fond du noir
J'sais plus vers où j'dois piloter
Tu sais j'ai mal de notre histoire
Mais j'vais passant, pas sangloter

M'sieur météo faites un soleil
Comm' l'arc en ciel peint la couleur
Parce que parfois j'ai tant sommeil
Que j'en oublie qu'y a des oiseaux

Et Dieu la haut, mets la gouttière
Je n'en peux plus d'ce froid dans l'dos
Je voudrais bien qu's'envole hier
Et que mon temps s'remette au beau

Comme un avion privé de cap
Ou je m'enfonce ou je redresse
Comme un gros zinc part en piqué
Y faut qu'm'éjecte catapulté


© Copyright Merle Bleu

mercredi 30 octobre 2013

Le royaume

A la frontière de nos ombres
A la lisière de nos espoirs
S'étend le sable du désert
Et nos limites du faisable

Entre les deux plane l'échec
Nos vols hésitent entre deux peurs
Où est le sec où est le cœur ?
Le regard pique aux nuits chagrin

L'horizon fuit indéfini
Ondule en dunes séchées de flou
Où l'esprit fou cherche son grain
Et la raison son infortune

L'homme s'écroule hurle et divague
De zig en zag perdant la boule
En ses collines haïssable
Où l'impossible roule au spleen

Tournant sur lui, ciblant le Nord
Il se dessine mille traces
Autant de sorts, songes fugaces
Qu'un doute efface et assassine

Cherchant la vie, traçant la route
Scrutant le ciel pour une étoile
Il voit l'image et l'essentiel:
De ses envies il est le roi

Ou le féal


© Copyright Merle Bleu

mardi 29 octobre 2013

Heure d'hivers

Ses pas s'en vont frôlent le sol
S'envole au noir un horizon
De rouge et nuit s'efface un jour
Où tout bascule et plonge encore

Le corps touché d'un crépuscule
L'âme ce soir revêt le voile
D'un ciel étoile où se bousculent
Sous l'égrenoir trop de secondes

Le monde au seuil de la pénombre
Porte son ombre comme un deuil
Bistre recueil teinté de sombre
Où tout s'écrit de couleur encre

Le temps s'écoule et sur sa feuille
Se noie dans l'âcre un feu d'ennui
Poudré de suie effleurant l'âtre
Comme une pluie de chuchotis

L' envers des draps dernier repli
Aux bras du lit danse un printemps
Ronde soleil dorant les songes
Sonnant revers à nos réveils


© Copyright Merle Bleu

dimanche 20 octobre 2013

Zone amazone

Une main glisse où naît le dôme
D'une amazone aux blanches cuisses
Troublant signal, zone érogène
Sous cette paume où tout est lisse

Et c'est au trot qu'elle m'emmène
Tel un cheval entre ses murs
Menant l'allure au bout des rênes
D'un étalon son animal

Peau contre peau, pousse et soulève
En pause brève où je m'érige
D'une rencontre sous les draps
Sa housse fige mon drapeau

Sans retenue brisant l'entrave
Vient le galop où tout s'emballe
A la cymbale de ses seins nus
Sous les sursauts de ma voix grave

Le corps lancé mène l'assaut
En soubresauts, reins balancés
Libre du sol d'un même saut
S'envole encore, ivre à danser


© Copyright Merle Bleu

vendredi 18 octobre 2013

Clara s'éclaire

Petite source d'une eau claire
Perle une larme au coin des yeux
Je suis grand-père

Un bel éclair existentiel
Comme un éclat de merveilleux
Une étincelle

Filet limpide de lumière
Au bleu du jour versant de l'or
Amour encore

Le grand mystère d'une vie
Venu au monde après l'aurore
Bébé trésor

Petite fille au creux des bras
Tes parents bercent ton bonheur
Ne t'en fais pas

Plus tard je guiderai tes pas
Et puis j'écouterai ton cœur
Viens n'aies pas peur


© Copyright Merle Bleu

jeudi 17 octobre 2013

Automne en chemise brune




Sur un tapis de feuille, automne étend ses brumes
Aux idées mortes et posthumes le silence résonne
Des bottes qui frissonnent sous la chemise brune

De soleil attifé le sous bois vêt l'oblique
Comme un bras symbolique au sol ébouriffé
D'une paix dégriffée arborant sa tunique

Les arbres dépouillés s'élancent squelettiques
Leurs branches de graphite au fusain gribouillées
Se dressent à scribouiller une croix néophyte

Novembre est dans les murs et son souffle crevasse
Et ses ondées lavasse entament un murmure
Couvrant de pourriture un humus qui s'entasse

Sombres troncs alignés depuis Néandertal
Amoureux des rafales, combattants désignés
Pour au jour assigné fusiller le vert pâle

Du haut de ses nuées le corbeau noir croasse
Riant du temps qui passe et vient de remuer
Ce long cri enroué
Qui plane
Plane
Et l'Homme efface


© Copyright Merle Bleu

lundi 14 octobre 2013

Le coeur balance

Si j'entrouvrais mon cœur y verriez vous l'amour ?
Ferait-il assez jour pour chasser les rancœurs ?
Si j'entrouvrais mon cœur, un instant, pour toujours
Auriez-vous le velours et les mots de douceur ?

Si j'entrouvrais mon cœur s'écouleraient les flots
Comme coule un rafiot comme sombre la peur
Si j'entrouvrais mon cœur sur mes anciens sanglots
Seriez-vous matelot où les larmes demeurent ?

Si j'entrouvrais mon cœur libérant les blessures
Comme un être peu sûr oubliant ses couleurs
Si j'entrouvrais mon cœur évidant la doublure
Seriez vous la couture assemblant les douleurs ?

Si j'entrouvrais mon cœur comme une île au trésor
Comme s'offre le port à ses navigateurs
Si j'entrouvrais mon cœur comme une mine d'or
Creuseriez vous alors pour trouver la chaleur ?

Si j'entrouvrais mon cœur comme explose un soleil
Dessinant dans le ciel les rayons du bonheur
Si j'entrouvrais mon cœur de mes si en bouteille
Seriez-vous cette abeille enivrée d'une fleur ?

Si j'entrouvre mon cœur
Si j'essaye la vie
Il se peut que j'en meure

Si je le ferme aussi


© Copyright Merle Bleu

dimanche 13 octobre 2013

Eclat d'un monde

Une pelle de sable
Les marchands sont venus
Et s'envolent les bombes
Sur la femme aux mains nues

Symphonie haïssable
De ces cris d'agonie
Où l'enfant inconnu
N'a connu que la tombe

A coup de revenus
Combien d'âmes se vendent
A coup de dividende
Que de morts saugrenues

Si notre terre est ronde
Elle n'est pas assemblée
Pour que tombe des nues
Ce qui fragmente un monde

Pour le fric ou le blé
Pour un paquet de blondes
Devons nous ressembler
A cette bête immonde

De nos vies périssables
Nous n'emporterons rien
Pas un sou, pas un bien
Sous la pelle de sable


© Copyright Merle Bleu

samedi 12 octobre 2013

L'or et la paille

Tamisant son espoir
Divisant la lumière
Pour l'étincelle d'or
Un homme dans le noir
Orpaille la poussière
Et ses pulsions de mort

Ne voyant que le gris
Quand le geste est ailleurs
Bien des pensées l'assaillent
Égrenant son esprit
Où la poutre et la paille
Sont des restes mineurs

Il n'y met plus le cœur
Et son regard est vague
De ses rêves déçus
Des sables de la drague
S'écoule la rancœur
Et les larmes dessus

Remuant sans ampleur
Les dépôts du passé
Où subsiste la grave
Des trames ressassées
Boueuse sans couleur
Grillagée d'une entrave

Du haut de la vallée
Quand on en fait la somme
Si petit est cet homme
Dépouillé de trésor
Sa grisaille salée
Et son coquin de sort

Scrutant sans percevoir
Les reflets à l'entour
Ces envies qui palpitent
À la lueur des jours
Recueillant en ciboire
L'amour et ses pépites


© Copyright Merle Bleu

mercredi 9 octobre 2013

Se mouiller

Il est temps

De sortir sous la pluie
Et de rire des gouttes
Éclaboussant la face
En ruisselant de joie

De gouter chaque instant
Et de s'en imprégner
De bonheur inondé
Sans penser à la fuite

D'effacer son ardoise
Ne gardant que la somme
De l'amour que l'on a
Et d'en faire son credo

De s'aimer comme on est
Oubliant l'imparfait
Se faisant le présent
Du plus beau des futurs

Et choisir son chemin
Sans en craindre le doute
En sachant qu'il est sien
Et que longue est la route


© Copyright Merle Bleu

dimanche 6 octobre 2013

Jeux de lumière

Par un soir de velours je marchais en silence
Fasciné des lueurs de milliers de lucioles
Étoilé de ce ciel, je respirais la terre
M'enivrant solitaire d'une odeur essentielle
Cet arôme du sol comme unique présence

Sous mes pas dérangée une pierre s'enfuit
Et son bruit rebondit, sursautant la rocaille
Et se posa plus loin, sombre corps étranger
Silhouette aperçue entre ornière et broussaille
Prisonnière du temps et de ses coups de pieds

Un instant argenté déchira les nuages
Où la nature hantée agitait le drap blanc
D'un mirage si pâle  aux reflets gris cendrés
Que la nuit retomba, haletante, essoufflée
Barbouillant de son encre une esquisse parfaite

Au royaume aveuglé un oiseau tressaillit
D'un do au loin repris d'un écho en duel
Mystère et frôlement d'une plume, d'une aile
Au noir absolument s'étranglait la lumière
Vers l'aube au bleu refrain sous un dôme infini


© Copyright Merle Bleu

vendredi 4 octobre 2013

Les cris et les lettres

Je voudrais simplement être aimé d'une femme
Être l'élan d'une âme et l'entourer des bras
Apaiser son regard de tendresse et de rires
Tourné vers l'avenir pour un nouveau départ

Je sais bien que nos pas ne mènent nulle part
Mais je veux en chemin cueillir à l'essentiel
La couleur bleue du ciel et la douceur des mains
Caressant l'œuvre d'art d'un bonheur délicat

Je voudrais le parfum explosant à mes sens
La grâce en mouvement d'un corps au féminin
Imposant le silence à l'ange de passage
Et d'un émoi peu sage être en soulèvement

Je voudrais tout donner de ce moi souterrain
De cet homme exalté abolissant ses cages
Pour d'un nouveau refrain, d'une envie fredonnée
Être germe de vie, épanoui présage

Je voudrais l'embellie renaissant aux mots roses
Oublier cette prose au ton mélancolie
Aiguisant les accents pour les rendre moins grave
Et s'en faire des ailes vers le plus beau délit

M'envoler sur des lettres poète sans non dit
Libérant les voyelles du cri si singulier
Du plaisir consommé de l'amour au pluriel
Peuplant de décibels un verbe irrégulier


© Copyright Merle Bleu

jeudi 3 octobre 2013

Carne à balles

On aimerait parfois
Glisser dans le sommeil
Pour une éternité
Renoncer aux réveils
Franchir un dernier pas
Pour ne plus exister

Renoncer aux combats
Pour l'éternelle pause
S'effacer d'un seul geste
Disparaître en narcose
Loin des hauts et des bas
En se foutant du reste

Abandonner son lest
Relâcher les tensions
Oublier les remords
Et mordre dans le zeste
Acide des passions
En glissant vers la mort

Et clôturer son texte
Comme on termine un bal
Une dernière danse
Sur un air qu'on déteste
Trois balles d'évidence
En points de suspension


© Copyright Merle Bleu

samedi 28 septembre 2013

Palais de sable

Luttant pour sa survie, nageant vers le rivage
Tourmenté de ses peurs, brassé de ses envies
Cet homme est asservi à ses tristes naufrages
Noyé de ses sanglots, étouffé de ses gris

Espoirs déchiquetés aux fracas de ses côtes
L'humeur et ses éclats dispersent fragmenté
Son esprit délité évidé de couleur
L'éclatant aux rochers des soirées de granit

Disloquée d'une vie écumée des tempêtes
La tête est dans la brume et les pas en dérive
Les pensées se ballottent et pleurent et crèvent
S'éloignant de la rive et ses bras enfumés

Bercé de nostalgie flottant entre deux eaux
Espérant vers le beau mais s'entourant de noir
Il s'oublie que le temps est source de magie
Et soigne d'illusoire un rêve transpercé

La houle est une danse où l'avenir s'enroule
Où l'aube renouvelle aux flots la transparence
Et moule sur le sable au rire des galets
De tous nouveaux palais au charme impérissable


© Copyright Merle Bleu

vendredi 27 septembre 2013

Flammes et fourrure

A l'ondulé des flammes
Dans l'oursonne fourrure
Un homme et une femme
Reluisent de dorures

Et dans leurs yeux scintillent
Un regard en fournaise
Le reflet des pupilles
Et la braise d'un soir

Sur leur peau satinée
En orange mouvant
S'inscrit en balancé
La flammèche et le vent

Suspendu à l'instant
Les minutes se figent
En vertige oscillant
De baisers en volutes

Au vieil âtre crépite
L'étincelle du feu
Où l'enfer est un mythe
Un volcan silencieux

Sensuelle créature
A deux têtes, huit membres
Les gestes en méandres
Déroulent l'aventure

Embrassant de la peau
Des caresses et du rire
Les soupirs en drapeau
Assaillis plaisir

Les amants s'abandonnent
Implorant de leurs vœux
Que l'infini résonne
De l'aveu de leurs cris

Du flambeau éclatant
La lueur se propage
Les couvrant d'un manteau
D'étoiles en voyage


© Copyright Merle Bleu

mercredi 25 septembre 2013

En fusion

Sur un désir la porte claque
Brûlant regard entre deux êtres
Le feu des chairs la flamme plaque
Le cri du corps absolu maître

Corset de soie bruits déchirés
Valsent des fringues sans retenue
Hâles exhibés de la peau nue
La main rend dingue à soupirer

Un court instant les yeux se jaugent
Couve un volcan sous les secondes
A l'intérieur la lave est rouge
La passion brule et  Terre gronde

Lutte d'envie comme une attaque
Armes brandies pour une joute
Plaine des ventres mise à sac
A l'écho rauque d'une voute

Les bouches mangent et puis dévorent
Et manque l'air accéléré
D'essoufflement les sens implorent
Un long plaisir vociféré

Le temps explose en mille étoiles
Où l'Univers est sidéré
La voie lactée paupières closes
Viens recueillir les dieux soudés


© Copyright Merle Bleu

mardi 24 septembre 2013

Amour cyclique

Au chemin du hasard
Au gré d'une attirance
De l'émotion d'un soir
L'être entame une danse

Lentement se fusionnent
Les pensées d'avenir
Et les envies bouillonnent
Des festins à venir

Les amants se rapprochent
Oubliant ce qu'ils sont
Chacun vide ses poches
D'un morceau de passion

D'un regard, d'un silence
Où deux manques s'accrochent
Se découvre l'immense
Que Cupidon décoche

Vérité, illusion
Les fantasmes s'envolent
Jouant à l'unisson
Ce vieux refrain frivole

Vient l'instant où les rêves
Viennent heurter la raison
Où les nuages crèvent
Comme un soir de mousson

Et l'amour se sépare
De ce songe adhésif
En arrachant l'espoir
Et le rendant plaintif

Vient le temps des tourments
Des vilaines ratures
Remplaçant les serments
Ravivant les blessures

Mais le temps patiemment
Vient soigner la douleur
Redonnant aux amants
Une part de leur cœur

Et la vie reprendra
En refaisant germer
Une envie d'autres bras
Le sentiment d'aimer


© Copyright Merle Bleu

dimanche 22 septembre 2013

Filtre rose

Je me suis endormi dans les bras d'une fée
De sorts enveloppé je me suis endormi
Comme on meurt d'amour se laissant emporter
Je me suis échappé de ce monde d'ennui

En tendresse blotti j'ai cédé au voyage
Un sourire au visage en tendresse blotti
A l'ivresse du cœur m'enivrant des images
Vers un autre rivage mon navire est parti

Je me suis enfoncé dans un divin trépas
Tout au long de son corps je me suis enfoncé
Me grisant de sa peau, m'habillant de ses bras,
Du frivole des draps me laissant caresser

Je me suis envolé sans un battement d'aile
De l'instant si léger je me suis envolé
Oubliant les combats refusant le réel
M'élevant dans le ciel son aura j'ai frôlé

Et j'ai baisé ses lèvres de ma bouche étoilée
J'ai dévoré sa flamme et j'ai baisé ses lèvres
Et la faim m'a saisi de ses seins dévoilés
De sa saveur salée et ses fesses de Sèvres

Je suis venu poser tout au creux de ses reins
Tout au fond d'un écrin je suis venu poser
Cet absolu d'un homme échappant au destin
Passager clandestin de ses rêves rosés


© Copyright Merle bleu

vendredi 20 septembre 2013

Rides et éphémère

Sculptées par les années
Ses rides sont un livre
Dont on tourne les pages
Si tendrement fanées

Son sourire discret
A la douceur de l'age
Et ses mots en secret
Ont le désir de vivre

Et le temps d'une absence
Balance la pensée
Sa paupière se plisse
S'égarant au delà

A ses rêves passés
Les souvenirs esquissent
Une encre délavée
Où son homme n'est plus

Mais sa peine s'exclut
Au rire d'un enfant
La mémoire est gravée
De ses gestes de mère

Et la malice est là
Conservée de l'enfance
Son regard innocence
Scintillant d'un éclat

Et son amour se tend
En son âme vermeil
Ignorant les printemps
Où elle a tant souffert

Vieille femme au présent
Oubliant son hiver
Profitant des soleils
Pour un jour ou cent ans


© Copyright Merle Bleu

jeudi 19 septembre 2013

Dérive et dérivé


Aux destins solitaires
La vie nait océan
Où la côte austère est néant
Et le mystère survie

La marée des envies
Vers le large dérive
Muette silhouette amarrée 
D'une rive et des mouettes

Contre vents et tempêtes
A l'espoir ballotté
Une peur du soir est vautrée
Dans des chants à tue tête

Et le marin s'entête
Aux rires entrecoupés
D'une dernière fête en bordée
Aux refrains à maudire

Le navire est oblique
Et l'esprit lui chavire
A la pensée des flots penchés
Épanchant son désir

Et la houle se creuse
Où la vague se perd
Où l'écume d'hier s'enroule
En clameur amoureuse

Et l'homme désespère
Où manque la lumière
La flamme chaude vacillante
Et le rhum le hante

Et son âme lointaine
Accroche à son futur
Une sculpture où femme est sienne
Et la roche sa terre


© Copyright Merle Bleu

lundi 16 septembre 2013

Syrial killers

Regarde dans le ciel ce vol de grues cendrées
En V comme un symbole en victoire inversée
Elles filent vers le sud fuyant l'horreur humaine
La haine déversée, sur des femmes, des mômes

L'homme a gazé l'enfance et ses espoirs de rêve
Et dans le ciel d'Alep les oiseaux sont de fer
La Syrie c'est l'enfer où tous les diables chantent
Où sous un coin de tente y a des gamins qui pleurent

Et le monde s'absente en détournant les yeux
En disant que leurs dieux serait hostile au notre
Imitant cet apôtre au prénom de Judas
Ne faisant aucun cas de cet acte odieux

L'humanité doit-elle redoutant l'extrémisme
Justifier tout les crimes et s'en faire le ferment
De l'ignoble tourment ne naitra que la haine
Et notre lâcheté en cueillera les fruits

Providentiel usage est la démocratie
On nous donne du miel et les actes moisissent
Et la ligne est franchie stupide chiffon rouge
Pas un bouffon ne bouge qui l'agitait jadis

Fermons, fermons les yeux sur ces combats intérieurs
Ces enfants, leurs nausées et le souffle qui manque
Et leurs yeux révulsés et leurs corps convulsés
Les voici côte à côte, vous voyez...Ils dormaient

Exécrable ballet de mots opportunistes
Politiques cyniques profitant de l'aubaine
Pour inscrire des scores en se trompant de cible
Préparant leurs campagnes au mépris de ces morts

Et sans aucun remord on retourne sa veste
Prétendant un beau geste on adoube un tyran
Qu'il détruise les armes et on oublie le reste
Il n'est pas si méchant, vous voyez, il accepte !


© Copyright Merle Bleu

Boulot loto

Matin boulot c'est la galère,
Le taf pour toi c'est que du gris,
Pour un salaire de misère
T'as tous tes rêves qui s'enfuient.

Un coup d'Malox pour tes aigreurs,
Un coup d'Prozac pour ta déprime,
Tu sais s'mois ci bye bye la prime
Et pour l'boulot vas voir ailleurs.

Quoi ? Ta fin d'mois c'est la misère ?
Ben oui tu vois c'est çà la crise
Des dividendes pour les croisières
Pendant qu'toi tu traines tes valises.

Matin boulot c'est la galère,
Le taf pour toi c'est que du gris,
Pour un salaire de misère
T'as tous tes rêves qui s'enfuient.

Si tu peux pas nourrir tes gosses
Vas faire un tour chez les restos,
Pour les congés faudra qu'tu brosses
Le CAC 40 n'est plus au beau.

S'il t'reste des sous, joue au loto,
Tu deviendras p'têtre milliardaire,
Ce s'ra ton tour pour la croisière
Et t'oublieras tous tes potos.

Matin boulot c'est la galère,
Le taf pour toi c'est que du gris,
Pour un salaire de misère
T'as tous tes rêves qui s'enfuient.


© Copyright Merle Bleu

samedi 14 septembre 2013

Classée en fuite


Je m'en vais dans la nuit
Sans un morceau de cœur
Je m'en vais t'en fais pas
Je ne suis pas la peur

J'emporte mes pourquoi
Ces vides sans réponses
Des images de toi
Et moi pris dans les ronces

Je m'en vais de ce pas
Marchant vers la lumière
Des larmes aux paupières
Que tu ne verras pas

Je garderai en moi
Celui qui a veillé
La douceur des émois
D'un corps déshabillé

Aux chemins illusoires
Je suis venu glaner
Du rire et de l'ivoire
A la blancheur fanée

Le temps écrit l'histoire
Et toi tu l'as tracée
Trop pâle pour y croire
Sur un papier froissé

D'un seul encart violent
Ta rature est cruelle
Moi je te voyais belle
Sans un rire insolent

Une étincelle foire
Sur un pétard mouillé
A l'artifice noir
Au cynisme rouillé

J'emporte tes mensonges
Et je les sème aux vents
En essorant l'éponge
Imbibée de serments

Sur cette sombre entaille
Je grefferai l'envie
Car mon âme est de taille
Et moi je suis en vie

Regarde l'ombre au loin
C'est toi
Et tu t'enfuies


© Copyright Merle Bleu

vendredi 13 septembre 2013

Bord à bord

Donne moi ces soirées veloutées
Ces doux étés entre tes bras
Pas chaloupés peau contre peau
Coques de bois, fibres frottées

Envolons nous, trouvons les ailes
Frêles oiseaux brisant les cages
Rasant le ciel au fond des yeux
Cœur affolé sous un corsage

Touchons l'envie du bout des doigts
Ce sourd désir tout frissonnant
Trouble d'émoi, temps suspendu
De nos corps nus tremblant de vie

Emmène moi, entre tes voiles
Corps en bordée, lisse contre lisse
Long frôlement au bas du ventre
Où la malice nous entraine.

Découvrons nous de gestes tendres
Sans rien prétendre à nos demains
Mais juste étendre nos deux mains
Et nous étreindre sans serments

Soyons amants mais sans rien prendre
Essayons nous à tout donner
Sans les toujours rêvons encore
Et de trésors habillons nous


© Copyright Merle Bleu

jeudi 12 septembre 2013

Accords encore

Dans ma tête j'ai un puzzle
Plein de morceaux
Mais rien s'emboite
Juste un peu seul comme un sot
Mon présent boite

J'ai dans mon cœur quelques éclats
Mais dans mes yeux
Plus rien ne brille
Fracas de voix
Je pars en vrille

Au creux du ventre j'ai la trouille
Et je m'oxyde
A ne rien faire
Teinté de rouille
L'âme morbide

Dans mon futur j'ai comme un rêve
Main dans la main
Délire heureux
Nus sur la grève
Et l'air à deux

Je marche encore vers demain
Les bras tendus
Le regard myope
Les yeux perdus
Je m'enveloppe en corps
Encore
De tes accords


© Copyright Merle Bleu

mardi 10 septembre 2013

Message de mes songes

Où vont finir tous ces messages
Nés de douleurs murmurées
De nos orées en marécages
A la noirceur de nos écrits

Où vont mourir ces derniers cris
Mouettes de cœur, morceaux de ventre
Oiseaux piaillant dans les esprits
Vols incompris d'espoir en miettes

Que reste-il de nos appels
De ce silence hurlant pour nous
Homme à genou privé de geste
Sous un ciel nu sans aucun sens

Tous ces millions de "je suis seul"
Tissent linceul où l'on essuie
Toute la pluie des illusions
Des lendemains mouillés de doute

Jours d'habitude où l'être crève
L'abcès d'ennui ronge et dégoute
Chancre des nuits cancer des rêves
Sèment des larmes en excès

Cherchons l'accès l'issue des songes
Cette éclaircie où la voix porte
Pour qu'elle emporte un peu de vie
Ces quelques mots vers ton rivage


© Copyright Merle Bleu

lundi 9 septembre 2013

Gris septembre

Septembre vient
Comme un rappel
De ce qui a pris fin

Du jour en moins
Et ton absence
Et la chaleur qui manque

Et ce refrain
Craquant pseudo
Et nos serments et nos credo

Automne déraison
Saison de mes questions
Et des regrets qui tonnent

Et de mon cœur qui cogne
Dans sa prison
Bruit monotone

Le temps s'enfuit
Mon ventre serre
A mes nuits de saccage

Mes yeux coulent la pluie
De mes pensées nuages
Et je tremble de froid
Et je mange la terre


© Copyright Merle Bleu

dimanche 8 septembre 2013

Du haut des pyramides

Du haut de sa planète l'Entité regardait les hommes, le travail de certains, l'avidité des autres, l'allure de cette fourmilière lui semblait insensée. Ils étaient tous sur cette même terre, mais avaient au sol tracé des lignes imaginaires qu'ils appelaient nations.

La puissance de chacune était une obsession qui pouvait entrainer un désastre. On aurait pu croire qu'au sein d'une nation les hommes soient solidaires. Pas du tout, là encore le maitre mot était compétition. Assurément l'homme aimait les pyramides, les plus élancées étant un gage de réussite.
Et c'est à leur sommet, en trophée, que se trouvaient les richesses. Leur importance était telle que leurs détenteurs étaient bien incapables de les utiliser, même en se livrant à d'exorbitants caprices.

La structure était si bien pensée, le conditionnement si fort, qu'une poignée d'homme suffisait à diriger le monde et que personne ne semblait s'en étonner. Il faut dire que le système était gradué, à chaque échelon, chacun était assuré d'être plus haut que d'autres. Il y avait bien tout au bas de l'échelle des gens qui n'avaient rien, mais ils espéraient tellement avoir un peu, ils regardaient tellement l'étage juste au dessus qu'ils étaient bien incapable de distinguer un quelconque sommet.

Moins visibles étaient d'autres structures, leurs tentacules ignoraient les frontières. Elles faisaient, défaisaient les pyramides au hasard des ressources. Organisaient des guerres, détruisaient les nations. Pour elles tout était à vendre, chaque chose avait un marché.

L'homme au sein de sa pyramide disposait parfois d'un droit d'expression. On ne lui demandait pas de l'utiliser intelligemment, juste de choisir un Nom. Le Nom savait bien lui ce qu'il avait à faire, il connaissait les gens du sommet.

Parmi les nations, certaines étaient investies d'un pouvoir supérieur. Elle savaient où étaient le bien et où était le mal. Le fait que le mal soit souvent proche des ressources n'était que pur hasard.
Au sein des plus miséreux, on trouvait aussi beaucoup d'ignorance. C'était le terrain idéal pour inculquer la foi. La foi ? Quelle foi ? Peu importe, celle qui permettrait de partir à l'assaut des pyramides, celle qui donne l'ivresse des sommets.
L'Entité était songeuse.

Elle savait qu'au milieu de cette humanité il existait d'autres valeurs que celles à vendre. L'amour, la fraternité, l'humanisme. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'est pourquoi tous ces hommes cherchaient au sommet ce qu'ils n'avaient qu'à partager.


© Copyright Merle Bleu

Feuille de route

De toutes les prisons conserve bien ce rêve
Cet oiseau grelotant nu de fragilité
L'espoir à préserver ballotant la raison
Ce cri de liberté au pouvoir inconnu

Écarte les barreaux de la cage invisible
Fracasse cette glace aux pleurs en Securit
Libère les envies où pousse l'herbe verte
Découvre enfin la mousse et fait place à la vie

Tu n'as d'autre limite à tes secrets désirs
Que les craintes d'hier et ta peur des demains
Respire au devenir en crayonnant les plaintes
Et entame la route et son lot d'incertain

Tu le sais bien qu'un jour il y aura la fin
Là où l'âme est le doute et le futur n'est rien
Commence cette marche et écris ton histoire
Glanée à l'aventure aux sources des fous rires

N'oublie pas de cueillir le fleuri du moment
Le trouble d'un regard, le plaisir d'un sourire
Pour qu'à ton dernier soir tu puise aux souvenirs
L'ardeur de l'étincelle où l'infini vacille

Tout au long de ta quête essaime un peu d'amour
Il se pourrait qu'il germe améliorant le monde
Agrandissant la ronde embellissant la fête
Élargissant la chaîne aux entraves humaines

Alors fermant les yeux retrouvant un parfum
Tu pourras t'enrouler à ce plus beau des termes
Immaculé linceul à la blancheur des vœux
A l'émotion sans fin où la femme est frisson


© Copyright Merle Bleu

samedi 7 septembre 2013

Amante à l'eau

Allongée sur le sable
Abandonnée au vague
Tu te laisses bercer
Aux caresses des flots

Te voici transportée
Au roulis du désir
Offerte aux voluptés
Ouverte à tes plaisirs

Le courant te soulève
Et te prend le ressac
Assiégeant les recoins
De ton corps mis à sac

Tes pensées en eaux troubles
Sont des fleurs à ton ventre
Où vient gémir l'envie
Qu'un antre veut remplir

Le clapot te pénètre
En forçant tes soupirs
Et cet émoi de femme
Qui hurle sous ta peau

Et tu jouis sous l'amant
Lui labourant le dos
En orgasme arrosé
Du fruit de tes fantasmes


© Copyright Merle Bleu

Méditerranée




Tu es cet éternel de vagues alanguies
Miroir à nos ciels bleus s'étirant au soleil
Muette d'une histoire où les aubes rougissent
Au printemps qui se glisse en nappes émeraudes

Tu es l'eau qui taraude et ressasse son cri
Quand le vent te tabasse et menace ta vie
Bouillonnant aux rochers, refusant les entraves
D'une rage étouffée où la bave s'étale

Tu es cette caresse épousant nos étés
Le calme des soirées, le soir au long des plages
Le lac sans nuages aux reflets argentés
Où la brise soupire espérant un orage

Tu es cet horizon dont dépend l'avenir
La liquide geôlière aux calmes navigables
La fin connue d'un monde où demain veut surgir
Secouant le passable et renaissant d'hier

Tu es le cimetière où les âmes damnées
Sur des milliers d'années ensemençaient la terre
A l'ombre d'une église aux rites crucifères
Tes rives sont de verre et tes rêves fanés

Tu es ce souvenir d'Ulysse et ses chimères
Ce passé qui se tisse aux femmes Pénélope
Où l'infini s'étire et file une pelote
Où l'Amour et le temps à l'azuré s'unissent

Tu es le nuancier où tous les bleus se fondent
Marine à tes abysses, turquoise à ta surface
Quand se voile la face au souffle d'une brise
Tu renais d'un éclat et le calme te lisse

Tu connais les écueils des froides profondeurs
Les tourments de l'hiver où nait en mauvais œil
La maigreur des hommes et la noirceur du temps
Qu'en larmes tu recueilles et berce de printemps

Tu es cette enveloppe, essentielle à la terre
Nourricière et gardienne aux colères salopes
Une amante, une mère entourante et précieuse
Ô Méditerranée, pilleuse d'éphémère


© Copyright Merle Bleu

vendredi 6 septembre 2013

Bonus malus

Regarde ce chemin
Cette voie
C'est la vie qui t'appelle
Et ses peurs
Et ses joies
Et son goût du hasard

Ne pense plus hier
Et trace tes demains
Dans le sang
Dans la terre
D'une douleur humaine
Où l'espoir est partage

Expulse là terreur
En embrassant l'envie
En puisant dans les rires
La rançon de tes pleurs
En captant le bonheur
De l'instant, d'aujourd'hui

Recherche au plus profond
Où s'oubliait ton cœur
Et suis le, il est Roi !
Juste cause endormie
Des rêves, des désirs
Etouffés de raison

Redécouvre le risque
Accepte les échecs
Tu seras chevalier
Dépourvu de reproches
Au tournoi des passions
Où la femme est si belle


© Copyright Merle Bleu

jeudi 5 septembre 2013

Gorge chaude

Tu es couchée
Corps dénudé, satin des draps
Et le reflet sur ta peau mate
Subtile invite à mon approche

Air électrique
Tes yeux fébriles dans le noir
Sont mon désir en battement
Sexe tendu le cœur en rythme

Puis ta main glisse à ma longueur
Délicatesse du toucher
Col déroulé, le rouge affleure
Et la caresse se fait lisse

Lent mouvement de va et vient
Et ta douceur au membre chaud
Cambrure au dos, tension des reins
Et nos deux mains, trouble rencontre

Peau jalonnée de tes baisers
Survient l'offrande de ta bouche
Chaleur mouillée, regard en plus
La lèvre ouverte en gourmandise

Mes mains se crispent à tes cheveux
En virtuose tu m'attises
Long concerto sans vocalises
Où je m'essouffle et où tu joues

A ton appel je m'abandonne
Mi sucre d'orge mi explosif
Donnant ma vie à cette gorge
En crescendo définitif


© Copyright Merle Bleu

mardi 3 septembre 2013

Ressource d'un rêve


C'est un rêve en cristal
Comme une eau limpide
Murmurant son chemin
S'éloignant de la source

Un torrent
Scintillant aux étoiles
Confident de la nuit
Et son rayon de lune

Bruit de l'eau
S'écoulant à l'envie
Déroulant ses secrets
Pétillant mille éclats

Caressant les galets
Tous les sens en émoi
Sensuelle promesse
A l'aube d'une vie


© Copyright Merle Bleu

De fil en aiguille


Attirance

Capture du regard
Deux êtres se rapprochent
Voyageant dans l'immense
En rêves mélangés

Sourire

Comme ouvrir une porte
Ou bien tendre une main
Pour ouvrir une danse
A l'instant séduction

Désir

Cette envie de sentir
La chaleur de la peau
Et la douceur d'un ventre
Au long cri animal

Toucher

Sensation rayonnante
Ouverture des corps
Frôlement insensés
Invasion d'indécence

Aimer

D'une caresse tendre
A vouloir tout donner
Et prendre tout entier
Et des mains et des hanches

Jouir

Pour toucher les étoiles
En de lents soubresauts
Et renaître à nouveau
Plus vivant, plus léger


© Copyright Merle Bleu

samedi 31 août 2013

Rayon gamète


Destinée elliptique
S'éloigne et s'en retourne
Comme se voient les pas
Des foulées dans la neige

Girouette cosmique
Comique chant du coq
Le vent revient du Nord
Et son souffle désaxe

Éternelle rengaine
D'un manège orbital
Aux idées magnétiques
Où s'enroulent les dés

Croyant tourner le dos
Au passé squelettique
La pensée se rappelle
En joutes circulaires

Sombres instant de doute
Où l'horizon s'effondre
Où l'espace est tassé
Et les flocons s'étouffent

Le ciel est ventre vide
Aspirant les pensées
Dévorant nos étoiles
Et déroulant le noir

Au loin j'irai cueillir
Cet éclat de lumière
Cette attraction vitale
D'un monde en pesanteur

Et je serai poète
Les yeux cernés de poudre
La queue et les gamètes
En traine d'or aux cieux


© Copyright Merle Bleu

vendredi 30 août 2013

Tango de carpe à l'étouffée

Ô mon angoisse empoisonnée
Ce soir ton lourd tempo s'agite !
Est-ce un tango de passionné
Qu'à ton brasero tu invites ?

Douce névrose au parfum si létal
Assouvis donc tes envies:
Tes épines aux éclats de métal
Enfonces les et prends ma vie

Taches de sang, liquides pétales
Ô notes rouges sans portée
D'une mélodie à deux fois deux balles
Pourquoi vouloir m'emporter ?

Les poumons sifflent en diaphonie
Une ronde, une dernière asphyxie
Air haché pour carpes hors d'eau dorées
Métacarpes aux doigts tendus d'apnées

Un cœur, prison rouge tison
soupire : assez de cage thoracique !
Ce soir, soirée chic !
Je vous invite à l'Oraison !


© Copyright Merle Bleu

Songe bleuté


Un à un, les pétales s'envolent
Rouges baisers
Carmin des larmes
Peine muette au fond des bouches

Un à un se délavent les rêves
En acides rivières
En douleurs souterraines
Aux sanglots endigués

Là bas à l'horizon
Où le pâle du ciel rejoint l'eau
Les yeux se figent
Et l'esprit flotte

Viendras tu, futur, de cette ligne floutée
De cet ailleurs bleuté où mon regard se perd
En l'infini lointain, en ce vide si proche
Où mon envie s'accroche à vouloir un demain

Mon regard à rejoint l'interne immensité
La source d'absolu
Le bref instant d'osmose
Où l'Homme croise un songe


© Copyright Merle Bleu

mercredi 28 août 2013

Danse du vide


J'étais seul
Et brusquement tu étais là
Nos yeux se sont noyés
L'instant d'une évidence
Tu étais là

Le temps s'est arrêté
L'instant d'une évidence
Tu étais là
Et tu m'as renversé
Tes yeux en avalanche

Tu étais là
L'instant d'une évidence
Et tu m'as transpercé
Tes yeux
Nous deux en abondance

Tes yeux, nous deux
L'instant d'une évidence
Cris échangés dans nos silences
Tu étais là
L'air était dense

Soudain ta rame est repartie
Perdus tes yeux
Instant d'absence
Seul sur le quai
Le vide en évidence


© Copyright Merle Bleu

mardi 27 août 2013

Pas sage

Je suis l'amant Téflon Téfal
L'homme au sourire en copyright
Le plaisir light de l'aube pâle
Au souvenir d'un bois dormant

Tout doucement comme on effeuille
Un jour de vent un jour d'automne
Tous vos dessous je déboutonne
Et vous recueille à nue dessous

De mes baisers la peau j'effleure
Sous la lumière tamisée
Bouche douceur, dépôts légers
Sens attisés sous vos prières

Plus près du feu je vous approche
Pas de reproche à tous mes jeux
A mes cheveux vos mains s'accrochent
Je vous sens proche et je vous veux

S'ouvre un désir sous mes lèvres
Comme une fleur, comme une rose
Frêle pétale, apothéose
Qu'un léger souffle fait frémir

Somptueux navire vous tanguez
La nuit emporte vos soupirs
La vague monte longue et forte
Et puis déferle le plaisir

Tout doucement je me détache


© Copyright Merle Bleu

lundi 26 août 2013

Sommeil léger

Tu étais femme au teint havane
Gouttes de sel sur ta peau sable
D'un impensable velouté

Et j'ai frôlé cette savane
D'un seul baiser, du bout des lèvres
Tremblant de fièvre, âme envoutée

D'une poussière diamantée
Tout pimentés étaient tes rêves
Les yeux fermés je t'ai goûtée

O femme hantée au corps doré
Mes nuits esquissent ton visage
Comme une image évaporée

Mes mains naviguent sur ton corps
En un plaisir extravagant
Comme un marin vient divaguer

Reins chaloupés et bras crochant
En m'approchant je te soulève
...
Le jour se lève et c'est loupé


© Copyright Merle Bleu

dimanche 25 août 2013

Ascension numérique

C'est une toile épaisse au règne digital
Où full sentimental est un songe incarné
Pénétrant dans la chair incisée de fantasmes
Faisant d'une vie pâle un conte peuplé de fées

C'est un monde irréel infiltrant la pensée
Où les ego blessés pleurant au bleu du ciel
S'unissent en prière à l'aube numérique
Virtuels Eldorados chimériques transferts

Splendeur de l'âme éprise de débit
L'anonymat se livre à nu sans la pudeur
S'accroche et puis se grise et s'expose sans crainte
En diffusant sa plainte au format mégabit

S'enfilent les soirées où l'esprit se connecte
Ondulant du cerveau diffusant ses je t'aime
A ce monde inconnu où l'autre n'est qu'un thème
Le corps est aboli l'abject devient beau

Liaison sans nerf optique, écran brillant ses leds
S'imprime en la rétine un vide pathétique
L'espoir de deux amants ignorant la raison
Triste crétine laide, avide de revers

L'esprit lentement cède, obsédé mono-tache
Aimanté, magnétique, aveuglé d'une attente
Où le désir cravache exigeant une trique
Un avenir en pente, une extase à l'étage


© Copyright Merle Bleu

samedi 24 août 2013

A la source

Épuisé des combats au je contre le moi
D'un drame au fil des mois renait le même jeu
Où les égouts boueux déversent leur trop plein
Ce vide que je plains me renverse les yeux

Adieu maudit poète aux rimes cataractes
Abyssales torrents précipitant leurs chutes
En un pacte à l'abime, aux vers flots rugissants
Ma Muse veut du blanc et la strophe en calbute

Emmènes moi veux tu là où les eaux sont calmes
Où même le fétu, sais tu, ignore les naufrages
Où l'amer est mirage et l'être au paradis
Tu sais, dis ? Un endroit d'un autre age

Là bas dans cet ailleurs, je t'ouvrirai mon âme
Et toi charmante augure à travers tes envies
Tu prédiras le tendre écriras le futur
Traçant dans l'encre noire une ligne de vie

Au loin de la bataille, à l'abri des souffrances
Tu brideras la lèvre ouverte sur l'entaille
Tendresse sans excès, adultérin baiser
Enroulé à la taille, aplatissant les reins

Au fond de ton écrin je viendrai me blottir
Amour papier vélin en plume de velours
Je viendrai déposer comme un oiseau se meurt
Un rêve au fond du cœur et mon dernier soupir


© Copyright Merle Bleu